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Les usages sociaux du corps*

  • Luc Boltanski (a1)

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S'il fallait définir le modèle auquel s'apparentent aujourd'hui la sociologie et l'ethnologie du corps, on ne pourrait sans doute trouver meilleur paradigme que celui du « colloque interdisciplinaire », lieu de rencontre fictif et abstrait où se rassemblent pour un temps, autour d'un même domaine du réel ou d'un problème social perçu et désigné comme tel par la conscience commune, des spécialistes venus des disciplines les plus différentes.

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Nous remercions P. Bourdieu à qui ce travail doit ses principales idées directrices et dont les conseils et les suggestions nous ont été très utiles pendant la rédaction de cet article.

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page 205 note 1. La science du corps serait alors définie, à la façon de l'océanographie, « par la juxtaposition de disciplines diverses s'appliquant à un même domaine du réel ». Cf. Bourdieu, P., Chamboredon, J.-C., Passeron, J.-C., Le métier de sociologue, Mouton-Bordas éd., Paris, 1968, p. 51 , ouvrage auquel on se reportera pour l'ensemble de cette analyse.

page 206 note 1. La place manque ici pour fonder cette analyse qui risque, en conséquence, de paraître cavalière et schématique. Elle repose sur un dépouillement, actuellement en cours de réalisation, des principaux travaux qui ont le corps pour objet et donnera lieu à une publication ultérieure.

page 206 note 2. On pense ici, notamment aux travaux de W. Labarre et G. W. Hewes et, plus particulièrement, à Labarre, W., « The cultural Basis of Emotions and Gestures », Journal of Personnality, vol. 16, septembre 1947, pp. 4968 et à Hewes, G. W., « World Distribution of Posturals Habits » American Anthropologist, 57, 2, 1, avril 1955, pp. 231244 .

page 206 note 3. Ainsi, par exemple, J.-L. Pelosse qui s'accorde pour tâche de définir « une méthode d'ensemble à laquelle on puisse se référer pour une analyse des mouvements corporels des usages traditionnels », et qui déclare pourtant qu'il convient d’ « éviter le double écueil d'un certain naturisme ou d'une trop grande abstraction qui ne permettrait pas une expression satisfaisante des faits ethnologiques » (” Contribution à l'étude des usages corporels traditionnels », Revue Internationale d'ethno-psychologie normale et pathologique, Éditions internationales, Tanger, vol. 1, n° 2, pp. 123-159) présente (et utilise dans ses recherches empiriques) des techniques d'analyse qui ont largement pour résultat d'opérer la réduction du social au physiologique. On pourrait sans doute montrer, de même, que les techniques d'enregistrement et d'analyse des mouvements du corps humain mises au point par E. T. Hall ou R. Birdwhistell ne permettent pas de saisir la dimension proprement sociale des comportements physiques et les réduisent, au moins dans une large part, à leur dimension para-linguistique.

page 207 note 1. Cf. L. Boltanski, Prime éducation et morale de classe, Mouton éd., Paris 1969, Coll. « Cahiers du Centre de Sociologie Européenne », pp. 18-56.

page 208 note 1. Encore est-il rare que l'on puisse disposer à la fois et pour un même indicateur de tableaux selon le sexe, l'âge, la catégorie socio-professionnelle, le revenu, le niveau d'instruction, etc., pour ne parler que de ce qu'il est convenu d'appeler les « variables de base ».

page 209 note 1. Bourdieu, P., Un art moyen, essai sur les usages sociaux de la photographie, Éditions de Minuit, Paris, 2e éd. 1970, pp. 2223 .

page 209 note 2. L'analyse présentée ici, repose principalement, premièrement sur une série de recherches de terrain : observations de consultations médicales (n = 70), interviews de médecins (n = 30), interviews centrés sur les pratiques sanitaires et les comportements corporels (n = 150), etc.; deuxièmement, sur l'analyse secondaire des principales enquêtes statistiques, publiées ou inédites, réalisées depuis dix ans environ dans la plupart des domaines qui intéressent la sociologie du corps. Ces différents travaux avaient essentiellement pour fonction de rendre possible la construction d'un corps d'hypothèses que l'on se propose de soumettre ultérieurement à vérification par le moyen d'une enquête statistique sur un échantillon national.

