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Exercice des mémoires possibles et littérature « à-présent » La transcription de l’histoire dans le roman contemporain

Published online by Cambridge University Press:  04 May 2017

Emmanuel Bouju*
Affiliation:
Groupe phi, CELAM, Université Rennes 2

Résumé

Cet article propose d’explorer les enjeux d’une écriture romanesque contemporaine définie comme douleur fantôme de l’histoire et exercice de ses mémoires possibles: deux séries complémentaires d’exemples – liées pour l’une à la réinvention d’une mémoire du bourreau par un narrateur « sosie » de l’historien (Manuel Vázquez Montalbán et Jonathan Littell), et pour l’autre à la saisie de l’historicité des temps présents sous l’angle conjoint de la mélancolie et de l’ironie (David Albahari, Aleksandar Hemon et Dubravka Ugrešić) – permettent d’éclairer l’ambition romanesque de transcription de l’histoire dans l’exercice « àprésent » (ou « au temps-maintenant », selon l’expression de Walter Benjamin) de ses mémoires possibles. En courant le risque d’une rivalité ou d’une confusion trompeuse entre les statuts du discours historiographique et du récit romanesque, et en s’exposant à la récusation par le lecteur de sa légitimité en la matière, le roman contemporain choisit de s’établir dans les plis du savoir historien et ainsi d’engager ses moyens propres dans l’entreprise d’une écriture en palimpseste du texte virtuel, ou idéal, de l’expérience historique.

Abstract

Abstract

Faire œuvre d’historien ne signifie pas savoir « comment les choses se sont réellement passées ». Cela signifie s’emparer d’un souvenir, tel qu’il surgit au moment du danger.

Walter Benjamin

This article sets out to investigate those aspects of the contemporary novel in which fiction writing delves into the ghost pains of history and experiments with its would-be memories. Two sets of complementary examples will allow us to shed light on this particular novelistic ambition, i.e.transcribing history into a “to-day” (or “now-time”, to use a phrase coined by Walter Benjamin) experimentation with its virtual memories. The first set of texts (by Manuel Vázquez Montalbán and Jonathan Littell) illustrates the reinvention of the executioner’s memory courtesy of a narrator passing himself for a double of the historian. The second series of novels (by David Albahari, Aleksandar Hemon and Dubravka Ugrešić) features several attempts to grasp the historical quality of present times at the articulation of melancholy and irony. Despite the dangers of falling into the traps of a misguided rivalry or a troubling confusion between historiographical discourse and fictional narrative, and thus risking the reader’s rejection for its perceived lack of legitimacy, contemporary fiction nonetheless sets its dwelling place in the folds of historical science while enlisting its own specific attributes in order to achieve a palimpsest-like writing of the virtual, or even the ideal text of historical experience.

Information

Type
Historicité
Copyright
Copyright © Les Áditions de l’EHESS 2010

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