1 Introduction
Soit
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ le groupe symplectique réel de rang
$n$ et
$K$ un sous-groupe compact maximal de
$G$ ; il est isomorphe à
$\mathbf{U}(n)$. Les modules de plus haut poids unitaires de
$G$ ont été déterminés dans [Reference Kashiwara and VergneKV78] (voir aussi [Reference Enright, Howe and WallachEHW83] qui montre qu’il n’y en a pas d’autres). Ils sont paramétrés par des
$n$-uplets décroissants d’entiers
$\unicode[STIX]{x1D707}=(m_{1},\ldots ,m_{n})$, soumis à certaines conditions (voir théorème 3.1). Notons
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ le module de plus haut poids unitaire correspondant ; son plus haut poids est donné par
$(-m_{n},\ldots ,-m_{1})$. Lorsque
$m_{n}>n$ (resp.
$m_{n}=n$),
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est une série discrète holomorpheFootnote 1 (resp. une limite de séries discrètes holomorphes). En général, ce sont des représentations unitaires très intéressantes et largement étudiées dans la littérature. Elles apparaissent dans de nombreux problèmes, en particulier dans la théorie des formes de Siegel, nous y reviendrons à la fin de cette introduction.
Pour décrire le spectre automorphe discret d’un groupe réductif
$\mathbf{H}$ sur un corps de nombres
$k$, J. Arthur a introduit certains paramètres
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}$ et leurs localisations
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}_{v}$ en toute place
$v$ de
$k$. Fixons une place
$v$ et posons
$\unicode[STIX]{x1D713}=\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}_{v}$. À ce paramètre doit correspondre un certain paquet fini
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ de représentations unitaires du groupe
$\mathbf{H}(k_{v})$. Lorsque
$\mathbf{H}(k_{v})$ est un groupe classique quasi déployé, par exemple un groupe symplectique qui est le cas nous intéressant ici, il détermine dans [Reference ArthurArt13] ces paquets en les caractérisant par des identités de transfert endoscopique. Notons
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ le groupe des composantes connexes du centralisateur de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ dans le groupe dual
$\widehat{H}$. Dans le cas des groupes classiques, c’est un groupe abélien, et toujours dans ce cas, Arthur associe à une représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ une représentation de dimension finie
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$. Ces représentations
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ interviennent dans les identités endoscopiques et aussi dans les formules de multiplicité globales. On conjecture que ces représentations
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ sont de dimension
$1$, c’est la propriété de multiplicité
$1$ qui déjà établie dans de nombreux cas.
Dans [Reference Mœglin and RenardMRb] et [Reference Mœglin and RenardMRa], nous nous sommes intéressés au cas des places archimédiennes réelles, où nous avons donné des constructions des représentations d’un paquet. Lorsque le paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est unipotent, le paquet correspondant est étudié dans [Reference MœglinMœg17] par des méthodes globales avec des séries thêta, ce qui se traduit localement par des correspondances de Howe. Les paquets généraux sont obtenus à partir des paquets unipotents en utilisant l’induction cohomologique et l’induction parabolique.
Nos buts dans cet article sont, premièrement, étant donné un module de plus haut poids unitaire
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ comme ci-dessus, de déterminer les paquets d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ le contenant ; deuxièmement, d’établir la propriété de multiplicité 1 ; et troisièmement, de calculer le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$.
Une condition nécessaire évidente pour que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ appartienne à
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est que le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ soit celui de
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$, qui est entier. Si
$m_{n}>n$, comme nous l’avons dit,
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est une série discrète holomorphe et son caractère infinitésimal est de plus régulier. Les résultats de [Reference Arancibia, Mœglin and RenardAMR] montrent alors que les paquets
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contenant
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ sont exactement les paquets d’Adams-Johnson [Reference Adams and JohnsonAJ87] construits par induction cohomologique, ayant le bon caractère infinitésimal et dont la partie unipotente du paramètre est de dimension 1. Dans la suite, nous supposons donc
$m_{n}\leqslant n$. Nous donnons alors une réponse complète aux questions posées ci-dessus dans trois cas. Premièrement, lorsque le caractère infinitésimal est régulier. C’est un cas facile, les paquets d’Arthur sont alors des paquets d’Adams-Johnson et les résultats découlent de [Reference Arancibia, Mœglin and RenardAMR] et [Reference Mœglin and RenardMRb]. Deuxièmement, lorsque le plus haut poids est scalaire, c’est-à-dire
$\unicode[STIX]{x1D707}=(m,\ldots ,m)$, et dans ce cas, on note aussi la représentation correspondante
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$. Troisièmement, lorsque
$\unicode[STIX]{x1D707}$ est de la forme
$\unicode[STIX]{x1D707}=(\underbrace{k+1,\ldots ,k+1}_{2k},\underbrace{k,\ldots ,k}_{n-2k})$, avec
$2\leqslant 2k\leqslant n$, et l’on note alors
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ la représentation correspondante.
Pour pouvoir énoncer nos résultats, nous avons besoin d’introduire quelques notations concernant les paramètres d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D713}$. Rappelons qu’un tel paramètre est un morphisme
$\unicode[STIX]{x1D713}:W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})\rightarrow ^{L}G$ vérifiant certaines propriétés et où
$W_{\mathbb{R}}$ désigne le groupe de Weil de
$\mathbb{R}$. Ici, comme
$G$ est déployé, on peut prendre
$^{L}G=\widehat{G}=\mathbf{SO}(2n+1,\mathbb{C})$ et, en composant avec la représentation standard de
$\mathbf{SO}(2n+1,\mathbb{C})$ dans
$\mathbf{GL}(2n+1,\mathbb{C})$, on voit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ comme une représentation de dimension
$2n+1$ de
$W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$. Cette représentation est complètement réductible. Pour tout
$a\in \mathbb{N}^{\times }$, notons
$R[a]$ la représentation algébrique de
$\mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ de dimension
$a$ et, pour tout entier
$t$ strictement positif, notons
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t}$ la représentation irréductible de
$W_{\mathbb{R}}$ de dimension
$2$ qui est le paramètre de Langlands de la série discrète de
$\mathbf{GL}_{2}(\mathbb{R})$ de caractère infinitésimal
$(t/2,-t/2)$. En tenant compte de la condition mentionnée plus haut sur le caractère infinitésimal, on peut écrire la décomposition en irréductibles de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ sous la forme :
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \unicode[STIX]{x1D713}_{d}=\left(\mathop{\bigoplus }_{i=1}^{r}\unicode[STIX]{x1D702}_{i}\boxtimes R[a_{i}^{\prime }]\right)\oplus \left(\mathop{\bigoplus }_{j=1}^{s}\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}]\right).\end{eqnarray}$$ Dans la première somme qui constitue la partie unipotente
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ du paramètre,
$\unicode[STIX]{x1D702}_{i}$ désigne un caractère quadratique de
$W_{\mathbb{R}}$ (le caractère trivial que nous notons
$1_{W_{\mathbb{R}}}$ ou le caractère signe que nous notons
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}$), les
$a_{i}^{\prime }$ sont impairs et
$r=1$ ou 3. Dans la seconde somme, qui constitue la partie discrète
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}$ du paramètre, les
$t_{j}$ sont des entiers strictement positifs et
$t_{j}+a_{j}$ est impair. On définit
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=\max _{i=1,\ldots ,r}(a_{i}^{\prime })$. Notre résultat est le suivant (Théorème 7.1 du texte).
Théorème.
Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un paramètre d’Arthur pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ et
$m$ un entier, avec
$0\leqslant m\leqslant n$. On suppose que le caractère infinitésimal associé à
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est celui de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D713}$ se décompose comme en (1) et le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ si et seulement si l’on est dans l’un des cas suivants :
(i)
$\dim \unicode[STIX]{x1D713}_{u}=1$,
$2m>n+1$ et, quels que soient
$i<j$ entre
$1$ et
$s$,
$$\begin{eqnarray}\left[\frac{t_{i}-a_{i}+1}{2},\frac{t_{i}+a_{i}-1}{2}\right]\cap \left[\frac{t_{j}-a_{j}+1}{2},\frac{t_{j}+a_{j}-1}{2}\right]=\emptyset ,\end{eqnarray}$$(ii)
$\unicode[STIX]{x1D713}$ s’écrit où
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D713}=(\mathbf{sgn}^{(2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))/2}\boxtimes R[a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})])\oplus \unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }\end{eqnarray}$$
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ est un
$A$-paramètre pour le groupe orthogonal pair compact
$\mathbf{O}(0,2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$ tel que le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ contienne une représentation de dimension finie
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ soit image de
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ par la correspondance de Howe.Dans ces deux cas, la multiplicité de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est
$1$.
Précisons ce que l’on veut dire par paramètre et paquet pour un groupe orthogonal pair, ce qui est assez standard. Si
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ est un paramètre pour un groupe spécial orthogonal pair, on considère son conjugué par l’automorphisme extérieur. On obtient un paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime \prime }$ (qui peut être équivalent ou non à
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$). On voit ces deux paramètres comme équivalents pour le groupe orthogonal, et le paquet associé pour le groupe orthogonal est constitué des représentations irréductibles dont les composantes de la restriction au groupe spécial orthogonal sont dans l’union des deux paquets
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ et
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime \prime })$.
On complète ces résultats dans le théorème 7.2 : les valeurs possibles pour
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$ dans (ii) sont
$2(n-m)+1$, auquel cas
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ est la représentation triviale, ou bien
$2(n-m)+3$, seulement si
$2m\geqslant (n+2)$ et l’on détermine
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ qui n’est pas un caractère en général.
D’autre part, on donne, conformément aux résultats de [Reference Mœglin and RenardMRb], une construction de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ comme composante d’une induite cohomologique à partir d’un
$c$-Levi de
$G$ isomorphe à un produit de groupes unitaires ici nécessairement compacts et d’un groupe symplectique de rang plus petit. On induit un produit tensoriel extérieur de caractères de ces groupes unitaires compacts, uniquement déterminé par le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ et par
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$, et d’une représentation unipotente du petit groupe symplectique que l’on détermine. Cette représentation unipotente est aussi de plus haut poids.
Le cas du caractère infinitésimal régulier, beaucoup plus simple, est traité rapidement dans la section 6 et le résultat (théorème 6.2) est le suivant. On fixe un caractère infinitésimal régulier, et cela détermine un entier
$a_{\text{max}}$ tel que les modules de plus haut poids unitaires soient indexés par
$a\in \{0,\ldots ,a_{\text{max}}\}$ (le cas
$a=0$ est celui des séries discrètes holomorphes). Notons
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{a}$ le module indexé par
$a$. Les paquets d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ ayant ce même caractère infinitésimal sont des paquets d’Adams-Johnson, et la partie unipotente
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ du paramètre est irréductible, de dimension
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$. Le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{a}$ si et seulement si
$a=a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$.
Pour les représentations
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$, l’énoncé est le suivant (Théorème 8.7). Remarquons que
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{2k,k}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{2k}(k+1)$ et que ce cas est déjà traité dans le théorème ci-dessus.
Théorème.
On suppose que
$n-1\geqslant 2k$. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ dont le caractère infinitésimal est celui de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D713}$ se décompose comme en (1) et le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ si et seulement si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-k)+1$ et
$\unicode[STIX]{x1D713}$ contient
$\mathbf{sgn}^{k}\boxtimes R[2(n-k)+1]$. De plus, la multiplicité de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est
$1$.
Adams a décrit tous les modules de plus haut poids comme induites cohomologiques dans [Reference AdamsAda87]. Avec l’analyse du cas où les paramètres sont unipotents, cela permet de conclure assez rapidement que les conditions énoncées dans les théorèmes sont suffisantes. L’essentiel de notre travail consiste donc à montrer qu’elles sont nécessaires. Ensuite, pour ces représentations, nous établissons la propriété de multiplicité
$1$. Enfin, si
$\unicode[STIX]{x1D70B}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ ou
$\unicode[STIX]{x1D70B}=\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ et si
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est un
$A$-paramètre tel que
$\unicode[STIX]{x1D70B}\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$, nous calculons le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ dans les propositions 18.3 et 18.5.
Nous allons utiliser essentiellement certains arguments globaux, qui nécessitent l’introduction de notations spécifiques et le rappel de résultats de la littérature, en particulier [Reference MœglinMœg17] et surtout la formule de Siegel-Weil de Kudla et Rallis ainsi que ses généralisations, ce qui est fait dans la seconde moitié de l’article. Certaines démonstrations sont de ce fait différées. Le calcul des caractères
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ se réalise par ces méthodes globales : on se ramène à certains cas non archimédiens connus grâce à une formule de produit (prop. 17.6) qui n’est rien d’autre que la formule de multiplicité d’Arthur.
Donnons un aperçu du contenu de cet article et de la démonstration de ces résultats. La section 2 introduit des notations et fait quelques rappels concernant l’induction cohomologique, que l’on particularise au cas du groupe symplectique. Une condition nécessaire pour l’occurence d’un
$K$-type dans une induite cohomologique est donnée sous la forme de l’inégalité (8). Cela nous servira à montrer que les représentations
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ ne peuvent apparaître dans certaines induites cohomologiques et permet de contrôler leur appartenance à certains paquets (ou leur multiplicité dans ceux-là). Dans la section 3, on introduit les modules de plus haut poids pour le groupe symplectique
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, dont on rappelle la classification [Reference Enright, Howe and WallachEHW83] et la description en terme de correspondance de Howe [Reference Kashiwara and VergneKV78] : ce sont les images par celles-là de représentations de dimension finie de groupes orthogonaux compacts
$\mathbf{O}(0,2\ell )$, avec
$\ell \leqslant n$. Dans la section 4, on rappelle ce que sont les paquets d’Arthur pour le groupe symplectique [Reference ArthurArt13] et la description de ceux-là donnée dans [Reference Mœglin and RenardMRb]. On cherche donc à déterminer tous les couples
$(\unicode[STIX]{x1D70B},\unicode[STIX]{x1D713})$, où
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ est un module unitaire de plus haut poids et
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est un paramètre d’Arthur tels que
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ appartienne au paquet d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. Une condition nécessaire évidente sur le caractère infinitésimal contraint fortement les paramètres possibles (voir équation (11) et lemme 4.3). Ceux qui vont nous intéresser sont construits à partir des paquets unipotents de groupes symplectiques plus petits par induction cohomologique, le cas des paquets unipotents étant traité dans [Reference MœglinMœg17]. Dans la section 5, on considère les couples
$(\unicode[STIX]{x1D70B},\unicode[STIX]{x1D713})$ comme ci-dessus, avec de plus
$\unicode[STIX]{x1D713}$ unipotent. Ils sont obtenus par une recette bien connue des experts. On enlève de la décomposition en irréductibles du paramètre son plus gros bloc (le paramètre comporte au plus trois blocs) et l’on obtient un paramètre d’Arthur qui doit être celui de la représentation triviale pour un groupe spécial orthogonal compact
$\mathbf{SO}(0,2\ell )$. La représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ doit alors être l’image par la correspondance de Howe de la représentation triviale ou bien du déterminant de ce groupe orthogonal compact (théorème 5.1). Ce résultat est un cas particulier du théorème 16.4 qui sera démontré par des méthodes globales. Dans le premier cas,
$\unicode[STIX]{x1D70B}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$, avec
$2m\leqslant n+1$, et dans le second
$\unicode[STIX]{x1D70B}=\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$,
$2k\leqslant n$. Dans la section 6, on traite le cas du caractère infinitésimal régulier. Dans la section 7, on considère le cas des modules unitaires
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ de plus haut poids scalaire
$-m$ et l’on énonce le théorème principal 7.1 qui donne la liste des paramètres d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D713}$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. Cela est complété par le théorème 7.2 qui décrit
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ comme induite cohomologique et comme image par la correspondance de Howe à partir de groupes orthogonaux compacts. Les représentations unipotentes
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ sont étudiées plus avant dans la section 8. On utilise les résultats de [Reference AdamsAda87] pour donner des réalisations de ces représentations comme constituants d’induites cohomologiques, ce qui montre l’appartenance de celles-là à certains paquets (corollaire 8.4, proposition 8.6). On énonce ensuite le théorème 8.7 qui affirme que la liste de ces paquets est complète. Dans la section 9, on donne les paramètres de Langlands des
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ et des
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$. Les démonstrations sont globales et sont données dans la section 19. On en tire le corollaire 9.3 en utilisant un résultat de [Reference ArthurArt13] sur les exposants des représentations à l’intérieur d’un paquet, tiré de [Reference ArthurArt13], et que nous utiliserons essentiellement. La démonstration des théorèmes 7.1 et 7.2 proprement dite occupe les sections 10 à 12. La section 10 énonce le résultat de réduction qui permet une récurrence. L’énoncé et la démonstration sont assez techniques et ne s’étendent pas au cas des modules unitaires de plus haut poids non scalaire ; c’est là l’obstacle principal qui nous empêche d’obtenir des résultats complets pour tous les modules de plus haut poids. On démontre ensuite dans la section 11 que les conditions du théorème sont suffisantes, et dans la section 12 qu’elles sont nécessaires. On utilise de manière cruciale l’analogue local de Siegel-Weil qui étend celui obtenu dans [Reference MœglinMœg17] pour les représentations unipotentes (corollaire 20.2) pour conclure, et qui est établi par des méthodes globales dans la section 20. Dans la section 13, on vérifie que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ apparaît dans un paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ avec multiplicité au plus
$1$. Dans la section 14, nous vérifions, grâce au corollaire 9.3, que la liste des paquets contenant une représentation unipotente
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ du théorème 8.7 est complète, ainsi que la propriété de multiplicité
$1$.