page 210 note 1. Cf. notamment Sandrier, S., « L'influence des facteurs économiques sur la consommation médicale », Consommation, (XIII), 2, 1966, pp. 7194 et Karaimsky, L., « L'influence de la Sécurité sociale sur les dépenses médicales des exploitants agricoles », Consommation (XIII), 2, 1966, pp. 95102 .

page 210 note 2. L'étude menée au Centre d'Hygiène Appliquée « Doria » de Marseille sous la direction du professeur Desanti sur dix-sept mille assurés sociaux et dont l'objet était de déterminer, au moyen de bilans de santé, le degré d'usure ou de vieillissement de sujets âgés de quarante-cinq a cinquante ans montre que les différents groupes sociaux professionnels se hiérarchisent de façon sensiblement identique selon qu'on les classe par ordre de mortalité croissante ou par ordre « d'usure physique » croissante soit : Enseignants, cadres supérieurs, cadres moyens, employés, patrons, ouvriers, manoeuvres (cf. Compte rendu, d'activité pour 1968).

page 210 note 3. La morbidité ressentie et exprimée varie d'une catégorie socio-professionnelle à l'autre dans le même sens que la consommation médicale et croît régulièrement quand on passe des exploitants agricoles aux petits indépendants, aux ouvriers, aux « autres salariés ». Cf. Magdelaine, M., A. et Mizrahi, A., Rôsch, G., « Un indicateur de la morbidité appliqué aux données d'une enquête sur la consommation médicale », Consommation, (XIV), 2, 1967, pp. 342 .

page 211 note 1. M. et Magdelaine, C., Portos, J. L., « La Consommation pharmaceutique des Français », Consommation, (XIQ), 3, 1966, pp. 134 .

page 211 note 2. Les malades fonctionnels, enquête réalisée par « Orthométrie et Information » (Laboratoires Roches), Ronéo, Paris, 1969.

page 211 note 3. Sur un échantillon représentatif de 235 praticiens, 42 % déclarent avoir dans leur clientèle de 10 % à 30 % de fonctionnels et 58 % de 30 % à 85 % (« Les malades fonctionnels », op. cit.). La part du diagnostic de « troubles fonctionnels » sur l'ensemble des diagnostics opérés par un échantillon de médecins a enregistré, entre 1963 et 1966, un taux d'accroissement de 82 % (cf. « La consommation des médicaments », Prospective et Santé publique, ronéo, Paris, 1970. (Résultats fournis par l'analyse périodique des diagnostics et des prescriptions effectués par un pannel de médecins : pannel Dorema.)

page 212 note 1. Bourdieu, P., « Éléments d'une théorie sociologique de la perception artistique », Revue internationale des sciences sociales, (20), 4, 1968, pp. 589612 .

page 212 note 2. Sur l'apprentissage culturel de la perception des sensations physiques, cf. Melzack, R., « The Perception of Pain », Scientific American, (204), 2, 1961, pp. 4149 . Cf. aussi la description que donne O. S. Becker du processus d'apprentissage social qui rend seul possible l'identification des sensations procurées par l'usage de la marijuana (in Outsiders, The Free Press, Glencoe, 1963, pp. 41-57).

page 212 note 3. Cf. notamment B. L. Whorf, Linguistique et Anthropologie, Denoêl éd., Paris, 1969 et E. Cassirer, « Le langage et la construction du monde des objets », dans Essais sur le langage, Éditions de Minuit, Paris, 1969, coll. « Le sens commun », pp. 36-68.

page 213 note 1. Si l'on accepte, avec Wallace, A.On being just Complicated Enough », Proceedings of the National Academy of Sciences, t. 47, 1961, pp. 458464 ) de distinguer les taxinomies populaires des taxinomies savantes par cela que les premières, à l'inverse des secondes, sont connues de tous les membres d'une même société et n'exigent pas pour être acquises et manipulées un apprentissage spécifique, on voit bien qu'il n'existe pas, à proprement parler dans nos sociétés, de taxinomies populaires organisées, cohérentes et consciemment manipulées par les sujets sociaux (au moins dans des domaines comme la médecine, la zoologie, la botanique, etc.), mais seulement des taxinomies savantes construites conformément à des règles explicites et manipulées délibérément par les spécialistes (zoologistes, botanistes ou médecins), les sujets sociaux possédant une connaissance plus ou moins complète de ces taxinomies en fonction de la distance sociale qui les sépare du monde intellectuel, c'est-à-dire de leur niveau d'instruction. Il s'ensuit, entre autres conséquences, qu'on ne saurait transposer, sans risque, à l'étude du discours vulgaire sur la maladie que produisent les membres de classes sociales différentes dans une société hiérarchisée et technicienne les méthodes d'analyse componentielle utilisées par les anthropologues dans le domaine de l'ethnoscience.

