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Les violences sexuelles autour de la confession

De l’Inquisition à l’histoire

Published online by Cambridge University Press:  10 June 2026

Marie Lezowski*
Affiliation:
Université d’Angers, Laboratoire TEMOSInstitut universitaire de France marie.lezowski@univ-angers.fr
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Abstract

Les documents produits par l’Église catholique pour traiter un « abus » du sacré n’ont pas les violences sexuelles pour objet. Ainsi, les dossiers de l’Inquisition pour « sollicitation » poursuivent l’abus de la confession : le confesseur qui incite une personne à des « actes honteux » (sexuels) abuse du sacrement, non d’une personne. Or, avant les témoignages récents des personnes victimes, l’histoire des violences repose sur ces traces indirectes des faits. Le passage de l’abus à la violence, souvent rapide, manque d’une méthode partagée. Dans cet article, je propose trois critères pour identifier les violences sexuelles commises par des clercs dans des dossiers pour sollicitation : le non-consentement, la dépendance oppressive au confesseur, qui force la résignation aux actes sexuels, et la reconnaissance par l’entourage. Ces critères, appliqués aux 191 procédures pour sollicitation devant l’Office de Modène, entre 1605 et 1727, et à 360 relations de direction spirituelle, permettent d’attester 121 cas de violences sexuelles autour de la confession. Je porte enfin un nouveau regard sur la médiation, méconnue quand un clerc est auteur de violences. Un arrangement advenu en 1717 est étudié pour comprendre comment le silence se fait, en famille et dans l’Église, après le viol répété d’une jeune femme par son curé. Les outils présentés visent à lancer des recherches coordonnées, pouvant s’appliquer à tous les contextes méditerranéens et impériaux où l’Inquisition a juridiction.

The documents produced by the Catholic Church to deal with the “abuse” of the sacred do not focus on sexual violence. For example, the Inquisition’s records on “solicitation” (sollicitatio) focus on the abuse of the sacrament of confession: a confessor who incites a person to commit “shameful” (sexual) acts is abusing the sacrament, not the person. Yet, prior to recent testimonies from victims, the history of such violence relies on these indirect traces of the events. The shift from abuse to violence in the historiography, often hasty, lacks a common methodology. In this article, I propose three criteria for identifying sexual violence committed by clergy in files dealing with solicitation: lack of consent, an oppressive dependence on the confessor that forces resignation to sexual acts, and recognition of the acts as constituting sexual violence by those close to the victim. These criteria, applied to the 191 solicitation files before the Office of Modena between 1605 and 1727 and to 360 relationships of spiritual direction, document 121 cases of sexual violence around confession. Finally, I offer a new perspective on mediation, a process often overlooked in cases where a cleric is the perpetrator of violence. I examine a settlement reached in 1717 to understand how silence prevailed, both among the family members of the victim and within the Church, after a young woman was repeatedly raped by her parish priest. The tools presented here are done so with the aim of initiating coordinated research projects and can be applied to all Mediterranean and imperial contexts where the Inquisition had jurisdiction.

Information

Type
Le sexe au tribunal
Copyright
© L’autrice, 2026. Publié par Cambridge University Press pour le compte des Éditions de l’EHESS
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Tableau 1 – Tableau 1 –long description.Les violences sexuelles attestées dans les dossiers pour sollicitation (Modène, 1605-1727)

Figure 1

Tableau 2 – Réaction déclarée à la sollicitation (Modène, 1605-1727)Tableau 2 –long description.

Figure 2

Tableaux 3a et 3b – Liens de dépendance au confesseur (Modène, 1605-1727)3a – Quatre facteurs de dépendanceTableaux 3a et 3b – long description.