Dans la seconde partie de l’article, nous utilisons des arguments globaux, et en particulier des résultats établis aux places non archimédiennes. Dans la section 15, nous rappelons les définitions du discriminant et de l’invariant de Hasse d’un espace quadratique
$(V,Q)$ sur un corps local, et nous en donnons une normalisation adaptée à notre usage. La section 16 commence par quelques rappels sur les correspondances de Howe locale et globale, en particulier dans le cas d’une paire duale orthogonale paire/symplectique. On paramètre ensuite les caractères des groupes orthogonaux pairs et l’on s’intéresse à leur image par la correspondance de Howe. Le résultat principal de cette section est le théorème 16.4 qui affirme l’appartenance de cette image à certains paquets d’Arthur unipotents. Dans le cas archimédien, on obtient en particulier l’énoncé du théorème 5.1. Dans la section 17, on calcule le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ attaché à une représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ d’un paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ avec
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ et
$\unicode[STIX]{x1D713}$ comme dans le théorème 16.4 dans certains cas, en particulier dans le cas archimédien, l’outil principal étant la formule de produit de la proposition 17.6 et les calculs dans le cas non archimédien de [Reference MœglinMœg06] rappelés dans le lemme 17.1. Enfin, dans la section 18, nous traduisons ces résultats dans le cas particulier des modules de plus haut poids
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ et des paquets unipotents, puis nous donnons la formule pour un paquet quelconque en utilisant [Reference Mœglin and RenardMRb].
Terminons cette introduction par quelques mots concernant des applications possibles de nos résultats. Soit
$S_{\text{}\underline{k}}(\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{Z}))$ l’espace des formes modulaires paraboliques (pour le groupe
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{Z})$) de Siegel holomorphes à valeurs dans la représentation algébrique irréductible de
$\mathbf{GL}_{n}(\mathbb{C})$ de plus haut poids
$\text{}\underline{k}=(k_{1}\geqslant k_{2}\geqslant \cdots \geqslant k_{n})$. La dimension de ces espaces comme fonction de
$\text{}\underline{k}$ est un résultat classique de la théorie des formes modulaires lorsque
$n=1$. Lorsque
$\text{}\underline{k}$ est scalaire et
$n=2$ ou
$n=3$, ce sont des résultats dus respectivement à Igusa [Reference IgusaIgu62] et Tsuyumine [Reference TsuyumineTsu87], et lorsque
$n=2$ et que
$\text{}\underline{k}=(k_{1},k_{2})$ avec
$k_{2}\geqslant 5$, c’est la formule de Tsushima [Reference TsushimaTsu84]. Tsuyumine donne aussi une formule pour certaines familles de poids non scalaires particulières et
$k_{n}>n$. Récemment, la dimension de ces espaces a été déterminée de manière algorithmique pour de nombreuses autres valeurs de
$\text{}\underline{k}$ en rang 3 [Reference Chenevier and RenardCR15], puis en rang
$n\leqslant 7$ par Taïbi [Reference TaïbiTaï17]. Ces travaux sont basés sur la classification du spectre automorphe discret des groupes classiques par Arthur [Reference ArthurArt13], qui relient les espaces
$S_{\text{}\underline{k}}(\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{Z}))$ et certaines représentations automorphes cuspidales algébriques autoduales des groupes généraux linéaires. Les poids
$\text{}\underline{k}$ considérés vérifient
$k_{n}>n$ et, en conséquence, une forme modulaire propre pour les opérateurs de Hecke dans
$S_{\text{}\underline{k}}(\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{Z}))$ engendre une représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{k})$ de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ qui est une série discrète holomorphe, et donc en particulier un module unitaire de plus bas poids, donné par
$\text{}\underline{k}$, vu ici comme plus haut poids d’une représentation du compact maximal
$K\simeq \mathbf{U}(n)$ de
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. Les calculs de [Reference Chenevier and RenardCR15] et [Reference TaïbiTaï17] utilisent les formules de multiplicité d’Arthur, et il faut connaître en particulier la liste des paramètres d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D713}$ tels que le paquet associé
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contienne
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{k})$ et, pour chacun d’eux, la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{k})}$ du groupe des composantes du centralisateur de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ dans
$\widehat{G}$ attachée à
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{k})$ et à
$\unicode[STIX]{x1D713}$ par Arthur. Comme nous l’avons remarqué plus haut, les résultats de [Reference Arancibia, Mœglin and RenardAMR] montrent alors que les paquets
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contenant
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{k})$ sont exactement les paquets d’Adams-Johnson [Reference Adams and JohnsonAJ87] construits par induction cohomologique ayant le bon caractère infinitésimal et un paramètre de partie unipotente de dimension 1. La représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{k})}$ (dans ce cas, un caractère) est déterminée dans [Reference Chenevier and RenardCR15, Chapter 9]. En général, on peut se demander ce que les résultats de cet article peuvent nous apprendre sur les espaces
$S_{\text{}\underline{k}}(\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{Z}))$, si l’on ne suppose plus
$k_{n}>n$ (le passage des modules de plus bas poids à ceux de plus haut poids considérés dans l’article n’est qu’une affaire de convention, ou bien l’on passe aux contragrédients). La représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{k})$ de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ engendrée par une forme modulaire propre pour les opérateurs de Hecke dans
$S_{\text{}\underline{k}}(\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{Z}))$ est alors le module unitaire irréductible de plus bas poids
$\text{}\underline{k}$. On peut envisager alors d’utiliser la formule de multiplicité d’Arthur comme dans le cas régulier
$k_{n}>n$ pour relier ces espaces de formes de Siegel aux représentations automorphes cuspidales algébriques autoduales des groupes généraux linéaires. Dans un esprit légèrement différent, Chenevier et Lannes montrent dans [Reference Chenevier and LannesCL] par des techniques très détournées de fonctions
$L$ que pour un poids scalaire
$\text{}\underline{k}=(k,\ldots ,k)$,
$k\leqslant 12$, l’espace
$S_{\text{}\underline{k}}(\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{Z}))$ est nul si
$k\leqslant n\leqslant 2k$ (sauf peut-être pour
$k=12$ et
$g=24$). Les résultats de cet article permettent de simplifier notablement les démonstrations de [Reference Chenevier and LannesCL] et d’aborder les cas suivants.
2 Généralités et notations
2.1 Paires paraboliques
Soit
$G$ le groupe des points réels d’un groupe algébrique connexe réductif défini sur
$\mathbb{R}$. On fixe une involution de Cartan
$\unicode[STIX]{x1D703}$ de
$G$ et l’on note
$K$ le sous-groupe des points fixes de
$\unicode[STIX]{x1D703}$ : c’est un sous-groupe compact maximal de
$G$. On suppose que
$G$ et
$K$ sont de même rang ; autrement dit,
$G$ possède un sous-groupe de Cartan
$T$ inclus dans
$K$ et donc compact. On note
$\mathfrak{t}_{0}$,
$\mathfrak{k}_{0}$ et
$\mathfrak{g}_{0}$ les algèbres de Lie respectives de
$T$,
$K$ et
$G$, et
$\mathfrak{t}$,
$\mathfrak{k}$ et
$\mathfrak{g}$ leur complexifiées. Les sous-algèbres paraboliques
$\unicode[STIX]{x1D703}$-stables de
$\mathfrak{g}$ sont obtenues de la manière suivante. On fixe un élément
$\unicode[STIX]{x1D708}\in \sqrt{-1}\mathfrak{t}_{0}^{\ast }$, et l’on pose :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & \displaystyle \mathfrak{l}=\mathfrak{g}^{\unicode[STIX]{x1D708}}=\mathfrak{t}\oplus \left(\mathop{\bigoplus }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{g},\mathfrak{t}),\langle \unicode[STIX]{x1D708},\unicode[STIX]{x1D6FC}\rangle =0}\mathfrak{g}^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\right),\qquad \mathfrak{u}=\mathop{\bigoplus }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{g},\mathfrak{t}),\langle \unicode[STIX]{x1D708},\unicode[STIX]{x1D6FC}\rangle >0}\mathfrak{g}^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}, & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \mathfrak{q}=\mathfrak{l}\oplus \mathfrak{u},\qquad L=\text{Norm}_{G}(\mathfrak{q}). & \displaystyle \nonumber\end{eqnarray}$$ Dans cet article, nous appellerons paire parabolique une paire
$(\mathfrak{q},L)$ obtenue comme ci-dessus, avec
$\mathfrak{q}$ sous-algèbre parabolique
$\unicode[STIX]{x1D703}$-stable de
$\mathfrak{g}$. Le sous-groupe
$L$ de
$G$ sera appelé
$c$-Levi de
$G$ (terminologie de Shelstad [Reference ShelstadShe15]).
On note
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{i}$ le foncteur d’induction cohomologique de Vogan-Zuckerman (cf. [Reference VoganVog81, Section 6.3.1]) en degré
$i$, de la catégorie des
$(\mathfrak{l},K\cap L)$-modules vers la catégorie des
$(\mathfrak{g},K)$-modules. Dans ce contexte, le degré qui nous intéresse particulièrement, et même exclusivement, est
$S=\dim (\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k})$, et dans l’article, nous écrirons
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}$ sans préciser de nouveau ce qu’est
$S$.
Si
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ est un caractère unitaire de
$L$, on note
$\unicode[STIX]{x1D706}$ sa différentielle, que l’on voit comme un élément de
$i\mathfrak{t}_{0}^{\ast }$. On pose alors
$A_{\mathfrak{q}}(\unicode[STIX]{x1D6EC})={\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D6EC})$. Si le groupe
$L$ est connexe,
$\unicode[STIX]{x1D706}$ détermine
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ et l’on note alors cette représentation
$A_{\mathfrak{q}}(\unicode[STIX]{x1D706})$.
Sous certaines conditions sur le caractère infinitésimal de la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ de
$L$ que l’on induit, on a des résultats d’annulation, d’irréductibilité et d’unitarité des modules
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{i}(\unicode[STIX]{x1D70E})$. Nous renvoyons à [Reference Knapp and VoganKV95] pour les définitions du (weakly) good range, du (weakly) fair range et des représentations faiblement unipotentes, pour lesquels on a les résultats suivants : dans le weakly good range, les modules
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{i}(\unicode[STIX]{x1D70E})$ sont nuls si
$i\neq S=\dim (\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k})$. Si
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est irréductible et dans le good range (resp. weakly good range),
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E})$ est irréductible (resp. irréductible ou nul). Si
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est unitaire et dans le weakly good range,
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E})$ est unitaire. Si
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est faiblement unipotente et dans le weakly fair range, alors les modules
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{i}(\unicode[STIX]{x1D70E})$ sont nuls si
$i\neq S$ et
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E})$ est unitaire si
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est de plus unitaire. En revanche, on n’a pas de résultat d’irréductibilité en général dans le weakly fair range, ni même dans le fair range.
2.2 Le groupe symplectique
On suppose
$\mathbb{R}^{2n}$ (identifié à
${\mathcal{M}}_{2n,1}(\mathbb{R})$, les matrices colonnes) muni de sa forme symplectique usuelle, c’est-à-dire, si
$X,Y\in \mathbb{R}^{2n}$,
Soit
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ le groupe des isomorphismes de
$(\mathbb{R}^{2n},(.|.))$, que l’on munit de l’involution de Cartan
$\unicode[STIX]{x1D703}:g\mapsto ^{t}g^{-1}$. Le sous-groupe de
$G$ des points fixes sous
$\unicode[STIX]{x1D703}$ est un sous-groupe compact maximal de
$G$, que l’on note
$K$, et qui est isomorphe au groupe unitaire
$\mathbf{U}(n)$. On note
$\mathfrak{g}_{0}$ et
$\mathfrak{k}_{0}$ les sous-algèbres de Lie respectives de
$G$ et
$K$, réalisées comme sous-algèbres de Lie de
${\mathcal{M}}_{2n}(\mathbb{R})$. Pour tout
$(a_{1},\ldots ,a_{n})\in \mathbb{R}^{n}$, on pose :

Alors
$\mathfrak{t}_{0}:=\{t(a_{1},\ldots ,a_{n}),(a_{1},\ldots ,a_{n})\in \mathbb{R}^{n}\}$ est une sous-algèbre de Cartan de
$\mathfrak{k}_{0}$ et aussi de
$\mathfrak{g}_{0}$.
Notons
$\mathfrak{g},\mathfrak{k}et\mathfrak{t}$ les complexifications des algèbres de Lie
$\mathfrak{g}_{0},\mathfrak{k}_{0}et\mathfrak{t}_{0}$ respectivement. Soit
$\unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{g},\mathfrak{t})$ et
$\unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{k},\mathfrak{t})$ les systèmes de racines de
$\mathfrak{g}$ et
$\mathfrak{k}$ respectivement, relativement à la sous-algèbre de Cartan
$\mathfrak{t}$. On a
où
$e_{i}\in \sqrt{-1}\,\mathfrak{t}_{0}^{\ast }\subset \mathfrak{t}^{\ast }$ est la forme linéaire
$t(a_{1},\ldots ,a_{n})\mapsto \sqrt{-1}\,a_{i}$. On fixe les systèmes de racines positives
On identifie
$\mathfrak{t}^{\ast }$ et
$\mathbb{C}^{n}$ grâce à la base
$(e_{i})_{1\leqslant i\leqslant }$ de
$\mathfrak{t}^{\ast }$, et de même pour
$\mathfrak{t}$ grâce à la base duale. On note encore
$\unicode[STIX]{x1D703}$ la différentielle de l’involution de Cartan de
$G$, et l’on pose
On a alors
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & \displaystyle \mathfrak{p}=\mathfrak{p}^{+}\oplus \mathfrak{p}^{-},\qquad \mathfrak{p}^{+}=\mathop{\bigoplus }_{1\leqslant i<j\leqslant n}\mathfrak{g}_{e_{i}+e_{j}}\oplus \mathop{\bigoplus }_{1\leqslant i\leqslant n}\mathfrak{g}_{2e_{i}}, & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \displaystyle \mathfrak{p}^{-}=\mathop{\bigoplus }_{1\leqslant i<j\leqslant n}\mathfrak{g}_{-e_{i}-e_{j}}\oplus \mathop{\bigoplus }_{1\leqslant i\leqslant n}\mathfrak{g}_{-2e_{i}}. & \displaystyle \nonumber\end{eqnarray}$$Définition 2.1. On dit qu’une sous-algèbre parabolique
$\unicode[STIX]{x1D703}$-stable
$\mathfrak{q}=\mathfrak{l}\oplus \mathfrak{u}$ de
$\mathfrak{g}$ est holomorphe si
$\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p}\subset \mathfrak{p}^{-}$.
Remarque 2.2. On aurait pu appeler de telles sous-algèbres paraboliques antiholomorphes, mais la dichotomie holomorphe/antiholomorphe n’est qu’une affaire de convention. Nos séries discrètes holomorphes sont celles plus communément appelées antiholomorphes dans la littérature.
On note
$W$ le groupe de Weyl du système de racines
$\unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{g},\mathfrak{t})$. Il agit sur
$\mathfrak{t}^{\ast }$, identifié comme expliqué ci-dessus à
$\mathbb{C}^{n}$, par permutations et changements de signes des coordonnées. Via l’isomorphisme d’Harish-Chandra, le caractère infinitésimal d’une représentation de
$G$ s’identifie à une
$W$-orbite dans
$\mathfrak{t}^{\ast }$. Nous ne considérerons que des caractères infinitésimaux entiers.
Convention 2.3. Il sera commode de voir le caractère infinitésimal d’une représentation de
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ de la façon suivante. On identifie
$\mathfrak{t}^{\ast }$ à une sous-algèbre de Cartan
$^{L}\mathfrak{t}$ de l’algèbre de Lie duale
$^{L}\mathfrak{g}=\mathfrak{s}\mathfrak{o}(2n+1,\mathbb{C})$. Via le plongement standard
$^{L}\mathfrak{g}=\mathfrak{s}\mathfrak{o}(2n+1,\mathbb{C}){\hookrightarrow}\mathfrak{g}\mathfrak{l}(2n+1,\mathbb{C})$, nous verrons un caractère infinitésimal comme un
$(2n+1)$-uplet décroissant, symétrique, où 0 a une multiplicité impaire.