page 214 note 1. Cf. Bernstein, B., « Social Class, Speech Systems and Psychotherapy », British Journal of Sociology, (15), 1964, pp. 5464 et P. Bourdieu, J.-C. Passeron, M. De Saint-Martin, Rapport pédagogique et communication, Mouton éd., Paris, 1965, coll. « Cahiers du centre de sociologie européenne », n° 2.

page 214 note 2. Sachant que l'aptitude à s'approprier le discours médical est maximale chez les malades des classes supérieures, on pourrait se demander pourquoi le médecin leur transmet plus d'informations médicales qu'aux membres des autres classes. Cela tient, d'une part, à ce que les malades des classes supérieures peuvent plus aisément que les membres des autres classes (pour les raisons évoquées plus haut) faire pression sur le médecin et obtenir de lui des informations et, d'autre part, à ce que la propension à se passer du médecin est minimale dans les classes supérieures, parce que le « besoin médical » y est le plus fort, mais aussi parce que les membres des classes supérieures, qui ont subi plus longtemps que les membres des autres classes l'action de l'école sont, de ce fait, plus disposés à reconnaître la légitimité de la science médicale et du médecin.

page 215 note 1. Cf. R. Linton, De l'homme, les Éditions de Minuit, Paris, 1968, coll. « Le sens commun », notamment pp. 360-380 et E. Sapir, Anthropologie, Les Éditions de Minuit, Paris, 1967, coll. « Le sens commun », vol. 2, pp. 42 et suiv.

page 215 note 2. Cf. Bally, C., Traité de stylistique française, C. Klineksieck éd., Paris, 1951, vol. 1, pp. 3240 . Sur l'étymologie populaire des termes médicaux, cf. aussi, Vendryes, J., Le langage, introduction linguistique à l'histoire, Albin Michel éd., Paris, 1923 (nouvelle édition, 1968, pp. 203204) et Guiraud, P., Le français populaire, P.U.F., Paris, 1963, pp. 1329 et 51-77.

page 215 note 3. M. Mauss, Œuvres, Les Éditions de Minuit, Paris, 1967, coll. « Le sens commun », vol. 1, p. 28 et Durkhem, E., Les formes élémentaires de la vie religieuse, P.U.F., Paris, 1960, p. 13 .

page 216 note 1. On dira ainsi que certaines maladies résultent d'un mouvement vers le haut ou vers le bas d'un organe ou d'un liquide. Par exemple, dans la méningite, « le sang monte à la tête », et dans certaines maladies du tube digestif, l'estomac, les intestins, se décrochent et tombent; ou encore, en recourant aux catégories d'intérieur et d'extérieur, on imaginera le corps comme une sorte de sac, d'enveloppe, qui aurait une surface extérieure visible, mais aussi, une profondeur, une densité, où s'encastre la maladie conçue alors comme une sorte de corps étranger : on dira alors que la maladie doit sortir pour que le malade guérisse. Ainsi, par exemple, dans la coqueluche il faut « rejeter les glaires », « changer d'air », et « éviter la brume » qui « fait étouffer » et « empêche de sortir quelque chose qu'on a dedans ». (On trouvera une analyse plus détaillée du discours populaire sur la maladie dans L. Boltanski, La découverte de la maladie, Ronéo, Centre de sociologie européenne, Paris, 1969.)

page 216 note 2. Cf. Zborowski, M., « Cultural Components in Responses to Pain », Journal of social Issues 8, 1952, pp. 1630 : plus le niveau d'instruction est élevé (et par-là même la classe sociale), plus on tend à voir dans la douleur le signe ou le symptôme d'une maladie grave. Sur les variations de l'aptitude à reconnaître et identifier les symptômes selon la classe sociale, cf. aussi, King, S. H., Perception of Illness and Médical Practice, Russel Sage Foundation, New York, 1962, pp. 122127 .

