Canadian Journal of Political Science/Revue canadienne de science politique
L'article étudie le rôle de la religion dans la politique de l'Haïti contemporaine, en regard de la croissance du nationalisme pendant la période de l'occupation américaine de l'île (1915–34). L'auteur y soutient que les rapports entre la politique et la religion instaurés par l'ère Duvalier ne sauraient s'expliquer sans cet arrière-plan. Deux aspects du nationalisme haïtien lui semblent particulièrement significatifs: l'hostilité des écrivains nationalistes à l'égard d'une église dominée par l'étranger, d'une part, ce qui a fait souhaiter l'émergence d'une église nationale à hiérarchie autochtone et provoqué la dénonciation du rôle de l'Eglise en matière d'éducation; la présentation du Voodoo, d'autre part, comme véritable religion des masses haïtiennes par beaucoup de jeunes intellectuels de cette époque, dont Duvalier.
La deuxième partie de l'article scrute la crise de 1960–6 entre l'Eglise et l'Etat. Duvalier voyait évidemment l'Eglise catholique comme un des centres virtuels d'opposition à son régime: la plus grande partie du clergé et tous les évêques diocésains étaient étrangers, lew sympathie allant généralement aux adversaires de Duvalier. De fait, ils tendaient à se mêler à l'élite mulâtre et à refléter les vues politiques de ce groupe. Duvalier vit également une menace dans le développement rapide d'une gauche catholique, au sein des syndicats et parmi les étudiants. Une lutte ouverte entre l'Eglise et l'Etat finit par se déclarer, au bout de laquelle l'archevêque de Portau-Prince fut expulsé, le Président excommunié et le Nonce rappelé. La crise devait se résorber en 1966 par la signature d'un accord entre Duvalier et le Vatican portant sur l'institution d'une hiérarchie catholique d'origine haïtienne.
L'article expose également la politique de Duvalier à l'égard du culte Voodoo et des diverses congrégations protestantes.
L'article étudie le rôle de la religion dans la politique de l'Haïti contemporaine, en regard de la croissance du nationalisme pendant la période de l'occupation américaine de l'île (1915–34). L'auteur y soutient que les rapports entre la politique et la religion instaurés par l'ère Duvalier ne sauraient s'expliquer sans cet arrière-plan. Deux aspects du nationalisme haïtien lui semblent particulièrement significatifs: l'hostilité des écrivains nationalistes à l'égard d'une église dominée par l'étranger, d'une part, ce qui a fait souhaiter l'émergence d'une église nationale à hiérarchie autochtone et provoqué la dénonciation du rôle de l'Eglise en matière d'éducation; la présentation du Voodoo, d'autre part, comme véritable religion des masses haïtiennes par beaucoup de jeunes intellectuels de cette époque, dont Duvalier.
La deuxième partie de l'article scrute la crise de 1960–6 entre l'Eglise et l'Etat. Duvalier voyait évidemment l'Eglise catholique comme un des centres virtuels d'opposition à son régime: la plus grande partie du clergé et tous les évêques diocésains étaient étrangers, lew sympathie allant généralement aux adversaires de Duvalier. De fait, ils tendaient à se mêler à l'élite mulâtre et à refléter les vues politiques de ce groupe. Duvalier vit également une menace dans le développement rapide d'une gauche catholique, au sein des syndicats et parmi les étudiants. Une lutte ouverte entre l'Eglise et l'Etat finit par se déclarer, au bout de laquelle l'archevêque de Portau-Prince fut expulsé, le Président excommunié et le Nonce rappelé. La crise devait se résorber en 1966 par la signature d'un accord entre Duvalier et le Vatican portant sur l'institution d'une hiérarchie catholique d'origine haïtienne.
L'article expose également la politique de Duvalier à l'égard du culte Voodoo et des diverses congrégations protestantes.
Email your librarian or administrator to recommend adding this journal to your organisation's collection.