2.3 Paires paraboliques maximales et induction cohomologique
Dans ce paragraphe,
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ et l’on continue avec les notations du paragraphe précédent. Soit
$(\mathfrak{q},L)$ une paire parabolique pour
$G$, et l’on suppose que la sous-algèbre parabolique
$\unicode[STIX]{x1D703}$-stable
$\mathfrak{q}=\mathfrak{l}\oplus \mathfrak{u}$ est maximale. Une telle sous-algèbre est obtenue en prenant un élément de
$\mathfrak{t}$ de la forme
avec
$p+q\leqslant n$. On pose alors
$$\begin{eqnarray}\mathfrak{l}=\mathfrak{l}_{p,q}=\mathfrak{g}^{t_{p,q}}=\mathfrak{t}\oplus \left(\mathop{\bigoplus }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{g},\mathfrak{t})|\unicode[STIX]{x1D6FC}(t)=0}\mathfrak{g}_{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\right),\qquad \mathfrak{u}=\mathfrak{u}_{p,q}=\mathop{\bigoplus }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{g},\mathfrak{t})|\unicode[STIX]{x1D6FC}(t)>0}\mathfrak{g}_{\unicode[STIX]{x1D6FC}}.\end{eqnarray}$$ Les racines de
$\mathfrak{t}$ dans
$\mathfrak{l}$ sont :
$$\begin{eqnarray}\begin{array}{@{}lr@{}}\pm (e_{i}-e_{j}), & 1\leqslant i<j\leqslant p\text{ ou }n-q+1\leqslant i<j\leqslant n,\\ \pm (e_{i}\pm e_{j}),\,\pm 2e_{i}, & p+1\leqslant i<j\leqslant n-q,\\ \pm (e_{i}+e_{j}), & 1\leqslant i\leqslant p\leqslant n-q+1\leqslant j\leqslant n.\end{array}\end{eqnarray}$$On choisit comme système de racines positives :
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D6E5}^{+}(\mathfrak{l},\mathfrak{t})=\left\{\begin{array}{@{}ll@{}}-(e_{i}-e_{j}), & 1\leqslant i<j\leqslant p,\\ e_{i}-e_{j}, & n-q+1\leqslant i<j\leqslant n\\ e_{i}-e_{j},-(e_{i}+e_{j}),-2e_{i}, & p+1\leqslant i<j\leqslant n-q\\ -(e_{i}+e_{j}), & 1\leqslant i\leqslant p\leqslant n-q+1\leqslant j\leqslant n\end{array}\right\}.\end{eqnarray}$$On pose
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{l})=\frac{1}{2}\mathop{\sum }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}^{+}(\mathfrak{l},\mathfrak{t})}\unicode[STIX]{x1D6FC} & = & \displaystyle \frac{1}{2} (\underbrace{-q-p+1,-q-p+3,\ldots ,-q+p-1}_{p},\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \underbrace{-2,-4,\ldots -2(n-p-q)}_{n-p-q},\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \underbrace{-p+q-1,\ldots ,-p-q+3,\ldots ,-p-q+1}_{q}).\nonumber\end{eqnarray}$$ Les racines de
$\mathfrak{t}$ dans
$\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p}$ sont :
$$\begin{eqnarray}\begin{array}{@{}lr@{}}e_{i}+e_{j},2e_{i}, & 1\leqslant i<j\leqslant p\\ -e_{i}-e_{j},-2e_{i}, & n-q+1\leqslant i<j\leqslant n,\\ e_{i}+e_{j}, & 1\leqslant i\leqslant p<j\leqslant n-q\\ -e_{i}-e_{j}, & p+1\leqslant i\leqslant n-q<j\leqslant n.\end{array}\end{eqnarray}$$ Les racines de
$\mathfrak{t}$ dans
$\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k}$ sont :
$e_{i}-e_{j}$,
$1\leqslant i\leqslant p<j\leqslant n$ ou
$p+1\leqslant i\leqslant n-q<j\leqslant n$. On pose :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p}) & = & \displaystyle \frac{1}{2}\mathop{\sum }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})}\unicode[STIX]{x1D6FC}=\frac{1}{2} (\underbrace{n-q+1,\ldots ,n-q+1}_{p},\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \underbrace{p-q,\ldots ,p-q}_{n-p-q},\underbrace{-n+p-1,\ldots -n+p-1}_{q}),\nonumber\\ \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k}) & = & \displaystyle \frac{1}{2}\mathop{\sum }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k})}\unicode[STIX]{x1D6FC}=\frac{1}{2} (\underbrace{n-p,\ldots ,n-p}_{p},\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \underbrace{-p+q,\ldots ,-p+q}_{n-p-q},\underbrace{-(n-q),\ldots -(n-q)}_{q}),\nonumber\\ \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}) & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})+\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k})\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle \frac{1}{2}(2n-p-q+1)(\underbrace{1,\ldots ,1}_{p},\underbrace{0,\ldots ,0}_{n-p-q},\underbrace{-1,\ldots ,-1}_{q}),\nonumber\\ \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}_{p,q} & = & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{l})+\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u})= (\underbrace{n-p-q+1,n-p-q+2,\ldots ,n-q}_{p},\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \underbrace{-1,-2,\ldots ,-(n-p-q)}_{n-p-q},\underbrace{-(n-q+1),-(n-q+2)\ldots ,-n}_{q})\!.\nonumber\end{eqnarray}$$ De plus,
$L$ est isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2(n-p-q),\mathbb{R})\times \mathbf{U}(p,q)$. Nous allons considérer des induites cohomologiques à partir de cette paire
$(\mathfrak{q},L)$ de la forme
où
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ est un caractère unitaire du facteur
$\mathbf{U}(p,q)$ de
$L$ et
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ une représentation du facteur
$\mathbf{Sp}(2(n-p-q),\mathbb{R})$.
Le centre
$\mathfrak{z}$ de
$\mathfrak{l}$ est contenu dans
$\mathfrak{t}$, de dimension
$1$ et engendré par
$t_{p,q}$. Soit
la différentielle de
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$. Le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D70C}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC}$ est donné par un élément
$\unicode[STIX]{x1D708}$ de
$\mathfrak{t}^{\ast }$ de la forme
La condition pour que l’induction soit dans le weakly fair range est que pour tout
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{u},\mathfrak{t})$,
Or pour un tel
$\unicode[STIX]{x1D6FC}$,
$\langle \unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{l}),\unicode[STIX]{x1D6FC}_{|\mathfrak{z}}\rangle =0$, et donc la condition est, pour tout
$\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{u},\mathfrak{t})$,
Cela est équivalent à
$y+(1/2)(2n-p-q+1)\geqslant 0$. Posons
$t=2y+n+1-p-q$, de sorte que
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \unicode[STIX]{x1D706} & = & \displaystyle \biggl(\underbrace{\frac{t+p+q-1}{2}-n,\ldots ,\frac{t+p+q-1}{2}-n}_{p},\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \underbrace{0,\ldots ,0}_{n-p-q},\underbrace{n-\frac{t+p+q-1}{2},\ldots ,n-\frac{t+p+q-1}{2}}_{q}\biggr)\end{eqnarray}$$ et la condition de weakly fair range est
$t\geqslant 0$. On note aussi
$\unicode[STIX]{x1D706}_{t}$ l’élément défini par (5) pour insister sur sa dépendance en
$t$.
Une inégalité fondamentale. Nous allons rappeler maintenant un résultat de [Reference Knapp and VoganKV95] qui donne des informations sur les
$K$-types de
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70C}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$. Dans [Reference Knapp and VoganKV95, équation (4.71) p. 272], il est introduit un élément de
$\mathfrak{t}_{0}$, que l’on note ici
$h_{\mathfrak{q}}$ et qui est dual de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u})$, c’est-à-dire
L’élément
$h_{\mathfrak{q}}$ agit par un scalaire
$c$ dans la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC}$. On fixe une représentation irréductible de
$K$ de plus haut poids
$\unicode[STIX]{x1D707}=(-m_{n},\ldots ,-m_{1})$ et l’on suppose que cette représentation est un
$K$-type de
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70C}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$. L’inégalité de la troisième ligne de la p. 369 de [Reference Knapp and VoganKV95] est
Le terme de gauche est
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D707}(h_{\mathfrak{q}})=2\times (2n-p-q+1)^{-1}\times \left(-\mathop{\sum }_{j=i}^{p}m_{n-i+1}+\mathop{\sum }_{j=1}^{q}m_{j}\right).\end{eqnarray}$$On a aussi
Le scalaire
$c$ est donné alors par
L’inégalité (7) s’écrit donc, en simplifiant par
$2\times (2n-p-q+1)^{-1}$ :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle -\mathop{\sum }_{j=i}^{p}m_{n-i+1}+\mathop{\sum }_{j=1}^{q}m_{j} & {\geqslant} & \displaystyle (p+q)\left(\frac{t+p+q-1}{2}-n\right)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle +\,(p(n-q+1)+q(n-p+1))\nonumber\\ \displaystyle & {\geqslant} & \displaystyle (p+q)\left(\frac{t+p+q+1}{2}\right)-2pq.\nonumber\end{eqnarray}$$ Si tous les
$m_{j}$ sont égaux à
$m$, on obtient
3 Modules unitaires de plus haut poids pour
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$
3.1 Modules de plus haut poids
On appelle module de plus haut poids de
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ un
$(\mathfrak{g},K)$-module irréductible
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ admettant un vecteur non nul annulé par le radical unipotent d’une sous-algèbre de Borel de
$\mathfrak{g}$. Si
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ n’est pas de dimension finie, une telle sous-algèbre de Borel
$\mathfrak{b}$ est nécessairement à conjugaison par
$G$ près
où
$\mathfrak{b}_{\mathfrak{k}}=\mathfrak{t}\oplus \bigoplus _{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}^{+}(\mathfrak{k},\mathfrak{t})}\mathfrak{g}_{\unicode[STIX]{x1D6FC}}$ est une sous-algèbre de Borel de
$\mathfrak{k}$. Dans le premier cas, on dit que
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ est holomorphe, et dans le second, que
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ est antiholomorphe (cf. remarque 2.2).
Comme un
$(\mathfrak{g},K)$-module irréductible de dimension finie possède pour toute sous-algèbre de Borel
$\mathfrak{b}$ de
$\mathfrak{g}$ un vecteur non nul annulé par
$\mathfrak{b}$, un tel module est à la fois holomorphe et antiholomorphe, mais si
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ est de dimension infinie, les deux possibilités sont exclusives.
Dans cet article, nous ne nous intéressons qu’aux modules
$(\mathfrak{g},K)$-holomorphes, les antiholomorphes étant leurs contragrédients. Les modules unitaires holomorphes de
$G$ sont décrits dans [Reference Kashiwara and VergneKV78] (voir aussi [Reference Enright, Howe and WallachEHW83] et [Reference JakobsenJak83]). Donnons cette description.
Si
$(\unicode[STIX]{x1D6FF},V)$ est une représentation irréductible de dimension finie de
$K$, sa différentielle, encore notée
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$, est une représentation irréductible
$\mathfrak{k}$, qui détermine complètement
$(\unicode[STIX]{x1D6FF},V)$ puisque
$K$ est connexe. Soit
$\unicode[STIX]{x1D707}=\unicode[STIX]{x1D707}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}=(m_{1},\ldots ,m_{n})\in \mathfrak{t}^{\ast }$ le plus haut poids de
$(\unicode[STIX]{x1D6FF},V)$, relativement à
$\unicode[STIX]{x1D6E5}^{+}(\mathfrak{k},\mathfrak{t})$, on a donc
$m_{1}\geqslant m_{2}\geqslant \cdots \geqslant m_{n}$ et les
$m_{i}$ dans
$\mathbb{Z}$.
Théorème 3.1. Soit
$\unicode[STIX]{x1D707}=(m_{1},\ldots ,m_{n})\in \mathfrak{t}^{\ast }$ avec
$m_{1}\geqslant m_{2}\geqslant \cdots \geqslant m_{n}$ et les
$m_{i}$ entiers. Notons
$u$ le nombre de
$m_{i}$ égaux à
$m_{n}$ et
$v$ le nombre de
$m_{i}$ égaux à
$m_{n}+1$. Supposons que
$m_{n}\geqslant n-(u+v/2)$. Notons
$(\unicode[STIX]{x1D6FF},V)=(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{\unicode[STIX]{x1D707}^{\ast }},V_{\unicode[STIX]{x1D707}^{\ast }})$ la représentation irréductible de dimension finie de
$K$ de plus haut poids
$\unicode[STIX]{x1D707}^{\ast }=(-m_{n},\ldots ,-m_{1})$. Alors il existe un unique module unitaire holomorphe
$(\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707}),W_{\unicode[STIX]{x1D707}})$ contenant le
$K$-type
$(\unicode[STIX]{x1D6FF},V)$ avec multiplicité
$1$ (et l’on peut supposer alors que
$V\subset W_{\unicode[STIX]{x1D707}}$), de telle sorte qu’un vecteur non nul de plus haut poids
$v$ dans
$V$ soit annulé par
$\mathfrak{b}_{\mathfrak{k}}\oplus \mathfrak{p}^{+}$. Tout module unitaire holomorphe de
$G$ est caractérisé ainsi.
Remarque 3.2. Avec la convention 2.3, le caractère infinitésimal est constitué des entiers
$m_{1}-1,\ldots ,m_{n}-n$, de leurs opposés et de 0, réarrangés pour les mettre dans l’ordre décroissant.
Notation 3.3. Nous allons étudier particulièrement le cas des modules holomorphes de plus haut poids scalaire, c’est-à-dire les
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ avec
$\unicode[STIX]{x1D707}=(\underbrace{m,\ldots ,m}_{n})$. Comme dans l’introduction, nous notons ces représentations
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$, ou même
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ si le rang
$n$ du groupe symplectique que nous considérons est donné clairement par le contexte.
3.2 Description par la correspondance de Howe
Les modules unitaires holomorphes
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ du théorème ci-dessus sont dans l’image de la correspondance de Howe [Reference HoweHow89] pour des paires duales de la forme
$(\mathbf{O}(0,2\ell ),\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R}))$ avec
$\ell \leqslant n$.
Remarque 3.4. Dans cet article, nous allons utiliser essentiellement la correspondance de Howe (cf. [Reference HoweHow89]) entre groupes symplectiques et groupes orthogonaux pairs. Celle-là est définie en partant d’un espace symplectique
$W$ de dimension
$2n$, de groupe d’automorphismes
$\mathbf{Sp}(W)$ et d’un espace
$V$ de dimension
$N=2\ell$ muni d’une forme quadratique non dégénérée
$Q$ et de groupe d’automorphismes
$\mathbf{O}(V,Q)$. Il faut fixer aussi un caractère additif du corps local sur lequel on travaille, ici
$\mathbb{R}$, et l’on choisit le caractère
$\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R},1}:x\mapsto \exp (2i\unicode[STIX]{x1D70B}x)$. Comme tous les espaces symplectiques de dimension
$2n$ sont isomorphes, on peut prendre
$\mathbf{Sp}(W)=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. La classe d’isomorphisme de l’espace quadratique
$(V,Q)$ est déterminée quant à elle par la signature
$(p,q)$ de la forme quadratique
$Q$ et l’on peut prendre
$\mathbf{O}(V,Q)=\mathbf{O}(p,q)$. La correspondance de Howe dépend de
$(V,Q)$ et pas simplement de son groupe d’isomorphisme ; ainsi même si
$\mathbf{O}(q,p)=\mathbf{O}(V,-Q)=\mathbf{O}(V,Q)=\mathbf{O}(p,q)$, il importe de bien les distinguer.
Introduisons des notations pour les représentations irréductibles des groupes compacts
$\mathbf{O}(0,2\ell )$. Les représentations de
$\mathbf{SO}(0,2\ell )$, groupe compact et connexe, sont déterminées par leur plus haut poids, que l’on peut voir comme un
$n$-uplet
$(\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell })$, où les
$\unicode[STIX]{x1D708}_{i}$ sont des entiers, avec
$\unicode[STIX]{x1D708}_{1}\geqslant \unicode[STIX]{x1D708}_{2}\geqslant \cdots \geqslant |\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell }|$. Si est une représentation irréductible de
$\mathbf{O}(0,2\ell )$, alors soit sa restriction à
$\mathbf{SO}(0,2\ell )$ est réductible, somme de deux représentations irréductibles de plus hauts poids respectifs
$(\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell })$ et
$(\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,-\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell })$, avec
$\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell }>0$, soit sa restriction à
$\mathbf{SO}(0,2\ell )$ est irréductible, de plus haut poids
$(\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell -1},\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell }=0)$. Dans le premier cas, on note
$[\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell }]_{+}$ cette représentation et, dans le second cas, il y a deux extensions possibles de la représentation de
$\mathbf{SO}(0,2\ell )$ à
$\mathbf{O}(0,2\ell )$, que l’on note
$[\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell }]_{+}$ et
$[\unicode[STIX]{x1D708}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D708}_{\ell }]_{-}$ (voir [Reference Kashiwara and VergneKV78] pour la façon de les distinguer). Le résultat suivant est dû à Kashiwara-Vergne [Reference Kashiwara and VergneKV78].
Théorème 3.5. Reprenons
$\unicode[STIX]{x1D707}=(m_{1},\ldots ,m_{n})$,
$u$ et
$v$ comme dans le théorème 3.1, et
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ le module unitaire holomorphe de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ correspondant.
(a) Supposons
$m_{n}>n$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est image par la correspondance de Howe pour la paire duale
$(\mathbf{O}(0,2n),\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R}))$ de la représentation
$[m_{1}-n,\ldots ,m_{n}-n]_{+}$ de
$\mathbf{O}(0,2n)$.(b) Supposons
$m_{n}=n-a$ avec
$0\leqslant a\leqslant u$ et posons
$\ell =m_{n}=n-a$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est image par la correspondance de Howe pour la paire duale
$(\mathbf{O}(0,2\ell ),\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R}))$ de la représentation
$[m_{1}-\ell ,\ldots ,m_{\ell }-\ell ]_{+}$ de
$\mathbf{O}(0,2\ell )$.(c) Supposons
$m_{n}=n-u-b$ avec
$2\leqslant 2b\leqslant v$ et posons
$\ell =m_{n}=n-u-b$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est image par la correspondance de Howe pour la paire duale
$(\mathbf{O}(0,2\ell ),\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R}))$ de la représentation
$[m_{1}-\ell ,\ldots ,m_{n-u-2b}-\ell ,0,\ldots ,0]_{-}$ de
$\mathbf{O}(0,2\ell )$ (il y a
$b$ zéros).(d) On suppose
$m_{n}=n-a$ avec
$a\geqslant 0$ ; de plus, on suppose
$m_{n}=n-a\geqslant n+1-u/2$, c’est-à-dire
$a\leqslant u/2-1$ (c’est donc un sous-cas de (b)), et l’on pose
$\ell =m_{n}-1$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est image de correspondance de Howe pour la paire duale
$(\mathbf{O}(0,2\ell ),\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R}))$ de la représentation notée
$[m_{1}-\ell ,\ldots ,m_{2\ell -n}-\ell ,0,\ldots ,0]_{-}$ de
$\mathbf{O}(0,2\ell )$ (il y a
$n-\ell$ zéros).