page 217 note 1. Cf. Hall, E. T., « Proxemics », Current Anthropology, (9), 2-3, 1968, pp. 83108 et « A System for the Notation of Proxemic Behavior », American Anthropologist (65), 5, 1963, pp. 1003-1026. cf. aussi, Birdwhistell, R. L., « Body Motion Research and Interviewing », Human Organisation, (11), 1, 1952, pp. 3738 .

page 220 note 1. Nguyen Huu, Cf. Thi et Vangrevelinghe, G., « Premiers résultats d'une enquête permanente sur la consommation alimentaire des Français », Études et conjoncture, 22e année, n° 7, juillet 1967. pp. 3090 . Cette enquête permanente (qui porte sur un échantillon national de 10 000 personnes) montre que la consommation des aliments tenus pour nourrissants par les membres des classes populaires, soit par exemple, le pain, les pâtes alimentaires, les légumes secs, les saucisses, etc. croît quand on passe des classes supérieures aux classes populaires tandis que décroît la consommation des aliments réputés « sains » et « légers » comme les grillades, les salades, etc. On ne peut se contenter de voir, dans ces différences, les résultats directs des contraintes économiques : des groupes dont le revenu est à peu près identique soit, par exemple, les ouvriers (dont le revenu moyen par ménage était au moment de l'enquête de 15 118 F) et les employés (dont le revenu déclaré était de 16 558 F) ont des consommations alimentaires qui s'organisent de façon nettement différentes; deuxièmement des produits de prix à peu près équivalent sont consommés dans des proportions très inégales dans les différents groupes sociaux. Sans doute n'est-on pas en droit non plus d'expliquer le type de consommation alimentaire des membres des classes populaires uniquement par la « recherche d'aliments riches en éléments énergétiques » due à la « pénibilité du travail physique exercé ». Sur les limites de l'explication des comportements alimentaires en termes purement physiologiques, cf. Trémolières, J. et Claudian, J., « Apport des études de comportement à la compréhension des facteurs de l'appétit », Cahiers de nutrition et de diététique, vol. 1, fasc. 1, pp. 3951 ; Claudian, J., « Ethnologie du jeûne », Cahiers de nutrition et de diététique, vol. 1, fasc. 4, pp. 5164 .

page 221 note 1. 62 % des ouvriers touchés par une enquête réalisée en 1958 dans la région de Lorient répondent affirmativement à la question : « pensez-vous que le vin nourrisse ? ». 34 % d'entre eux déclarent que le vin peut remplacer d'autres aliments et 32 % qu'un buveur d'eau doit manger plus qu'un buveur de vin. Cf. P., Fréour, Cerise, M., Coudray, P., Chaton, J. et Kerfelec, , « Étude préliminaire à une prophylaxie de l'alcoolisme », Journal de médecine de Bordeaux, n° 9, septembre 1958, pp. 937943 .

page 217 note 2. Comme les conduites économiques, les représentations de la santé et de la maladie des membres des classes supérieures et des classes populaires et les conduites sanitaires qui leur sont liées mettent en jeu des types différents d'attitudes face au temps (cf. Bourdieu, P. et Boltanski, L., Chamboredon, J.-C., La banque et sa clientèle, Ronéo, C.S.E., Paris, 1963, p. 158 ).

page 223 note 1. On pourrait peut-être voir dans l'opposition entre la force et la grâce l'homologue dans l'ordre physique de l'opposition entre le sérieux, le brillant dans l'ordre intellectuel. Cf. Bourdieu, P. et De Saint-Martin, M., « L'excellence scolaire et les valeurs du système d'enseignement français », Annales, (25), 1, janvier-février 1970, pp. 147176 . Lors même qu'ils apprécient la force physique, les membres des classes supérieures semblent attacher moins d'importance à la « force brute » qu'à la façon d'user de la force qui doit être en quelque sorte « civilisée » ou « domestiquée » et ne s'exprimer que de manière indirecte et allusive à travers la souplesse des gestes ou la maniabilité du corps (cf. l'idée de « force contenue »).

