Il est aisé de déterminer les caractères de la langue des prosateurs à l'époque hellénistique et à l'époque impériale, pour autant que les manuscrits reproduisent l'état originel des ouvrages, comme ils le font en effet pour l'essentiel: simple affaire de dépouillement de textes. Mais cette étude n'a d'intérêt — un intérêt mince du reste — que pour l'histoire de la littérature.
Ce qui importerait au linguiste, ce serait de savoir quelle était dans l'usage parlé la langue courante. Mais, ainsi posé, le problème est insoluble; car la langue parlée ne s'écrit pas, et surtout pas dans une nation qui a une longue et forte tradition littéraire. Le problème ne se laisse même pas poser précisément. Car, à en juger par ce que l'on observe à l'époque moderne, il y a une infinité de façons différentes de parler une langue commune. Il est entendu que le parler français normal est celui de Paris; mais on parle à Paris de bien des manières. On ne trouverait sans doute pas de sujets nés à Paris de parents tous deux parisiens et de familles parisiennes depuis longtemps, qui n'aient pas subi d'influences provinciales de domestiques, de professeurs ou d'amis. Quand Koschwitz a voulu fixer dans un livre les prononciations parisiennes, il s'est adressé à des hommes connus, littérateurs, comédiens, orateurs, savants; or, sauf une, celle de G. Paris — qui du reste n'était pas né à Paris —, toutes ces prononciations sont ou provinciales — et même pas provinciales de la région centrale qui est encore du type parisien en gros — ou artificielles, et en général les deux à la fois: pas une, à l'exception de celle de G. Paris, ne peut passer pour ≪ parisienne ≫.
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