Remarque 3.6. Le cas (d) est un sous-cas de (b). Considérons les sous-cas suivants de (b) :
(b′)
$m_{n}=n-a=n-u$, c’est-à-dire
$a=u$ ;
(b′′)
$m_{n}=n-a$ avec
$(u-1)/2\leqslant a<u$. On a donc
$m_{n-a}=n-a$. Le cas (b) est alors la réunion disjointe des sous-cas (b′), (b′′) et (d).
4 Paramètres et paquets d’Arthur pour
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$
4.1 Paramètres et paquets d’Arthur
Soit
$G$ le groupe des points réels d’un groupe algébrique réductif connexe
$\mathbf{G}$ défini sur
$\mathbb{R}$. Rappelons qu’un paramètre d’Arthur (ou
$A$-paramètre) pour le groupe
$G$ est un morphisme
$\unicode[STIX]{x1D713}:W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})\rightarrow ^{L}G$, où
$W_{\mathbb{R}}$ est le groupe de Weil de
$\mathbb{R}$.
Soit donc
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un paramètre d’Arthur et notons
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ le groupe des composantes connexes du centralisateur de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ dans
$\widehat{G}$ (en réalité, il faut passer en général à un revêtement, cf. [Reference ArthurArt13, chapitre 9], mais cela est inutile dans le cas du groupe
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ qui va nous occuper ici). Arthur suggère qu’au paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est attaché une combinaison linéaire de représentations irréductibles de
$G$ à coefficients dans l’espace des fonctions sur le groupe
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ à valeurs complexes et invariantes par conjugaison. On note
$\unicode[STIX]{x1D70B}^{A}(\unicode[STIX]{x1D713})$ cette combinaison linéaire. Ces objets
$\unicode[STIX]{x1D70B}^{A}(\unicode[STIX]{x1D713})$ doivent être compatibles à l’endoscopie. Cela ne suffit pas à les définir dans le cas quasi déployé. Pour compléter la définition dans ce cas et pour les groupes classiques, Arthur ajoute la compatibilité à l’endoscopie tordue, et cela suffit alors. Limitons-nous dans ce qui suit aux cas des groupes classiques. Le groupe
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ est alors abélien (c’est même un 2-groupe), les fonctions invariantes par conjugaison sur ce groupe sont donc des combinaisons linéaires à coefficients complexes de caractères de ce groupe et
$\unicode[STIX]{x1D70B}^{A}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est donc une combinaison linéaire à coefficients complexes de représentations irréductibles de
$G\times A(\unicode[STIX]{x1D713})$.
Quand le groupe classique est quasi déployé, Arthur montre dans [Reference ArthurArt13] que cette combinaison linéaire est en réalité à coefficients dans les entiers positifs, et
$\unicode[STIX]{x1D70B}^{A}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est donc une représentation semi-simple (par construction). Il montre même plus : c’est une représentation unitaire de
$G\times A(\unicode[STIX]{x1D713})$. On peut décomposer cette représentation unitaire de
$G\times A(\unicode[STIX]{x1D713})$ en l’écrivant comme somme de produits tensoriels extérieurs de représentations irréductibles unitaires de
$G$ avec des représentations de dimension finie du groupe
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$. Si l’on note
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ l’ensemble des représentations irréductibles unitaires de
$G$ qui interviennent dans cette décomposition, on a
L’ensemble
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est le paquet d’Arthur attaché au paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ et la dimension de la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ est la multiplicité de
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ dans le paquet. Pour les groupes classiques, on conjecture que cette multiplicité est 1, et cela est démontré pour certaines familles de paramètres (voir [Reference Mœglin and RenardMRb] pour une discussion détaillée).
Prenons maintenant
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. Les problèmes qui nous occupent dans cet article sont :
– déterminer les couples
$(\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707}),\unicode[STIX]{x1D713})$, où
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est un module holomorphe unitaire comme dans le théorème 3.1 et
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre, tels que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ ;– montrer la propriété de multiplicité
$1$, à savoir que la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ est de dimension 1 ;– calculer ce caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$.
Remarquons que les
$\unicode[STIX]{x1D70B}^{A}(\unicode[STIX]{x1D713})$ dépendent du choix des facteurs de transfert géométrique et, en suivant Kottwitz et Shelstad, les facteurs de transfert sont normalisés par des choix de données de Whittaker. Cela est l’objet de la section suivante.
4.2 Donnée de Whittaker
Rappelons qu’une donnée de Whittaker d’un groupe quasi deployé
$\mathbf{G}$ est un couple
$(N,\unicode[STIX]{x1D712}_{N})$, où
$N=\mathbf{N}(\mathbb{R})$ est le groupe des points réels du radical unipotent d’un sous-groupe de Borel
$\mathbf{B}$ de
$\mathbf{G}$ défini sur
$\mathbb{R}$ et d’un caractère non dégénéré
$\unicode[STIX]{x1D712}_{N}$ de
$N$ (voir [Reference Adams, Barbasch and VoganABV92, chapter 3]).
Pour cela, on considère la réalisation standard de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ et l’épinglage standard
$\mathbf{spl}_{\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})}=(\mathbf{B}_{d},\mathbf{T}_{d},\{{X_{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\}}_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}})$. En particulier, on a un sous-groupe de Borel
$B_{d}=\mathbf{B}_{d}(\mathbb{R})$ de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, son radical unipotent
$N$, son algèbre de Lie
$\mathfrak{n}$ et une base
$(X_{\unicode[STIX]{x1D6FC}})_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}}$ de
$\mathfrak{n}/[\mathfrak{n},\mathfrak{n}]$ donnée par les vecteurs radiciels pour les racines simples venant de l’épinglage. Pour avoir une donnée de Whittaker, il suffit alors de choisir un caractère unitaire additif non trivial
$\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R}}$ de
$\mathbb{R}$, et l’on définit un caractère unitaire non dégénéré
$\unicode[STIX]{x1D712}_{N}$ de
$N$ par
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D712}_{N}\left(\exp \left(\mathop{\sum }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in R(B,T)}x_{\unicode[STIX]{x1D6FC}}X_{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\right)\right)=\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R}}\left(\mathop{\sum }_{\unicode[STIX]{x1D6FC}\in \unicode[STIX]{x1D6E5}}x_{\unicode[STIX]{x1D6FC}}\right).\end{eqnarray}$$On pose
C’est un caractère unitaire additif de
$\mathbb{R}$ et
$\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R},-1}=\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R},1}^{-1}$. On note
$\text{Wh}_{\pm 1}$ la classe de conjugaison de la donnée de Whittaker
$(N,\unicode[STIX]{x1D712}_{N})$ définie comme ci-dessus avec
$\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R}}=\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R},\pm 1}$.
Il y a deux classes de conjugaison de données de Whittaker pour le groupe
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, qui sont
$\text{Wh}_{\pm 1}$.
Pour un groupe
$\mathbf{G}$ défini sur
$\mathbb{R}$ et quasi déployé admettant des séries discrètes, les classes de conjugaison de données de Whittaker sont en bijection avec les classes de conjugaison de paires de Borel fondamentales de type Whittaker
$(\mathbf{B},\mathbf{T})$. Rappelons que cela signifie que
$\mathbf{T}$ est un tore maximal de
$\mathbf{G}$ défini sur
$\mathbb{R}$ tel que
$T=\mathbf{T}(\mathbb{R})$ soit compact, et
$\mathbf{B}$ un sous-groupe de Borel contenant
$\mathbf{T}$. La paire de Borel
$(\mathbf{B},\mathbf{T})$ est alors fondamentale et une telle paire détermine par la paramétrisation d’Harish-Chandra une unique série discrète
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{(\mathbf{B},\mathbf{T})}$ de
$G$ de même caractère infinitésimal que la représentation triviale. De plus, la condition « être de type Whittaker » signifie que les racines simples de
$\mathbf{T}$ dans
$\mathbf{B}$ sont toutes imaginaires non compactes et la série discrète
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{(\mathbf{B},\mathbf{T})}$ est alors générique. Elle admet donc un modèle de Whittaker pour une certaine donnée de Whittaker, et cela réalise la bijection. Dans [Reference Mœglin and RenardMRb], nous avons utilisé cela pour fixer les données de Whittaker sur les groupes classiques, sans rendre cette bijection explicite. Nous le faisons maintenant ici pour les groupes symplectiques.
Dans l’article, nous avons fixé un sous-groupe de Cartan compact
$T$ de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ et le système de racines
$\unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{t},\mathfrak{g})=\{\pm e_{i}\pm e_{j},1\leqslant i<j\leqslant n,\pm 2e_{i},1\leqslant i\leqslant n\}$.
Il y a deux classes de conjugaison de paires de Borel fondamentales de type Whittaker dans
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, admettant comme représentants
$(\mathbf{B}_{\pm },\mathbf{T})$, où le sous-groupe de Borel
$\mathbf{B}_{+}$ est celui dont les racines simples sont
$\{e_{1}+e_{2},-(e_{2}+e_{3}),(-1)^{n}(e_{n-1}+e_{n}),(-1)^{n-1}2e_{n}\}$ et
$\mathbf{B}_{-}$ est celui dont les racines simples sont les opposées de celles-là.
Proposition 4.1. La série discrète générique
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{(\mathbf{B}_{+},\mathbf{T})}$ de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ admet un modèle de Whittaker pour la donnée
$Wh_{1}$ de ce groupe. La bijection entre classes de conjugaison de données de Whittaker et classes de conjugaison de paires fondamentales de type Whittaker est donc
Démonstration.
Pour
$n=1$, c’est un calcul de Wallach [Reference WallachWal03] et pour
$n=2$, d’Oda [Reference OdaOda94]. Esquissons un argument pour se ramener à l’un de ces deux cas, suivant la parité de
$n$. Nous laissons les détails au lecteur. Supposons
$n=2r+1$ impair. Un paramètre d’Harish-Chandra
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D706}}$ pour la série discrète générique est un élément entier régulier de
$\mathfrak{t}^{\ast }$, positif pour les racines simples de
$\mathbf{B}_{+}$, c’est-à-dire
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D706}}=(\unicode[STIX]{x1D706}_{1},-\unicode[STIX]{x1D706}_{2},\unicode[STIX]{x1D706}_{3},\ldots ,-\unicode[STIX]{x1D706}_{2r},\unicode[STIX]{x1D706}_{2r+1})$ avec
$\unicode[STIX]{x1D706}_{1}>\unicode[STIX]{x1D706}_{2}>\cdots >\unicode[STIX]{x1D706}_{2r+1}>0$. Faisons dégénérer ce paramètre en un paramètre de limite de séries discrètes en prenant
$\unicode[STIX]{x1D706}_{1}=\unicode[STIX]{x1D706}_{2}>\unicode[STIX]{x1D706}_{3}=\unicode[STIX]{x1D706}_{4}>\cdots >\unicode[STIX]{x1D706}_{2r-1}=\unicode[STIX]{x1D706}_{2r}>\unicode[STIX]{x1D706}_{2r+1}$. Les racines simples s’annulant sur ce paramètre étant imaginaires non compactes, il y a bien une limite de séries discrètes génériques
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D706}})$ associée à ce paramètre. Considérons un sous-groupe de Cartan de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ isomorphe à
$(\mathbb{C}^{\times })^{r}\times \mathbf{U}(1)$. Sur le
$i$-ème facteur
$\mathbb{C}^{\times }$, considérons le caractère de différentielle
$(\unicode[STIX]{x1D706}_{2i-1},\unicode[STIX]{x1D706}_{2i})$. Sur le facteur
$\mathbf{U}(1)$, on considère le caractère de différentielle
$\unicode[STIX]{x1D706}_{2r+1}$. Induisons cohomologiquement le produit de ces caractères vers le groupe
$\mathbf{GL}_{2}(\mathbb{R})^{r}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{R})$, avec la version des foncteurs d’induction cohomologique préservant le caractère infinitésimal. On obtient une représentation tempérée de
$\mathbf{GL}_{2}(\mathbb{R})^{r}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{R})$ que l’on induit paraboliquement vers
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. On obtient donc une représentation standard de ce groupe admettant une fonctionnelle de Whittaker unique à un scalaire près pour la donnée compatible avec celle de
$\mathbf{SL}_{2}(\mathbb{R})$, c’est-à-dire, comme
$\unicode[STIX]{x1D706}_{2r+1}>0$, la donnée
$\text{Wh}_{1}$ d’après le calcul de Wallach. Or, d’après les résultats du chapitre 11 de [Reference Kashiwara and VergneKV78] (voir [Reference MatumotoMat04], Theorem 2.2.3 pour une référence commode), on peut obtenir cette représentation standard en partant du même caractère de
$(\mathbb{C}^{\times })^{r}\times \mathbf{U}(1)$ et en appliquant d’abord une induction parabolique vers
$\mathbf{U}(1,1)^{r}\times \mathbf{U}(1)$, puis une induction cohomologique (dans le good range) vers
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. Sur chaque facteur
$\mathbf{U}(1,1)$, on obtient une série principale qui est somme de deux limites de séries discrètes et qui s’écrivent respectivement comme induite cohomologique de
$\mathbf{U}(1,0)\times \mathbf{U}(0,1)$ ou
$\mathbf{U}(0,1)\times \mathbf{U}(1,0)$ vers
$\mathbf{U}(1,1)$. Par transitivité de l’induction cohomologique, on voit que tous les facteurs de composition de la représentation standard obtenue sont des limites de séries discrètes, dont une seule est générique, celle qui correspond au choix de
$\mathbf{U}(1,0)\times \mathbf{U}(0,1)$ pour chaque facteur
$\mathbf{U}(1,1)$, et c’est
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D706}})$. Cela montre que la donnée de Whittaker attachée à
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D706}})$ et donc à
$\mathbf{B}_{+}$ est bien
$\text{Wh}_{1}$. Dans le cas où
$n$ est pair, on suit le même raisonnement pour se ramener à
$\mathbf{Sp}(4,\mathbb{R})$ et au résultat d’Oda.◻
Remarque 4.2. La donnée de Whittaker utilisée dans [Reference Mœglin and RenardMRb, section 9.2] est
$\text{Wh}_{1}$ pour tous les groupes symplectiques. Cela sera utilisé dans les propositions 18.3 et 18.5.
4.3 Décomposition des
$A$-paramètres pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$
On compose un
$A$-paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ comme ci-dessus pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ avec la représentation standard de
$^{L}G=\mathbf{SO}(2n+1,\mathbb{C})$ dans
$\mathbf{GL}(2n+1,\mathbb{C})$ et l’on note encore
$\unicode[STIX]{x1D713}$ le morphisme obtenu, que l’on voit comme une représentation de
$W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$. Cette représentation est complètement réductible. Pour tout
$a\in \mathbb{N}^{\times }$, notons
$R[a]$ la représentation algébrique de
$\mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ de dimension
$a$ et, pour tout
$t\in \mathbb{N}^{\times }$, notons
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t}$ la représentation irréductible de
$W_{\mathbb{R}}$ de dimension
$2$ qui est le paramètre de Langlands de la série discrète de
$\mathbf{GL}_{2}(\mathbb{R})$ de caractère infinitésimal
$(t/2,-t/2)$ (elle est notée
$V(0,t)$ dans [Reference Mœglin and RenardMRb]). La forme générale de la décomposition de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ en irréductibles est écrite dans [Reference Mœglin and RenardMRb, Section 4.1]. Ici, on ne considère que des paquets ayant des caractères infinitésimaux entiers, et ceux-là se décomposent de la manière suivante :
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \unicode[STIX]{x1D713}_{d}=\left(\mathop{\bigoplus }_{i=1}^{r}\unicode[STIX]{x1D702}_{i}\boxtimes R[a_{i}^{\prime }]\right)\oplus \left(\mathop{\bigoplus }_{j=1}^{s}\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}]\right).\end{eqnarray}$$ Dans la première somme qui constitue la partie unipotente
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ du paramètre,
$\unicode[STIX]{x1D702}_{i}$ désigne un caractère quadratique de
$W_{\mathbb{R}}$ (le caractère trivial que nous notons
$1_{W_{\mathbb{R}}}$ ou le caractère signe que nous notons
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}$) et les
$a_{i}^{\prime }$ sont impairs. Dans la seconde somme, qui constitue la partie discrète
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}$ du paramètre, les
$t_{j}$ sont dans
$\mathbb{N}\setminus \{0\}$ et
$t_{j}+a_{j}$ est impair. On a de plus
Le caractère infinitésimal (cf. convention 2.3) des éléments de
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est obtenu en rangeant dans l’ordre décroissant les éléments des ensembles (avec multiplicités) d’entiers
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & \displaystyle \left\{\frac{a_{i}^{\prime }-1}{2},\frac{a_{i}^{\prime }-3}{2},\ldots ,-\frac{a_{i}^{\prime }-1}{2}\right\}_{i}, & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \displaystyle \left\{\frac{t_{j}+a_{j}-1}{2},\frac{t_{j}+a_{j}-3}{2},\ldots ,\frac{t_{j}-a_{j}+1}{2}\right\}_{j}, & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \displaystyle \left\{\frac{-t_{j}+a_{j}-1}{2},\frac{-t_{j}+a_{j}-3}{2},\ldots ,\frac{-t_{j}-a_{j}+1}{2}\right\}_{j}. & \displaystyle \nonumber\end{eqnarray}$$Lemme 4.3. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ qui se décompose comme en (11). Supposons que le caractère infinitésimal du
$A$-paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ soit celui d’un module unitaire de plus haut poids
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ du théorème 3.1. Alors :
(i) la longueur de
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ comme représentation de
$W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ est
$1$ ou
$3$, et si elle est de longueur
$3$, l’une des composantes est de dimension
$1$;(ii) s’il existe un indice
$j\in \{1,\ldots ,s\}$ tel que
$t_{j}-a_{j}+1\leqslant 0$, alors il est unique et
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est irréductible, et même de dimension
$1$ si
$t_{j}-a_{j}+1<0$.