page 223 note 2. L'abandon du sport par les hommes des classes populaires est très probablement lié au mariage. Comme la danse et, d'une manière générale, comme l'ensemble des activités ludiques statutairement associées à l'adolescence, le sport ne fait pas partie des rôles adultes dans les classes populaires où, à l'inverse de ce qui se passe dans les classes supérieures, l'idée qu'un homme fait puisse investir avec sérieux beaucoup de temps, de travail, d'argent et, peut-être, surtout d'énergie ou de force dans des activités purement ludiques paraît risible et presque extravagante (cf. P. BOURDIEU, « Célibat et condition paysanne », Études rurales, (1), 5-6, août-septembre 1962, pp. 32-135).

page 224 note 1. Le montant des dépenses médicales est, en moyenne, par personne et par an, de 87,70 F pour les hommes et de 132,65 F pour les femmes (cf. Rôsch, G., Rempp, J. M., Magdelaine, M., « Une enquête par sondage sur la consommation médicale », Consommation, IX, 1, 1962, pp. 384 ).

page 224 note 2. Cf. M. et C. Magdelaine, J. L. Portos, loc. cit.

page 225 note 1. Sur la notion d'habitus corporel, cf. P. Bourdieu, « Célibat et condition paysanne », loc. cit. 2. Il semble bien, en effet, que les positions respectives, sous le rapport de Vhabitus corporel, des différentes classes sociales aujourd'hui reproduise l'évolution dans le temps de la relation que les individus ont entretenue avec leur corps. Ainsi, les travaux des historiens qui se sont intéressés à l'évolution des pratiques corporelles montrent l'accroissement continu depuis le XVIIIe siècle de l'attention et de l'intérêt portés au corps (cf. notamment l'ensemble des travaux réalisés par le groupe réuni autour de la revue Annales et publiés régulièrement sous la rubrique « vie matérielle et comportement biologique »).

page 226 note 1. Cf. P. Bourdoeu, C. Grignon, J. C. Passeron, L'évolution de la structure des chances d'accès à l'enseignement supérieur : déformation ou translation ?, Ronéo, Centre de Sociologie européenne, Paris, 1969.

page 226 note 2. P. Bourdieu, « Éléments pour une théorie sociologique de la perception artistique », loc. cit.

page 227 note 1. Ainsi, par exemple, la part des individus qui, dans chaque groupe social, demandent des conseils médicaux à un parent, un ami ou encore un pharmacien, décroît au profit de ceux qui ne demandent conseil qu'au médecin quand on passe des catégories où la consommation médicale est la plus faible à celles où elle est la plus forte (cf. I.F.O.P., « Les Français et leur médecin », Sondages, et 2, 1960, pp. 9-132.

page 227 note 2. En 1966, le taux de départs en vacances d'été était de 7,2 % pour les agriculteurs, de 39,9 % pour les ouvriers, de 40,1 % pour les patrons de l'industrie et du commerce, de 57,5 % pour les employés, de 73,6 % pour les cadres moyens, de 82,7 % pour les cadres supérieurs et les membres des professions libérales (C. Goguel, « Les vacances des Français en 1966 », Études et conjoncture, 1967. supplément au n° 5).

page 227 note 3. Ces journaux tendent, dès le mois de mars environ, à centrer la presque totalité des contenus qu'ils transmettent en matière de santé, de vêtements, de décoration ou même d'alimentation autour du thème des « vacances » et proposent ainsi implicitement à leurs lectrices de réorganiser une part importante de leurs activités (et de leur budget) autour de l'attente des vacances et des rites coûteux — cures d'amaigrissement, achats de vêtements, soins de beauté — qui ponctuent cette attente. Ainsi, par exemple, dans le numéro de juillet 1970 de Marie-Claire, 48 pages (dont 13 de publicité) sur un total de 106 pages étaient consacrées, directement ou indirectement, à la préparation des vacances, 6 pages étaient consacrées au brunissement, 16 à la « beauté en vacances », 9.à l'amaigrissement, 14 à la mode de plage, 3 à des sujets divers, cuisine d'été, etc.). De même, dans le numéro de Elle du 25 juin 1970, le thème des vacances occupait 43 pages (sur un total de 132).

page 232 note 1. Textes publicitaires publiés dans le numéro de juillet 1970 de Marie-Claire et dans le numéro du 15 juin 1970 de Elle.

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