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Cet article analyse l’histoire des différentes formes prises par la protection des grenouilles en Chine entre les xixe et xxe siècle. Aisément capturable, la grenouille fait l’objet d’une consommation alimentaire ancienne et fréquente. Cependant, en vertu de son utilité dans l’élimination des insectes nuisibles dans les champs, l’amphibien commence à être formellement, et non sans peine, protégé par des arrêtés locaux durant les dernières décennies du xixe siècle. À partir des années 1910-1920, l’interdiction de sa consommation s’appuie sur de nouveaux ressorts, recouvrant des domaines aussi divers que la morale, le bien-être animal et la science. Le traitement des grenouilles capturées suscite alors des débats relayés dans les grands quotidiens shanghaiens. Dans les années 1930, à la faveur du mouvement « Vie Nouvelle » (Xinshenghuo yundong 新生活運動), les amphibiens font l’objet d’une attention politique de la part des structures d’éducation et de propagande du Parti nationaliste. Déclarée d’intérêt national, la sauvegarde de la grenouille des champs, devenue l’un des archétypes politique de l’animal « utile », s’impose dans le même temps comme un thème récurrent d’une littérature pour enfants friande de représentations animales édifiantes. La diversité des formes d’action visant à enrayer la consommation de chair de grenouille reflète avec acuité l’apparition et l’évolution de la protection animale en Chine au tournant du xxe siècle. Celle-ci prend notamment appui sur un discours émotionnel dotant les animaux devant être protégés d’une sensibilité qui, abondamment exploitée dans une presse de plus en plus réceptive à cette dimension, s’impose alors comme une raison moderne du respect de la vie animale.
During the Cold War, various political forces sought to shape the mindset of the Chinese diaspora. One understudied cultural influence that played an important role in reaching overseas Chinese was Chinese Christian literature. Focusing on Dengta (Lighthouse, 1956–1967), the first Chinese Christian magazine aimed at non-Christian communities in the diaspora, this study examines how the magazine developed an evangelical discourse that engaged with the cultural and spiritual identities of the Chinese diaspora amid political and ideological conflicts. Published in Hong Kong, which emerged as a hub for Chinese Christian literature in the post-war period, the magazine reflects a pivotal shift in Chinese Christian publishing: the start of a global movement aimed at evangelizing overseas Chinese. To appeal to the diaspora, Dengta adopted an ethnic and cultural rhetoric of Chineseness and presented Christian ideals in a context that resonated with the experiences of the Chinese diaspora. I argue that the Chineseness promoted by Dengta helped construct a transregional and transnational sense of belonging for overseas Chinese by framing a blend of traditional Chinese culture and modern knowledge within a Christian cosmic worldview. This study foregrounds the evangelical efforts of Christian literary workers to shape the diasporic experience amid the political tensions of the Cold War.
En quoi l’« orang-outan » des Lumières contribue-il à notre compréhension de la constitution des sciences sociales et leurs relations contemporaines avec les sciences du vivant ? Introduit en Europe au xviie siècle, l’« homme des bois » (un terme qui désigne toutes les espèces de grands singes) fait son entrée dans les traités de casuistique médicale, parmi d’autres cas cliniques, brouillant les frontières entre humain et animal, et s’imposant au cœur des controverses des Lumières. Cet article traverse les disciplines et les espaces, et déploie une enquête sur l’orang-outan en suivant les routes du commerce triangulaire qui alimente les métropoles en spécimens. Il retrace des trajectoires croisées à partir d’un large éventail de sources (navires de traite, coffee-houses, catalogues de musées) et met au jour plusieurs types de comparaison, à la fois historiques et historiographiques. Il distingue deux régimes de curiosité ayant contribué à la célébrité de certains chimpanzés, entre foires, coffee-houses et cabinets d’histoire naturelle : l’un, savant, est fondé sur la généralisation anatomique ; l’autre, public, relayé par la presse, valorise les singularités – exemplifié ici par le cas de Madame Chimpanzé. L’histoire de l’orang-outan des Lumières permet ainsi d’interroger les frontières de l’humain et les conditions sociales, scientifiques et politiques de production des savoirs.