Démonstration.
La formule (4.3) montre que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est non nul pour une question de parité, et donc de longueur au moins égale à 1. Nous avons vu dans la remarque 3.2 que le caractère infinitésimal est donné par les entiers
$m_{1}-1,m_{2}-2,\ldots ,m_{n}-n$ de leurs opposés et de 0. En particulier, 0 apparaît avec une multiplicité 1 ou 3, et la longueur de
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est donc au plus 3. Mais elle ne peut être 2 car la contribution de la partie discrète à la multiplicité de 0 dans le caractère infinitésimal est paire (cette contribution provient des indices
$j$ dans la partie discrète tels que
$t_{j}-a_{j}+1\leqslant 0$, ce qui au passage prouve la première assertion de (ii)). D’autre part, la multiplicité des entiers non nuls dans le caractère infinitésimal est paire. Si
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est de longueur 3 et si les trois composantes ont une dimension strictement supérieure à 1, alors 1 doit apparaître avec une multiplicité au moins égale à 3, ce qui n’est pas vrai. Ainsi si
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est de longueur 3, l’une des composantes est de dimension 1. Pour la seconde assertion de (ii), l’ argument est le même, la multiplicité de 1 est au moins égale à 3 si
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}>1$ et s’il existe un indice
$j$ tel que
$t_{j}-a_{j}+1<0$, ce qui n’est pas possible.◻
Définition 4.4. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un A-paramètre pour le groupe
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, avec
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \unicode[STIX]{x1D713}_{d}=\left(\mathop{\bigoplus }_{i=1}^{r}\unicode[STIX]{x1D702}_{i}\boxtimes R[a_{i}^{\prime }]\right)\oplus \left(\mathop{\bigoplus }_{j=1}^{s}\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}]\right).\end{eqnarray}$$On définit alors :
et
Ainsi
$a(\unicode[STIX]{x1D713})$ (resp.
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$) est la plus grande dimension d’une représentation de
$\mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ intervenant dans le paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ (resp. dans la partie unipotente
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$).
Ces entiers associés au paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ vont jouer un grand rôle dans la suite.
Convention 4.5. (Pour l’ordre des indices dans la partie discrète.)
Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre pour
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ comme en (11). On range les indices de la partie discrète de telle sorte que la suite
$(t_{j})_{j=1,\ldots ,s}$ soit décroissante, et si
$t_{j}=t_{j+1}$, alors
$a_{j}\geqslant a_{j+1}$.
4.4 Description des paquets d’Arthur pour
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ d’après [Reference Mœglin and RenardMRb]
Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, que l’on écrit comme dans (11). Dans [Reference Mœglin and RenardMRb], les représentations dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ sont décrites comme les composantes irréductibles de représentations obtenues par induction cohomologique à partir de représentations unipotentes de
$c$-Levi
$L$ de
$G$. Rappelons brièvement ceci. En général, il n’est pas vrai que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est un
$A$-paramètre pour le groupe
$G_{u}=\mathbf{Sp}(2n_{u},\mathbb{R})$ où
$n_{u}=(\dim \unicode[STIX]{x1D713}_{u}-1)/2$. En effet, ce paramètre est à valeur dans
$\mathbf{O}(2n_{u}+1)$ et non nécessairement dans
$\mathbf{SO}(2n_{u}+1)$. Il faut donc le corriger par le caractère
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{d})/2}$. Alors
est un
$A$-paramètre pour
$G_{u}=\mathbf{Sp}(2n_{u},\mathbb{R})$. On a donc un paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}^{\prime })$ associé, et l’on sait qu’il est constitué de représentations faiblement unipotentes de
$G_{u}$ au sens de [Reference Knapp and VoganKV95] et que leur multiplicité dans le paquet est 1 (voir [Reference MœglinMœg17] et [Reference Mœglin and RenardMRa]).
D’autre part, pour tout
$j$ indexant un terme de la partie discrète
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}$ de
$\unicode[STIX]{x1D713}$, donnons-nous un entier
$c_{j}$ entre 0 et
$a_{j}$, et notons
l’ensemble des familles d’entiers ainsi obtenues. Chaque
$\text{}\underline{c}\in \mathscr{C}$ détermine à conjugaison près une paire
$(L_{\text{}\underline{c}},\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}})$ où
$L_{\text{}\underline{c}}$ est un
$c$-Levi de
$G$, isomorphe à
et
$\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}}$ une sous-algèbre parabolique
$\unicode[STIX]{x1D703}$-stable de
$\mathfrak{g}$. Cela est clair par une récurrence immédiate vu la description des paires paraboliques maximales en (2).
Les représentations du paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ sont alors les composantes irréductibles des induites cohomologiques
où
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{u}$ est une représentation unipotente dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}^{\prime })$ et
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ un caractère du groupe
$\times _{j=1}^{s}\mathbf{U}(c_{j},a_{j}-c_{j})$ uniquement déterminé par son caractère infinitésimal, et que l’on calcule aisément à partir des formules (4) et (5) par récurrence. La condition pour que l’induction parabolique soit dans le weakly fair range est
$t_{1}\geqslant t_{2}\geqslant \cdots \geqslant t_{s}$, ce que l’on a supposé.
5 Paramètres unipotents
On considère un
$A$-paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ unipotent pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, c’est-à-dire
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$, ayant le caractère infinitésimal d’un module holomorphe unitaire de
$G$. D’après le lemme 4.3, la longueur de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ comme représentation de
$W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ est 1 ou 3. Si cette longueur est 1, c’est-à-dire si
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est irréductible, on a
et il est bien connu que le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est réduit à la représentation triviale de
$G$. La représentation triviale est bien sûr un module unitaire holomorphe, avec les notations du théorème 3.1 : c’est le module
$\unicode[STIX]{x1D70B}(0,\ldots 0)$.
Supposons donc maintenant que la longueur de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est 3. On a alors
avec
$a$ et
$b$ impairs,
$a+b=2n$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}\unicode[STIX]{x1D702}_{2}\unicode[STIX]{x1D702}_{3}=1_{W_{\mathbb{R}}}$. On suppose que
$a\geqslant b\geqslant 1$ et donc en particulier
$b\leqslant n$. D’autre part, on suppose que
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}=\unicode[STIX]{x1D702}_{2}\unicode[STIX]{x1D702}_{3}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(b+1)/2}$, c’est-à-dire :
Soit
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ un module holomorphe unitaire comme dans le théorème 3.1 et supposons que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ soit l’image par la correspondance de Howe d’une représentation de dimension finie du groupe compact
$\mathbf{O}(0,b+1)$ dont les composantes de la restriction à
$\mathbf{SO}(0,b+1)$ sont contenues dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ où
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }=\unicode[STIX]{x1D702}_{2}\boxtimes R[b]\oplus \unicode[STIX]{x1D702}_{3}\boxtimes R[1]$ (
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ est bien un paramètre pour ce groupe, grâce à la condition
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}\unicode[STIX]{x1D702}_{3}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(b+1)/2}$, car
$\mathbf{SO}(0,b+1)$ est la forme intérieure du groupe déployé
$\mathbf{SO}((b+1)/2,(b+1)/2)$ si
$(b+1)/2$ est pair, et du groupe quasi déployé non déployé
$\mathbf{SO}((b+1)/2-1,(b+1)/2+1)$ si
$(b+1)/2$ est impair).
Le caractère infinitésimal de cette représentation de dimension finie est
$((b-1)/2,(b-3)/2,\ldots ,0)$. C’est donc soit la représentation tri-viale
$\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(0,b+1)}$, soit le caractère quadratique de
$\mathbf{O}(0,b+1)$ donné par le déterminant (et que nous notons simplement
$\det _{\mathbf{O}(0,b+1)}$). D’après le théorème 3.5, par inspection, on est dans l’un des cas suivants. Soit
$\unicode[STIX]{x1D707}=((b+1)/2,\ldots ,(b+1)/2)$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est l’image par la correspondance de Howe de
$\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(0,b+1)}$, soit
$\unicode[STIX]{x1D707}=(\underbrace{(b+3)/2,\ldots ,(b+3)/2}_{b+1},\underbrace{(b+1)/2,\ldots ,(b+1)/2}_{n-b-1})$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est l’image par la correspondance de Howe de
$\det _{\mathbf{O}(0,b+1)}$, et cela nécessite
$n\geqslant b+1$. Dans ce cas, notons cette représentation
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,(b+1)/2}=\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707}),\quad \text{où}~\unicode[STIX]{x1D707}=\left(\underbrace{\frac{b+3}{2},\ldots ,\frac{b+3}{2}}_{b+1},\underbrace{\frac{b+1}{2},\ldots ,\frac{b+1}{2}}_{n-b-1}\right).\end{eqnarray}$$Théorème 5.1. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre unipotent pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$.
— Si
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est irréductible, c’est-à-dire si
$\unicode[STIX]{x1D713}=1_{W_{\mathbb{R}}}\boxtimes R[n]$, alors le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est constitué de la représentation triviale de
$G$.— Si
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est de longueur
$3$, on suppose que
$\unicode[STIX]{x1D713}$ s’écrit : (16)avec
$$\begin{eqnarray}\displaystyle \qquad \unicode[STIX]{x1D713} & = & \displaystyle (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(b+1)/2}\boxtimes R[a])\oplus (\unicode[STIX]{x1D702}_{3}\,\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(b+1)/2}\boxtimes R[b])\oplus (\unicode[STIX]{x1D702}_{3}\boxtimes R[1])\nonumber\\ \displaystyle & = & \displaystyle (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(b+1)/2}\boxtimes R[a])\oplus \unicode[STIX]{x1D713}^{\prime },\end{eqnarray}$$
$a\geqslant b\geqslant 1$. Soit
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ un module unitaire holomorphe comme dans le théorème 3.5. On suppose d’autre part que
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }=(\unicode[STIX]{x1D702}_{3}\,\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(b+1)/2}\boxtimes R[b])\oplus (\unicode[STIX]{x1D702}_{3}\boxtimes R[1])$ est un
$A$-paramètre pour
$\mathbf{O}(0,b+1)$ tel que le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ contienne une représentation de dimension finie
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ et que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ soit l’image par la correspondance de Howe pour la paire
$(\mathbf{O}(0,b+1),\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R}))$ de cette représentation
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$. Alors soit
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ est la répresentation triviale de
$\mathbf{O}(0,b+1)$, et alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}((b+1)/2)$, soit
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ est le déterminant de
$\mathbf{O}(0,b+1)$, et alors
$b+1\leqslant n$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})=\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,(b+1)/2}$ (cf. notation 3.3 et (15)). De plus,
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$.
Nous avons déjà démontré les premières assertions avant l’énoncé du théorème. Il reste à voir dans le deuxième cas que
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$. Nous démontrerons un résultat plus général plus loin, le théorème 16.4, et nous renvoyons le lecteur à sa démonstration.
6 Cas du caractère infinitésimal régulier
Soit
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D712}}=(\unicode[STIX]{x1D712}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D712}_{n})\in \mathfrak{t}^{\ast }$ définissant un caractère infinitésimal régulier de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, c’est-à-dire que la suite
$\unicode[STIX]{x1D708}_{1}\geqslant \unicode[STIX]{x1D708}_{2}\geqslant \cdots \geqslant \unicode[STIX]{x1D708}_{2n+1}$ formée avec les entiers
$\unicode[STIX]{x1D712}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D712}_{n}$, leurs opposés et
$0$ est sans multiplicité. On peut supposer que
$\unicode[STIX]{x1D712}_{1}>\unicode[STIX]{x1D712}_{2}>\cdots >\unicode[STIX]{x1D712}_{n}>0$.
On suppose qu’il existe des modules unitaires holomorphes dont le caractère infinitésimal est
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D712}}\in \mathfrak{t}^{\ast }$. Comme dans la section 3.1, notons
$\unicode[STIX]{x1D707}^{\ast }=(-m_{n}\geqslant -m_{n-1}\geqslant \cdots \geqslant -m_{1})$ le plus haut poids d’un tel module. Alors
$(m_{1}-1,m_{2}-2,\ldots ,m_{n}-n)$ définit le même caractère infinitésimal que
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D712}}$.
On est alors nécessairement dans le cas (a) ou (b)′ du théorème 3.5 et de la remarque 3.6. De plus, dans le cas (b′), en posant
$\ell =m_{n}$, on a
$m_{\ell }-\ell >a=n-\ell$i.e.
$m_{\ell }>n$ ; en particulier,
$m_{\ell }>m_{n}=\ell$ et
$a=u$. Dans le cas (a), on pose
$a=0$. Le caractère infinitésimal étant fixé, le module unitaire holomorphe en question est entièrement déterminé par l’entier
$a$ (ou, de manière équivalente, l’entier
$\ell$ avec
$\ell =n-a$) et on le note
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{a}$, où l’entier
$a$ varie de 0 à
$a_{\text{max}}$, qui est obtenu comme suit : si
$\unicode[STIX]{x1D712}_{1}\neq 1$, on pose
$a_{\text{max}}=0$, et si
$\unicode[STIX]{x1D712}_{1}=1$, soit
$a_{\text{max}}$ l’entier strictement positif tel que
$a_{\text{max}}\leqslant n$,
$(\unicode[STIX]{x1D712}_{n-a_{\text{max}}+1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D712}_{n})=(a_{\text{max}},a_{max-1},\ldots ,1)$ et si
$a_{\text{max}}\neq n$,
$\unicode[STIX]{x1D712}_{n-a_{\text{max}}}>a_{\text{max}}+1$.
Le module unitaire
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{a}$ est le plus haut poids
$\unicode[STIX]{x1D707}_{a}=(-m_{n},\ldots ,-m_{1})$, avec
$(m_{1},m_{2},\ldots ,m_{n})=(m_{1},\ldots ,m_{\ell },\ell ,\ldots ,\ell )$ et
$(\unicode[STIX]{x1D712}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D712}_{n})=(m_{1}-1,\ldots ,m_{\ell }-\ell ,a,a-1,\ldots ,1)$. Reprenons les notations de la section 2. Notons
$L$ le
$c$-Levi de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ avec
On a alors
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D70C}=(-1,-2,\ldots ,-n),\qquad \unicode[STIX]{x1D70C}(\mathfrak{k})=\left(\frac{n-1}{2},\ldots ,-\frac{n-1}{2}\right), & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \unicode[STIX]{x1D70C}(\mathfrak{u})=(0,\ldots ,0,-n+\ell -1,\ldots ,-n), & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D70C}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})=\left(-\frac{\ell }{2},\ldots ,-\frac{\ell }{2},-\frac{n+1}{2},\ldots ,-\frac{n+1}{2}\right). & \displaystyle \nonumber\end{eqnarray}$$ On définit un caractère unitaire
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ de
$L$ en donnant sa différentielle, qui le détermine car
$L$ est connexe :
Remarquons que l’on a bien
$\unicode[STIX]{x1D706}+\unicode[STIX]{x1D70C}=(-1,-2,\ldots ,-a,-m_{\ell }+n+1-(n-l+1),\ldots ,-m_{1}+n+1-n)=(-1,-2,\ldots ,-a,-m_{\ell }+\ell ,\ldots ,-m_{1}+1)$.
Proposition 6.1. On a
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{a}=A_{\mathfrak{q}}(\unicode[STIX]{x1D706})$.
Démonstration.
C’est une conséquence directe de [Reference Vogan and ZuckermanVZ84, Proposition 6.1]. ◻
Considérons maintenant un paramètre d’Arthur
de caractère infinitésimal
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D712}}$, que l’on décompose en somme directe de représentations irréductibles de
$W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ :
Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ la partie unipotente de
$\unicode[STIX]{x1D713}$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est irréductible, c’est-à-dire que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est l’un des
$\unicode[STIX]{x1D713}_{i}$ (cela à cause de l’hypothèse de régularité de
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D712}}$). De plus,
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est de la forme
où
$\unicode[STIX]{x1D716}$ est un caractère quadratique de
$W_{\mathbb{R}}$ et
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$ un entier.
Théorème 6.2. La représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{a}$ est dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ si et seulement si
$a=a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$.
Démonstration.
Les paquets d’Arthur de caractère infinitésimal entier régulier
$\text{}\underline{\unicode[STIX]{x1D712}}$ sont des paquets d’Adams-Johnson [Reference Adams and JohnsonAJ87, Reference Arancibia, Mœglin and RenardAMR], que l’on connaît exactement.◻
7 Le cas où le plus haut poids est scalaire
Soit
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ un module unitaire holomorphe comme dans le théorème 3.1 et, dans cette section, on suppose que le poids
$\unicode[STIX]{x1D707}=(m_{1}\geqslant m_{2}\geqslant \cdots \geqslant m_{n})$ est de la forme
$\unicode[STIX]{x1D707}=(m,\ldots ,m)$, avec
$0\leqslant m\leqslant n$ (dans le cas
$m>n$,
$\unicode[STIX]{x1D70B}(\unicode[STIX]{x1D707})$ est une série discrète holomorphe et les paquets d’Arthur la contenant sont des paquets d’Adams-Johnson décrits dans [Reference Arancibia, Mœglin and RenardAMR]). Rappelons que nous avons noté cette représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ ou simplement
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$. Avec les notations du théorème 3.1 et du théorème 3.5, on a donc
$u=n$ et l’on est dans l’un des cas (b′′) ou (d) de la remarque 3.6.
Si
$m\leqslant (n+1)/2$, on est dans le cas (b′′), et
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est image par la correspondance de Howe de la représentation triviale de
$\mathbf{O}(0,2m)$. Si
$m\geqslant \frac{n}{2}+1$, c’est-à-dire
$2(m-1)\geqslant n$, on est dans le cas (d). C’est un sous-cas de (b) et donc, comme ci-dessus,
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est image par la correspondance de Howe de la représentation triviale de
$\mathbf{O}(0,2m)$. Mais c’est aussi l’image par la correspondance de Howe de la représentation
$[1,\ldots ,1,0,\ldots ,0]_{-}$ de
$\mathbf{O}(0,2(m-1))$, où il y a
$2(m-1)-n$ fois 0 et
$n-(m-1)$ fois 1.
Énonçons notre résultat pour les modules holomorphes de plus haut poids scalaire
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$.
Théorème 7.1. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre pour le groupe
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ se décomposant en
où
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est la partie unipotente de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ et
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}$ sa partie discrète. Soit
$m$ un entier, avec
$0\leqslant m\leqslant n$. On suppose que le caractère infinitésimal associé à ce paramètre est celui de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$, c’est-à-dire constitué des entiers
$m-1,m-2,\ldots ,m-n$, de leurs opposés et de
$0$ (cf. convention 2.3). Alors le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ si et seulement si l’on est dans l’un des cas suivants :
(i)
$\dim \unicode[STIX]{x1D713}_{u}=1$,
$2m>n+1$ et, quels que soient
$i<j$ entre
$1$ et
$s$, (17)
$$\begin{eqnarray}\left[\frac{t_{i}-a_{i}+1}{2},\frac{t_{i}+a_{i}-1}{2}\right]\cap \left[\frac{t_{j}-a_{j}+1}{2},\frac{t_{j}+a_{j}-1}{2}\right]=\emptyset \,;\end{eqnarray}$$(ii)
$\unicode[STIX]{x1D713}$ s’écrit où
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D713}=(\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))/2})\boxtimes R[a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})]\oplus \unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }\end{eqnarray}$$
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ est un
$A$-paramètre pour le groupe
$\mathbf{O}(2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$ tel que le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ contienne une représentation de dimension finie
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ soit image de
$E_{\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }}$ par la correspondance de Howe.
Dans ces deux cas, la multiplicité de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est
$1$.
Nous allons compléter ce résultat par le suivant.
Théorème 7.2. Supposons que le couple
$(\unicode[STIX]{x1D713},m)$ vérifie les hypothèses de
$\text{(i)}$. Alors avec les notations de la section 4.4,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est égale à l’induite cohomologique
${\mathcal{R}}_{L_{\text{}\underline{c}},\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}}}^{S}(\unicode[STIX]{x1D6EC})$ obtenue en partant d’une paire
$(\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}},L_{\text{}\underline{c}})$, où
$\text{}\underline{c}=(0,\ldots ,0)$, de sorte que
$\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}}$ est holomorphe (cf. définition 2.1),
$L_{\text{}\underline{c}}$ isomorphe à
$\times _{j=1}^{k}\mathbf{U}(0,a_{j})$ (cf. (12) et (13)) et
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ est le produit tensoriel de caractères
$\unicode[STIX]{x1D6EC}_{j}$ du facteur isomorphe à
$\mathbf{U}(0,a_{j})$ de différentielle
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D706}_{j}=\left(\underbrace{n-\mathop{\sum }_{k<j}a_{k}-\frac{t_{j}-a_{j}+1}{2},\ldots ,n-\mathop{\sum }_{k<j}a_{k}-\frac{t_{j}-a_{j}+1}{2}}_{a_{j}}\right).\end{eqnarray}$$(L’induction cohomologique a lieu dans le weakly fair range. Ici, en plus de l’unitarité de l’induite, on a aussi son irréductibilité.)
Supposons que le couple
$(\unicode[STIX]{x1D713},m)$ vérifie les hypothèses de
$\text{(ii)}$. Alors
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$ ou bien
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+3$, cette dernière possibilité ne pouvant avoir lieu que si
$2m\geqslant n+2$. Si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$ (resp.
$2(n-m)+3$), alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est l’image par la correspondance de Howe de la représentation triviale (resp. de la représentation de dimension finie
$[\underbrace{1,\ldots ,1}_{2(m-1)-n},\underbrace{0,\ldots ,0}_{n-(m-1)}]_{-}$) de
$\mathbf{O}(0,2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))=\mathbf{O}(0,2m)$ (resp. de
$\mathbf{O}(0,2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))=\mathbf{O}(0,2(m-1))$). De plus,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est égale à l’induite cohomologique
${\mathcal{R}}_{L_{\text{}\underline{c}},\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}}}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70C}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$ obtenue en partant d’une paire
$(\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}},L_{\text{}\underline{c}})$, où
$\text{}\underline{c}=(0,\ldots ,0)$, de sorte que
$\mathfrak{q}_{\text{}\underline{c}}$ est holomorphe (cf. définition 2.1),
$L_{\text{}\underline{c}}$ isomorphe à
$\mathbf{Sp}(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1,\mathbb{R})\times (\times _{j=1}^{k}\mathbf{U}(0,a_{j}))$ (cf. (12) et (13)) et
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ est le produit tensoriel de caractères
$\unicode[STIX]{x1D6EC}_{j}$ de
$\mathbf{U}(0,a_{j})$ de différentielle comme en (18). D’autre part, la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ du facteur
$\mathbf{Sp}(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1,\mathbb{R})$ est la représentation unipotente
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n_{u}}(m_{u})$ avec
$n_{u}=(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2$ et
$m_{u}=(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))/2$, image par la correspondance de Howe de la représentation triviale de
$\mathbf{O}(0,\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$ (resp.
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n_{u},k_{u}}$, avec
$n_{u}=(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2$ et
$k_{u}=(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))/2$, image par la correspondance de Howe du déterminant de
$\mathbf{O}(0,\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$).
Remarque 7.3. La condition
$2m>n+1$ du (i) du théorème est la même que celle du cas où
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+3$ du (ii). Lorsque
$2m\leqslant n+1$, il n’y a donc que les paramètres du (ii) avec
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$.
Démontrons tout de suite une partie de ce théorème, que l’on met à part sous la forme du lemme suivant.
Lemme 7.4. Si le couple
$(\unicode[STIX]{x1D713},m)$ vérifie la condition
$\text{(ii)}$ du théorème 7.1, on a alors
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$ ou bien
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+3$, cette dernière possibilité ne pouvant avoir lieu que si
$2m\geqslant n+2$. Si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$, alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est l’image de la représentation triviale de
$\mathbf{O}(0,2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$ par la correspondance de Howe, et si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+3$, c’est l’image de la représentation de dimension finie
$[\underbrace{1,\ldots ,1}_{2(m-1)-n},\underbrace{0,\ldots ,0}_{n-(m-1)}]_{-}$.
Démonstration.
Supposons que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ soit l’image par la correspondance de Howe d’une représentation de dimension finie
$[\unicode[STIX]{x1D6FC}_{1},\ldots ,\unicode[STIX]{x1D6FC}_{x},\underbrace{0,\ldots ,0}_{\ell -x}]_{\unicode[STIX]{x1D716}}$ du groupe
$\mathbf{O}(0,2\ell )$ avec
$\unicode[STIX]{x1D6FC}_{1}\geqslant \unicode[STIX]{x1D6FC}_{2}\geqslant \cdots \geqslant \unicode[STIX]{x1D6FC}_{x}>0$ et
$\unicode[STIX]{x1D716}=\pm$. On obtient si
$\unicode[STIX]{x1D716}=+$ :
d’où
$x=0$,
$m=\ell$ et
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$. Maintenant si
$\unicode[STIX]{x1D716}=-$, on obtient :
Cela entraîne
$m=\ell +1$, puis
$\unicode[STIX]{x1D6FC}_{1}=\ldots =\unicode[STIX]{x1D6FC}_{x}=1$ et enfin
$n-2(\ell -x)-x=0$, soit
$x=2(m-1)-n$. On a alors
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+3$ et
$2m=n+2+x\geqslant n+2$. Les considérations qui précèdent le théorème montrent que réciproquement,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est bien l’image par la correspondance de Howe de la représentation triviale ou déterminant (selon que
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$ ou
$2(n-m)+3$) du groupe
$\mathbf{O}(0,2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$.◻
La démonstration des théorèmes 7.1 et 7.2 va occuper les sections 10 à 13.
8 Les représentations unipotentes
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$
Dans cette section, nous considérons certains modules unitaires holomorphes particuliers, qui possédent la propriété d’être de plus unipotents, et nous montrons leur appartenance à certains paquets d’Arthur.
On fixe
$n$ et un entier
$k$ tel que
$2\leqslant 2k\leqslant n$. Considérons la représentation
Nous avons déjà rencontré cette représentation en (15). C’est l’image par la correspondance de Howe de la représentation
$\det _{\mathbf{O}(0,2k)}$. L’image par la correspondance de Howe de la représentation triviale de
$\mathbf{O}(0,2k)$ est quant à elle le module holomorphe unitaire
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(k)$. Ces représentations ont été particulièrement étudiées par Adams dans [Reference AdamsAda87], qui les note
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{2k,n}^{\pm }$, avec
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{2k,n}^{-}=\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{2k,n}^{+}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(k)$.
Introduisons le paramètre
On constate que son caractère infinitésimal est celui de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ et de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(k)$.
Proposition 8.1. Le paquet d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ où
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est le paramètre (20) contient
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$.
On sait d’après [Reference Mœglin and RenardMRb] que
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient les composantes irréductibles d’une certaine représentation construite par induction cohomologique à partir de la paire
$(\mathfrak{q},L)$, où ici
$\mathfrak{q}=\mathfrak{q}_{p,q}$ avec
$(p,q)=(0,k)$ (cf. section 2.3), de sorte que
$L$ est isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2(n-k),\mathbb{R})\times \mathbf{U}(0,k)$. La représentation que l’on induit est un caractère de
$L$ que l’on note
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ : sur le facteur isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2(n-k),\mathbb{R})$, c’est donc le caractère trivial, et sur le facteur isomorphe à
$\mathbf{U}(0,k)$, il est donné par sa différentielle
$(\underbrace{n-k+1,\ldots ,n-k+1}_{k})$. Notons cette représentation induite
$\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}_{n,k}$. C’est un cas particulier de la représentation considérée en (3), avec
$y=-n+k-1$ dans (4) et
$t=k-1$ dans (5). C’est donc un
$A_{\mathfrak{q}}(\unicode[STIX]{x1D706})$ dans le weakly fair range : elle n’est pas irréductible en général, mais elle est unitaire et donc semi-simple. La proposition est une conséquence immédiate du lemme suivant dû à Adams [Reference AdamsAda87, Proposition 5.1].
Lemme 8.2. L’induite cohomologique
$\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}_{n,k}$ se décompose en
$\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}_{n,k}\simeq \unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}\oplus \unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(k)$.
Remarque 8.3. En réalit,́ Adams considère une induite à partir d’un
$c$-Levi
$L$ isomorphe à
On utilise les résultats sur l’induction cohomologique par étape en induisant d’abord de
$\underbrace{\mathbf{U}(0,1)\times \cdots \times \mathbf{U}(0,1)}_{k}$ à
$\mathbf{U}(0,k)$ pour constater que les énoncés sont équivalents (voir le lemme suivant et sa démonstration).
Corollaire 8.4. Considérons le paramètre
où
$k=\sum _{j=1}^{s}a_{j}$, et supposons que le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ soit celui de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$. Alors la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ est dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$.
Démonstration.
Remarquons tout d’abord que
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{k}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{|\{j;1\leqslant j\leqslant s,~a_{j}~\text{impair}\}|}$ et que le paramètre est bien à valeurs dans
$\mathbf{SO}(2n+1,\mathbb{C})$. D’autre part, le caractère infinitésimal est aussi celui du paramètre (20), ce qui force
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle (t_{1}+a_{1}-1,t_{1}+a_{1}-3,\ldots ,t_{1}-(a_{1}-1),\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \qquad t_{2}+a_{2}-1,t_{2}+a_{2}-3,\ldots ,t_{2}-(a_{2}-1),\ldots ,\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \qquad \quad ,\ldots ,t_{s}+a_{s}-1,t_{s}+a_{s}-3,\ldots ,t_{s}-(a_{s}-1))=(k-1,\ldots ,1,0).\nonumber\end{eqnarray}$$ Par induction cohomologique par étapes, l’induite cohomologique
$\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}_{n,k}$ considérée dans le lemme précédent est égale à l’une des induites cohomologiques associées au paramètre (21), où l’on induit d’une paire parabolique
$(\mathfrak{q},L)$ avec
$\mathfrak{q}$ holomorphe et
$L$ isomorphe à
avec comme représentation induisante le produit tensoriel de la représentation triviale sur le facteur
$\mathbf{Sp}(2(n-k),\mathbb{R})$ et des caractères
$\unicode[STIX]{x1D6EC}_{j}$ sur les facteurs
$\mathbf{U}(0,a_{j})$, avec pour différentielle
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D706}_{j}=\left(\underbrace{n-\mathop{\sum }_{k<j}a_{k}-\frac{t_{j}+a_{j}-1}{2},\ldots ,n-\mathop{\sum }_{k<j}a_{k}-\frac{t_{j}+a_{j}-1}{2}}_{a_{j}}\right),\end{eqnarray}$$ de sorte que lorsque l’on induit cohomologiquement ce caractère
$\boxtimes _{j=1}^{s}\unicode[STIX]{x1D6EC}_{j}$ de
$\times _{j=1}^{s}\mathbf{U}(0,a_{j})$ à
$\mathbf{U}(0,k)$, on obtienne sur ce groupe le caractère de poids
$(\underbrace{n-k+1,\ldots ,n-k+1}_{k})$ ayant servi dans la définition de
$\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}_{n,k}$.◻
Montrons maintenant que
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ est dans d’autres induites cohomologiques, et donc dans d’autres paquets. Le résultat suivant se trouve aussi dans [Reference AdamsAda87], plus précisément dans la démonstration de la proposition 5.1, p. 135 (Case 2).
Lemme 8.5. Considérons la paire parabolique
$(\mathfrak{q},L)$ avec
$\mathfrak{q}=\mathfrak{q}_{0,1}$ (cf. section 2.3) ; en particulier,
$L$ est isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2n-2,\mathbb{R})\times \mathbf{U}(0,1)$. Supposons
$2<2k\leqslant n$. Alors la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ est égale à l’induite cohomologique
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E}_{n-1,k-1}\boxtimes \det ^{n-k+1})$ (cette induite est dans le weakly fair range, donc unitaire).
Là encore, on passe de l’énoncé du lemme à celui d’Adams par un argument simple d’induction par étapes. Ce que démontre Adams, c’est que
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ est égale à une induite cohomologique construite avec
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n-k+1,1}$.
Proposition 8.6. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \unicode[STIX]{x1D713}_{d}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \bigoplus _{j=1}^{s}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}])$ un
$A$-paramètre pour
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. Supposons que le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ soit celui de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ et supposons de plus que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ contienne le facteur
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{k}\boxtimes R[2(n-k)+1]$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ est contenu dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$.
Démonstration.
Comme
$2k\leqslant n$, on voit facilement que
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-k)+1$. Écrivons
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \unicode[STIX]{x1D713}_{d}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \bigoplus _{j=1}^{s}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}])$. Si
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est irréductible, on a
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{k}\boxtimes R[2(n-k)+1]$. Le lemme 8.2 et le corollaire 8.4 donnent alors la conclusion voulue. On suppose donc que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est de longueur
$3$. Posons
$\dim \unicode[STIX]{x1D713}_{u}=2n_{u}+1$ de sorte que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$, éventuellement tensorisé par le caractère
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}$, soit un
$A$-paramètre pour
$\mathbf{Sp}(2n_{u};\mathbb{R})$. On sait d’après [Reference Mœglin and RenardMRb] que
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient les composantes irréductibles de la représentation construite par induction cohomologique à partir de la paire
$(\mathfrak{q},L)$ (cf. section 4.4), où
$\mathfrak{q}$ est holomorphe et
$L$ est isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2n_{u},\mathbb{R})\times (\times _{j=1}^{s}\mathbf{U}(0,a_{j}))$ comme suit : sur le facteur
$\mathbf{Sp}(2n_{u},\mathbb{R})$, la représentation que l’on induit est la représentation unipotente
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n_{u},a_{u}}$ où
$a_{u}=k-\sum _{j}a_{j}$, de sorte que
$n-k=n_{u}-a_{u}$ et sur les facteurs
$\mathbf{U}(a_{j},0)$, la représentation que l’on induit est un caractère de différentielle comme en (22). Appelons
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ cette induite cohomologique. L’induction étant dans le weakly fair range,
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ est unitaire, mais pas nécessairement irréductible. On veut montrer que
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$.
L’égalité du caractère infinitésimal du paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ avec celui de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ implique que pour tout
$j$ avec
$1<j\leqslant s$,
$(t_{j-1}-(a_{j-1}-1))/2=1+(t_{j}+(a_{j}-1))/2$. En utilisant des arguments d’induction par étapes comme dans la démonstration du corollaire 8.4, on voit que l’on peut remplacer l’induite cohomologique par une induite cohomologique à partir d’une paire
$(\mathfrak{q}^{\prime },L^{\prime })$, où
$\mathfrak{q}^{\prime }$ est holomorphe et
$L^{\prime }$ est isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2n_{u},\mathbb{R})\times (\times _{j^{\prime }}\mathbf{U}(0,b_{j^{\prime }}))$ du moment que
$\sum _{j}a_{j}=\sum _{j^{\prime }}b_{j^{\prime }}$, en adaptant le caractère du produit de groupes unitaires que l’on induit, bien évidemment. En particulier,
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ est aussi obtenue comme induite cohomologique avec la paire parabolique
$(\mathfrak{q}^{\prime },L^{\prime })$ , où
$\mathfrak{q}^{\prime }$ est holomorphe et
$L^{\prime }$ est isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2n_{u},\mathbb{R})\times \mathbf{U}(0,\sum _{j}a_{j})$.
On raisonne par récurrence sur
$\sum _{j}a_{j}$ pour montrer que
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$. Par hypothèse de récurrence, on peut supposer que l’induite cohomologique construite avec la paire parabolique
$\mathbf{Sp}(2n_{u},\mathbb{R})\times \mathbf{U}(0,(\sum _{j}a_{j})-1)$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n-1,k-1}$, car on amorce la récurrence avec le cas
$\sum _{i}a_{i}=1$ et le paramètre unipotent
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$, cas traité dans la section 5. Grâce au lemme 8.5, on en déduit que l’induite cohomologique
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$.◻
Nous allons maintenant énoncer une réciproque en montrant que la liste des paquets contenant
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ donnée dans la proposition est complète si
$2k\leqslant n-1$. Lorsque
$n=2k$, on a
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{2k,k}=\unicode[STIX]{x1D70B}(k+1)$ et la liste des paquets d’Arthur contenant ce module holomorphe unitaire est donnée dans le théorème 7.1. De plus, on a la propriété de multiplicité
$1$.
Théorème 8.7. On suppose que
$2k\geqslant n-1$. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$-paramètre pour
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ dont le caractère infinitésimal est celui de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ si et seulement si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-k)+1$ et
$\unicode[STIX]{x1D713}$ contient
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{k}\boxtimes R[2(n-k)+1]$. De plus, la multiplicité de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est
$1$.
La démonstration sera donnée dans la section 14.
9 Paramètres de Langlands des représentations
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$
On fixe
$m$ un entier naturel. Si
$m>n$, la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est une série discrète et si
$m=n$, c’est une limite de séries discrètes, donc en particulier, c’est une représentation tempérée. Si
$m=0$, la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est la représentation triviale qui n’apparaît dans un paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ que si
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est irréductible.
On suppose donc que
$m\in [\!1,n\![$ et on va décrire les paramètres de Langlands de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$.
Proposition 9.1. Soit
$m$ un entier dans
$[\!1,n\![$. Soit
$P=MN$ le sous-groupe parabolique standard de
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ dont le facteur de Levi
$M$ est isomorphe à
$\mathbf{GL}(1,\mathbb{R})^{n-m}\times \mathbf{Sp}(2m,\mathbb{R})$. Alors la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est le quotient de Langlands de la représentation standard
$\text{Ind}_{P}^{G}(\mathbf{sgn}^{m}|\,|^{n-m}\boxtimes \cdots \boxtimes \mathbf{sgn}^{m}|\,|\boxtimes \unicode[STIX]{x1D70B}_{m}(m))$. (L’induction parabolique est normalisée ici de la manière usuelle qui préserve l’unitarité. Sur le
$j$-ième facteur
$\mathbf{GL}(1,\mathbb{R})$,
$\mathbf{sgn}^{m}|\,|^{n-m-j+1}$ est le caractère
$x\mapsto \mathbf{sgn}^{m}(x)|x|^{n-m-j+1}$, et l’on étend trivialement la représentation
$\mathbf{sgn}^{m}|\,|^{n-m}\boxtimes \cdots \boxtimes \mathbf{sgn}^{m}|\,|\boxtimes \unicode[STIX]{x1D70B}_{m}(m)$ ainsi définie en une représentation de
$P$ sans changer la notation.)
Le résultat est déjà bien connu sans doute, puisque
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est l’image de la représentation triviale du groupe orthogonal compact
$\mathbf{O}(0,2m)$. Nous donnons dans la section 19 une preuve globale.
Traitons maintenant le cas des représentations
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ de (19) où
$k$ où
$2k\leqslant n$.
Proposition 9.2. La représentation
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ est le quotient de Langlands de la représentation standard
Ici
$P=MN$ est le parabolique standard de
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ comme dans la proposition précédente.
De même, la démonstration est dans la section 19.
Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un A-paramètre. Rappelons les entiers
$a(\unicode[STIX]{x1D713})$ et
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$ de la définition 4.4.
Corollaire 9.3. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un A-paramètre tel que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ et on suppose que
$m$ est un entier dans
$[\!1,n\![$. Alors
$a(\unicode[STIX]{x1D713})\geqslant 2(n-m)+1$ avec inégalité stricte si
$a(\unicode[STIX]{x1D713})>a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$ ou si
$\unicode[STIX]{x1D713}$ ne contient pas
$\mathbf{sgn}_{W_{R}}^{m}\boxtimes R[2(n-m)+1]$.
Démonstration.
Le plus grand exposant d’une représentation dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est certainement inférieur ou égal à
$(a(\unicode[STIX]{x1D713})-1)/2$ d’après la discussion à la fin de la p. 155 et le premier paragraphe de la p. 156 de [Reference ArthurArt13]. Comme cet exposant pour
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est
$n-m$, on obtient l’inégalité large. On a l’inégalité stricte en reprenant la démonstration de [Reference ArthurArt13]. On peut remarquer que si
$m\geqslant n$, l’inégalité
$a(\unicode[STIX]{x1D713})\geqslant 2(n-m)+1$ est trivialement vérifiée.◻
10 Un résultat de réduction
On suppose dans cette section que
$\unicode[STIX]{x1D713}\neq \unicode[STIX]{x1D713}_{u}$. Le paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ a donc une partie discrète
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}=\oplus _{j=1}^{s}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}])$ non triviale. Rappelons que l’on a ordonné les indices de sorte que la suite
$(t_{j})_{j=1,\ldots ,s}$ soit décroissante, et si
$t_{j}=t_{j+1}$, on a
$a_{j}\geqslant a_{j+1}$.
On suppose que le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est celui d’un module holomorphe unitaire
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$, avec
$m\in \{0,\ldots ,n\}$, et l’ on suppose de plus qu’il existe un indice
$j_{0}\in \{1,\ldots ,s\}$ tel que :
On prend alors
$j_{0}$ minimal avec cette propriété.
Le point (ii) du lemme 4.3 montre que l’inégalité
$(t_{j_{0}}-(a_{j_{0}}-1))/2\geqslant 0$ est certainement vérifiée si
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>1$, mais elle est plus générale.
Lemme 10.1. Avec les hypothèses (23) sur
$t_{j_{0}}$ et
$a_{j_{0}}$, on a
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2\in \{m-1,n-m\}$.
Démonstration.
Cela découle de l’égalité du caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ et de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$. En effet, si
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2>m-1$, alors
$n-m>m-1$ et la multiplicité de
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2$ dans le caractère infinitésimal est 1. Il ne peut donc pas y avoir de terme unipotent
$\unicode[STIX]{x1D702}_{i}\boxtimes R[a_{i}]$ avec
$(a_{i}-1)/2\geqslant (t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2$, car cela contredirait cette multiplicité 1. Si
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2\neq n-m$, il y a donc nécessairement un autre indice
$j>1$ tel que
$(t_{j}+a_{j}-1)/2=n-m$. Si
$j>j_{0}$, comme
$t_{j_{0}}\geqslant t_{j}$, cela force
$a_{j}>a_{j_{0}}$ et
$(t_{j}-(a_{j}-1))/2<(t_{j_{0}}-(a_{j_{0}}-1))/2$, ce qui contredit encore la multiplicité 1. Si
$j<j_{0}$, on a
$(t_{j}+a_{j}-1)/2>(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2>m-1$, et donc on ne peut pas avoir
$t_{j}-a_{j}+1\geqslant 0$, car un tel
$j$ contredit la minimalité de
$j_{0}$. On a donc nécessairement
$t_{j}-a_{j}+1<0$, mais là encore, la contribution du terme
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}]$ au caractère infinitésimal comporte le terme
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2$ dont la multiplicité 1 est à nouveau contredite.◻
Fixons une représentation unitaire irréductible
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ de
$G^{\prime }=\mathbf{Sp}(2(n-a_{j_{0}}),\mathbb{R})$. On va supposer de plus que
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est dans un paquet d’Arthur pour ce groupe. Considérons une induite cohomologique à partir d’une paire parabolique
$(\mathfrak{q},L)$ comme en (2), avec
$L$ isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2(n-a_{j_{0}}),\mathbb{R})\times \mathbf{U}(p,q)$ et
$p+q=a_{j_{0}}$. Notons
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ le caractère de
$\mathbf{U}(p,q)$, où
$p+q=a_{j_{0}}$ de poids
$\unicode[STIX]{x1D706}=\unicode[STIX]{x1D706}_{t_{j_{0}}}$ comme en (4) et (5). Soit
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{p,q}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})={\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$. Cette induction cohomologique se fait dans le weakly fair range puisque
$t_{j_{0}}\geqslant 0$. On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{p,q}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})$ a le même caractère infinitésimal que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$.
Proposition 10.2. Avec les hypothèses et les notations précédentes, la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{p,q}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ si et seulement si
$p=0$,
$(t_{j_{0}}+(a_{j_{0}}-1))/2=m-1$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$.
Remarque 10.3. L’hypothèse
$t_{j_{0}}\geqslant 0$ nous dit que l’induction cohomologique qui définit
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{p,q}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})$ a lieu dans le weakly fair range, mais la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC}$ n’est pas faiblement unipotente en général, on ne dispose donc pas a priori des résultats d’unitarité de l’induite et d’annulation des
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{j}(\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$ lorsque
$j\neq S$. Or nous avons besoin de ces résultats. Ils vont découler des hypothèses sur
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ et d’un résultat de P. Trapa pour les groupes unitaires. Nous donnons l’argument à la fin de cette section.
Démonstration.
On remarque que l’on a supposé que
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2\geqslant a_{j_{0}}-1$ et, quand
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2=m-1$, on a donc
$m\geqslant a_{j_{0}}$, ce qui donne bien un sens à la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$. Supposons donc que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{p,q}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})$ contienne
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$. Montrons d’abord que
$p=0$ et que
$(t_{j_{0}}+(a_{j_{0}}+1))/2=m$. Nous avons vu dans le lemme ci-avant que
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2=m-1$ ou
$n-m$, c’est-à-dire
$t_{j_{0}}+a_{j_{0}}+1=2m$ ou
$2(n-m+1)$. Supposons tout d’abord
$t_{j_{0}}+a_{j_{0}}+1=2(n-m+1)$. La première inégalité dans (23) s’écrit alors
$n-m+1\geqslant m$, ou encore
$n+1\geqslant 2m$. L’inégalité fondamentale (8) donne :
En combinant avec
$n+1\geqslant 2m$, on obtient
$m(q-p)\geqslant (p+q)m-2pq$, ce qui entraîne
$2p(q-m)\geqslant 0$. Supposons
$p\geqslant 1$. On a alors
$q\geqslant m$. La seconde inégalité dans (23) s’écrit
$t_{j_{0}}+1\geqslant p+q$, ou encore
$n-m+1\geqslant p+q$, soit
$n+1\geqslant p+q+m$. On réinjecte dans (24) :
$q(q-p)\geqslant m(q-p)\geqslant (p+q)^{2}-2pq=p^{2}+q^{2}$ d’où
$-pq\geqslant p^{2}\geqslant 1$, et l’on aboutit à une contradiction. On a donc
$p=0$, que l’on réinjecte dans (24). Alors
$mq\geqslant q(n-m+1)$, ce qui implique
$2m\geqslant n+1$ et ainsi
$2m=n+1$. On aboutit ainsi à la conclusion voulue dans ce cas :
$p=0$ et
$(t_{j_{0}}+(a_{j_{0}}+1))/2=n-m+1=m$.
L’autre cas est
$t_{j_{0}}+a_{j_{0}}+1=2m$. La seconde inégalité dans (23) s’écrit alors
$t_{j_{0}}+1\geqslant p+q$, ou encore
$m\geqslant p+q$. L’inégalité fondamentale (8) donne :
ce que l’on réécrit
$2p(q-m)\geqslant 0$. Si
$p\geqslant 1$, alors
$2p(q-m)\geqslant 0$ implique
$q\geqslant m$, ce qui contredit
$m\geqslant p+q\geqslant q+1$. Donc nécessairement,
$p=0$. On a donc
$q=a_{j_{0}}$. Cela montre la nécessité des deux premières conditions de l’énoncé.
Calculons la multiplicité du
$K$-type
$E=\mathbb{C}_{-m}$ de dimension 1 et de plus haut poids scalaire
$(-m,\ldots ,-m)$ dans
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{0,a_{j_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})={\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L,G}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$ avec
$\unicode[STIX]{x1D6EC}=\det ^{n-(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2}$. On utilise la formule de multiplicité du théorème 5.64 de [Reference Knapp and VoganKV95] et le fait mentionné dans la remarque 10.3 qui donne l’annulation des induites cohomologiques en degré
$j\neq S$ :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle (-1)^{S}\dim (\text{Hom}_{K}(E;\unicode[STIX]{x1D70B}_{0,a_{j_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})))=(-1)^{S}\dim (\text{Hom}_{K}(E;{\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})))\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\mathop{\sum }_{r=0}^{S}(-1)^{r}\dim (\text{Hom}_{K\cap L}(H_{r}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k};E);S(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})\otimes (\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})\otimes \mathbb{C}_{2\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u})})).\nonumber\end{eqnarray}$$ Combinée avec la dualité de Poincaré du corollaire 3.8 de [Reference Knapp and VoganKV95], le changement d’indice
$r\rightarrow S-r$ et la formule de la section 2.3 pour
$2\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u})$, on obtient :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \dim (\text{Hom}_{K}(E;\unicode[STIX]{x1D70B}_{0,a_{j_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})))\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\mathop{\sum }_{r=0}^{S}(-1)^{r}\dim (\text{Hom}_{K\cap L} (H^{r}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k};E);S(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \qquad \otimes (\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \det ^{n-(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2})\otimes (\mathbb{C}_{2\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})})))\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\mathop{\sum }_{r=0}^{S}(-1)^{r}\dim (\text{Hom}_{K\cap L}(\wedge ^{r}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{k})\otimes \mathbb{C}_{-m};S(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})\otimes \unicode[STIX]{x1D70E}\otimes \mathbb{C}_{-m-a_{j_{0}}})).\nonumber\end{eqnarray}$$D’autre part, rappelons que
On a donc
$S(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})=\bigoplus _{\unicode[STIX]{x1D6FC},\unicode[STIX]{x1D6FD}}S^{\unicode[STIX]{x1D6FC}}(U_{1})\otimes S^{\unicode[STIX]{x1D6FD}}(U_{2})$ et l’on regarde
En regardant l’action du centre de l’algèbre enveloppante du facteur
$\mathbf{U}(a)$, on obtient une condition nécessaire pour la non-nullité de cet espace, à savoir
$2\unicode[STIX]{x1D6FC}+\unicode[STIX]{x1D6FD}=-r$. Cela force
$\unicode[STIX]{x1D6FC}=\unicode[STIX]{x1D6FD}=r=0$ et l’on obtient finalement
On vérifie que l’hypothèse sur les caractères infinitésimaux force
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ à avoir comme caractère infinitésimal :
$m-a_{j_{0}}-1,\ldots ,n-m$, c’est-à-dire le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$.
Pour conclure, nous allons utiliser un résultat de Chen-Bo Zhu [Reference ZhuZhu03, Theorem 1.1], qui ne présuppose pas l’unitarité.
Lemme 10.4. Soit
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ une représentation irréductible de
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ ayant même caractère infinitésimal que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$. Supposons de plus que
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ contienne le
$K$-type scalaire
$(\underbrace{-m,\ldots ,-m}_{n})$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70E}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$.
Grâce à ce lemme appliqué à
$G^{\prime }=\mathbf{Sp}(2(n-a_{j_{0}}),\mathbb{R})$,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}$, la non-nullité du terme de droite dans (25) est exactement équivalente au fait que
$\unicode[STIX]{x1D70E}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$. Dans ce cas, la dimension de cet espace est 1. Comme
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{0,a_{j_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})$ est une induite cohomologique dans le weakly fair range, elle est unitaire, et certainement non nulle si la dimension de (25) est 1. Le lemme ci-dessus, à nouveau appliqué aux composantes irréductibles de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{0,a_{j_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})$, montre le résultat voulu, c’est-à-dire que l’une de ces composantes est
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$. Cela termine la démonstration de nécessité des conditions de la proposition. Il est facile de montrer qu’elle sont suffisantes en utilisant le lemme ci-dessus et (25).◻
Lemme 10.5. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ le
$A$-paramètre pour
$G^{\prime }=\mathbf{Sp}(2(n-a_{j_{0}}),\mathbb{R})$ défini par
Dans les hypothèses de la proposition, si l’on suppose de plus
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2=m-1$, alors
$(\unicode[STIX]{x1D713},\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m))$ satisfait les hypothèses du théorème 7.1 si et seulement si
$(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime },\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}}))$ les satisfait pour
$\mathbf{Sp}(2(n-a_{j_{0}}),\mathbb{R})$.
Démonstration.
Évidemment,
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u}^{\prime })$ et
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}^{\prime })$. Dans le cas (ii) du théorème, avec
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}^{\prime })=2(n-m)+1$, il n’y a aucune difficulté, mais si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+3$, il faut vérifier que les hypothèses forcent
$2(m-a_{j_{0}})\geqslant (n-a_{j_{0}})+2$. Mais si
$(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2=n-m+1$ apparaît dans le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}$, il apparaît avec multiplicité 1 et ne peut pas être dans l’intervalle
$[(t_{j_{0}}-a_{j_{0}}+1)/2,(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2]=[m-a_{j_{0}},m-1]$, puisque les éléments de cet intervalle sont dans le caractère infinitésimal grâce à la contribution de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j_{0}}}\boxtimes R[a_{j_{0}}]$. On a donc
$m-a_{j_{0}}\geqslant n-m+2$ et ainsi
$2(m-a_{j_{0}})\geqslant (n-a_{j_{0}})+2$. On remarque également que les inégalités impliquent aussi que
$(t_{j_{0}}-a_{j_{0}}+1)/2=m-a_{j_{0}}>m-a_{j_{0}}-1\geqslant (n-a_{j_{0}})-(m-a_{j_{0}})$, donc l’induction cohomologique se fait dans le good range dans ce cas.◻
Il nous reste à démontrer les résultats d’unitarité et d’annulation d’induites cohomologiques de la remarque 10.3.
Démonstration.
Si
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est dans un paquet d’Arthur unipotent pour
$G^{\prime }$, elle est en particulier faiblement unipotente [Reference Mœglin and RenardMRa, Theorem 4.4], et les résultats déjà mentionnés de [Reference Knapp and VoganKV95, Chapter XII] s’appliquent dans ce cas. Si
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ n’est pas unipotente (ici, « unipotente » signifie « appartenant à un paquet d’Arthur unipotent »), on sait d’après la description des paquets d’Arthur pour les groupes symplectiques rappelés dans la section 4.4 que
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ est obtenue comme sous-représentation d’une induite cohomologique
$\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}$ à partir d’un
$c$-Levi
$L^{\prime }$ de
$G^{\prime }$ isomorphe à produit de groupes unitaires et d’un groupe symplectique
$G^{\prime \prime }$ de rang plus petit. La représentation que l’on induit est unipotente sur le facteur
$G^{\prime \prime }$ et ce sont des caractères unitaires sur les groupes unitaires. On est dans le weakly fair range, avec les résultats d’annulation en tout degré sauf
$1$ et d’unitarité qui en découlent. On va démontrer l’unitarité en degré
$j=S$ et l’annulation en degré
$j\neq S$ des induites cohomologiques obtenues en remplaçant
$\unicode[STIX]{x1D70E}$ par
$\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}$, ce qui suffit. Grâce au lemme d’induction par étapes [Reference VoganVog81, Corollary 6.3.10], on écrit
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{j}(\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$ comme une induite cohomologique à partir d’un
$c$-Levi de
$G$ isomorphe à
$L^{\prime }\times \mathbf{U}(p,q)$ (rappelons que ce facteur
$\mathbf{U}(p,q)$ vient de l’indice
$j_{0}$, il aurait été plus clair mais trop lourd d’écrire
$\mathbf{U}(p_{j_{0}},q_{j_{0}})$) et la représentation que l’on induit est alors faiblement unipotente ; le problème est maintenant que l’on a sorti l’indice
$j_{0}$ du lemme pour le mettre en premier et que l’induction n’est plus dans le weakly fair range. C’est ici que l’on va utiliser les résultats de P. Trapa [Reference TrapaTra01] en décomposant l’induction cohomologique en deux étapes, l’étape intermédiaire étant constituée du
$c$-Levi de
$G$ isomorphe au produit d’un seul groupe unitaire et de
$G^{\prime \prime }$. L’étape intermédiaire peut donc être vue comme ayant lieu uniquement dans ce groupe unitaire. On induit un produit de caractères et l’on est dans ce que Trapa appelle le « mediocre range ». On peut utiliser alors les égalités entre
$A_{\mathfrak{q}}(\unicode[STIX]{x1D706})$ démontrées par Trapa pour voir que le résultat de cette induction cohomologique dans le mediocre range est égal à celui obtenu en remettant l’indice
$j_{0}$ à sa place, et qui lui est dans le weakly fair range, où l’on a les résultats d’annulation voulus. On peut donc appliquer à nouveau [Reference VoganVog81, Corollary 6.3.10] sur l’induction par étapes pour montrer l’annulation de
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{j}(\tilde{\unicode[STIX]{x1D70E}}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$ lorsque
$j\neq S$, et de même pour l’unitarité en degré
$S$.◻
11 Démonstration du théorème 7.1 (les conditions sont suffisantes) et du théorème 7.2
Dans cette section, on suppose que le couple
$(\unicode[STIX]{x1D713},m)$ vérifie l’une des conditions du théorème 7.1, et l’on va montrer que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. Rappelons que l’on a posé
11.1 Cas (i)
On suppose donc que
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=1$,
$2m>n+1$ et que l’on a (17). On va raisonner par récurrence sur la longueur de
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}$. Supposons tout d’abord que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}$ soit de longueur 1, de sorte que
$\unicode[STIX]{x1D713}=(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t}\boxtimes R[n])\oplus (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{n}\boxtimes R[1])$. Considérons la paire
$(\mathfrak{q},L)$, où
$L=K$ et
$\mathfrak{q}=\mathfrak{k}\oplus \mathfrak{p}^{-}$. La condition sur le caractère infinitésimal est que
$(t+n-1)/2=\max (m-1,n-m)=m-1$.
On considère l’induite cohomologique
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{0}(\unicode[STIX]{x1D6EC})$ où
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ est le caractère de
$L=K$ de différentielle
Ici,
$\unicode[STIX]{x1D706}+2\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})=(-(t+n+1)/2,\ldots ,-(t+n+1)/2)=(-m,\ldots ,-m)$ qui est dominant pour
$\unicode[STIX]{x1D6E5}(\mathfrak{g},\mathfrak{k})^{+}$, et c’est donc le bottom layer de
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{0}(\unicode[STIX]{x1D6EC})$. D’autre part,
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{0}(\unicode[STIX]{x1D6EC})$ est irréductible (c’est un module de Verma généralisé, donc monogène, et il est de plus unitaire, donc semi-simple) et
${\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{0}(\unicode[STIX]{x1D6EC})=\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$. D’après [Reference Mœglin and RenardMRb],
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est alors dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$.
On suppose maintenant
avec
$s>1$ et le résultat démontré pour
Dans [Reference Mœglin and RenardMRb], les éléments de
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ sont décrits comme composantes irréductibles d’induites cohomologiques dans le weakly fair range à partir de paires paraboliques
$(\mathfrak{q},L)$, comme dans la section 2.3 avec
$\mathfrak{q}=\mathfrak{q}_{p,q}$ et
$p+q=a_{1}$. On prend ici
$(p,q)=(0,a_{1})$ ; le
$c$-Levi
$L$ est alors isomorphe à
$\mathbf{Sp}(2(n-a_{1}),\mathbb{R})\times \mathbf{U}(0,a_{1})$. Comme représentation induisante, sur le facteur
$\mathbf{Sp}(2(n-a_{1}),\mathbb{R})$, on met le module holomorphe unitaire de plus haut poids
$(\underbrace{m-a_{1},\ldots ,m-a_{1}}_{n-a_{1}})$ qui, par hypothèse de récurrence, est dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\flat })$ et, sur le facteur
$\mathbf{U}(0,a_{1})$, on met le caractère unitaire
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ de différentielle
$(\underbrace{n-(t_{1}+a_{1}-1)/2,\ldots ,n-(t_{1}+a_{1}-1)/2}_{a_{1}})$. Par induction cohomologique par étapes, on obtient
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$. Remarquons que l’hypothèse (17) entraîne le fait qu’après la première induction cohomologique (celle pour le paramètre
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{s}}\boxtimes R[a_{s}]$, les autres inductions cohomologiques successives se font dans le good range et, en particulier, elle préservent l’irréductibilité. Cela montre que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est bien dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ et établit aussi le théorème 7.2 dans le cas (i).
11.2 Cas (ii) avec
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(m-1)+1$ et
$m-1>n-m$
On suppose que le couple
$(\unicode[STIX]{x1D713},m)$ vérifie l’hypothèse (ii) du théorème, avec de plus
$\unicode[STIX]{x1D713}\neq \unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ (le cas
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ a été traité dans la section 5),
$\dim \unicode[STIX]{x1D713}_{u}>1$,
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(m-1)+1$ et
$m-1>n-m$. D’après le lemme 7.4, on a
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+3$, et donc
$n=2(m-1)$. De plus,
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est l’image par la correspondance de Howe du déterminant de
$\mathbf{O}(0,2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))=\mathbf{O}(0,2(m-1))$. On a donc
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)=\unicode[STIX]{x1D70E}_{n=2k,k}$ avec les notations de la section 8 et
$k=m-1$. On conclut alors grâce à la proposition 8.6.
11.3 Les conditions du théorème sont suffisantes : fin de la démonstration
On a déjà traité les cas
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ et
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=1$. On se place donc dans le cas (ii) du théorème 7.1 avec
$\unicode[STIX]{x1D713}\neq \unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ et l’on raisonne par récurrence sur la longueur de
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}$. On a donc
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)-1$ ou
$2(n-m)+3$.
Si
$m-1>n-m$ et si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(m-1)+1$, on est dans la situation de la section 11.2, et ce cas a donc déjà été traité. Si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})<2(m-1)+1$, les considérations sur le caractère infinitésimal montrent qu’il existe un unique indice
$j_{0}\in \{1,\ldots ,s\}$ tel que
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2=m-1$ et, d’après le lemme 4.3, on a
$t_{j_{0}}-a_{j_{0}}+1\geqslant 0$. Ainsi
$j_{0}$ vérifie l’hypothèse (23) et il est minimal avec cette propriété, car unique. On peut donc appliquer la proposition 10.2 et le lemme 10.5. On écrit
$\unicode[STIX]{x1D713}=(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j_{0}}}\boxtimes R[a_{j_{0}}])\oplus (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{a_{j_{0}}}\otimes \unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$. Alors
$(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime },\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}}))$ vérifie les conditions du théorème pour
$G^{\prime }=\mathbf{Sp}(2(n-a_{j_{0}}),\mathbb{R})$. Donc
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ contient
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est une composante irréductible de
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{p,q}(\unicode[STIX]{x1D70E},t_{j_{0}})={\mathcal{R}}_{\mathfrak{q},L}^{S}(\unicode[STIX]{x1D70E}\boxtimes \unicode[STIX]{x1D6EC})$ d’après la proposition 10.2. On conclut que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ d’après la description de
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ de [Reference Mœglin and RenardMRb] rappelée en 4.4.
Si
$n-m\geqslant m-1$, alors on a nécessairement
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+1$. De plus, par des considérations sur le caractère infinitésimal comme dans le lemme 4.3 et la remarque 10.1, on voit que les segments
$[(t_{j}-a_{j}+1)/2,(t_{j}+a_{j}-1)/2]$ ne doivent pas s’intersecter lorsque
$j$ parcourt
$\{1,\ldots s\}$ et, de plus, on a nécessairement
$(t_{1}+a_{1}-1)/2=m-1$ et
$t_{1}-a_{1}+1\geqslant 0$. On peut donc appliquer la proposition 10.2 et le lemme 10.5, et conclure par hypothèse de récurrence comme ci-avant. On obtient aussi le théorème 7.2 dans le cas (ii).
12 Démonstration du théorème 7.1 : les conditions sont né-cessaires
12.1 Cas
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$
On écrit
avec
$a_{1}\geqslant a_{2}$. On doit donc démontrer le lemme suivant.
Lemme 12.1. On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. On a alors
$a_{1}=2(n-m)+1$ ou
$2(n-m)+3$ et le caractère
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}$ vaut
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(a_{2}+1)/2}$.
Supposons d’abord que
$a_{1}=a_{2}=n$. L’égalité des caractères infinitésimaux de
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ et de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ force les égalités
$n=2m-1=2(n-m)+1=a_{1}$. D’après le corollaire 9.3, le paramètre doit nécessairement contenir
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m}\boxtimes R[n]$. On a donc la conclusion voulue dans ce cas.
Si l’on n’est pas dans le cas
$a_{1}=a_{2}=n$, on a nécessairement
$a_{1}\geqslant n+1$ et l’on peut appliquer le corollaire 20.2, et les représentations dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ sont alors des images par la correspondance de Howe de caractères des groupes
$\mathbf{O}(p,q)$ tels que
$p+q=a_{2}+1$, et le discriminant normalisé (voir section 15) de la forme quadratique est
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(p-q)/2}$. Comme, par hypothèse,
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$, il existe un couple
$(p,q)$ avec
$p+q=a_{2}+1$ et un caractère
$\unicode[STIX]{x1D70F}$ de
$\mathbf{O}(p,q)$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ soit obtenu comme image de
$\unicode[STIX]{x1D70F}$ par la correspondance de Howe. Il y a deux caractères du groupe orthogonal si
$pq=0$ et quatre sinon ; ils sont facilement indexés par le choix de deux signes,
$\unicode[STIX]{x1D716}$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}$, définis de la façon suivante : le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70F}(\unicode[STIX]{x1D716},\unicode[STIX]{x1D702})$ de
$\mathbf{O}(p,q)$, restreint au sous-groupe compact maximal
$\mathbf{O}(p,0)\times \mathbf{O}(0,q)$, est égal au produit tensoriel de
$\det _{\mathbf{O}(p,0)}^{(1-\unicode[STIX]{x1D716})/2}$ et
$\det _{\mathbf{O}(0,q)}^{(1-\unicode[STIX]{x1D702})/2}$. On fixe donc
$\unicode[STIX]{x1D716}$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D70F}=\unicode[STIX]{x1D70F}(\unicode[STIX]{x1D716},\unicode[STIX]{x1D702})$. On sait alors que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ contient la représentation de
$\mathbf{U}(n)$ de plus haut poids :
et ce poids est nécessairement
$(-m,\ldots ,-m)$.
Si
$p=0$ et si
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$, on obtient
$q=2m$, d’où
$a_{2}=2m-1$. En comparant les caractères infinitésimaux, on a nécessairement :
On en déduit que
$\inf (m-1,n-m)=m-1$ et donc
$(a_{1}-1)/2=n-m$, soit
$a_{1}=2(n-m)+1$. Le caractère
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}$ est donné par le discriminant de la forme quadratique de signature
$(0,a_{2}+1)$, c’est-à-dire
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(a_{2}+1)/2}$. On a donc la conclusion voulue dans ce cas.
Supposons maintenant toujours
$p=0$ et cette fois
$\unicode[STIX]{x1D702}=-1$. Cela implique
$-q/2-1=-m$, c’est-à-dire
$q=2(m-1)$. Ensuite, on obtient
$q=n$, puis
$a_{2}=q-1=2(m-1)-1=2m-3$ et, avec (27),
$(a_{2}-1)/2=\inf (m-1,n-m)=m-2=n-m$ et
$a_{1}=2m-1=2(n-m)+3$. On a d e nouveau
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(a_{2}+1)/2}$ comme dans le cas précédent et, là encore, on a obtenu la conclusion voulue.
Si
$p\neq 0$ et si
$\unicode[STIX]{x1D716}=-1$, on a alors
$p-q=-2m$,
$n-p-q((1-\unicode[STIX]{x1D702})/2)=0$ et
$q((1-\unicode[STIX]{x1D702})/2)=0$. On en déduit
$n=p$,
$q=2m+n$. Or
$p+q=2(m+n)=a_{2}+1$ et, en utilisant (27),
ce qui n’est pas possible. Ce cas ne se produit donc pas.
Si
$p\neq 0$ et si
$\unicode[STIX]{x1D716}=1$, on distingue encore les cas
$q(1-\unicode[STIX]{x1D702})/2=0$ et
$q(1-\unicode[STIX]{x1D702})/2\neq 0$. Dans le premier cas, on obtient
$p-q=-2m$. En utilisant (27), on obtient
ce qui contredit
$p\neq 0$. Dans le second cas, on a
$p-q=2(m-1)$ et
$n=q$. Avec (27), on obtient cette fois
d’où
$p=1$. Ensuite, on en déduit que
$a_{2}-1=2(m-1)$, d’où
$a_{1}=2(n-m)+1=a_{2}$, ce qui contredit
$a_{1}\geqslant n+1$.
Remarque 12.2. Dans le cas
$n=2m-1$, le calcul ci-dessus montre que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est à la fois l’image par la correspondance de Howe du caractère
$\unicode[STIX]{x1D70F}(1,-1)$ de
$\mathbf{O}(1,n)$ et de la représentation triviale du groupe compact
$\mathbf{O}(0,n+1)$ (cf. [Reference ZhuZhu03, Theorem 4.2.2]).
12.2 Nécessité des conditions dans le cas où
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=1$
On suppose ici que
$\unicode[STIX]{x1D713}=\oplus _{j=1}^{s}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j}}\boxtimes R[a_{j}])\oplus (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{n}\boxtimes R[1])$ et l’on suppose que
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ contient un module holomorphe unitaire
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$, avec
$0\leqslant m\leqslant n$. On veut montrer que
$2m>n+1$ et que la condition (17) est satisfaite. On raisonne par récurrence sur
$s$. Commençons par le cas
$s=1$, c’est-à-dire
$\unicode[STIX]{x1D713}=(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{1}}\boxtimes R[a_{1}])\oplus (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{n}\boxtimes R[1])$. Dans ce cas,
$n=a_{1}$ et donc
$a(\unicode[STIX]{x1D713})=n>a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=1$. Le corollaire 9.3 nous donne
$n>2(n-m)+1$, soit
$2m>n+1$, et la condition (17) est trivialement vérifiée.
Supposons maintenant
$s\geqslant 2$ et le résultat établi pour des paramètres avec
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=1$ et au plus
$s-1$ termes dans la partie discrète de
$\unicode[STIX]{x1D713}$. Supposons
$n-m\geqslant m-1$ ; on doit trouver une contradiction. Soit
$j_{1}$ un indice dans
$\{1,\ldots ,a\}$ tel que
$(t_{j_{1}}+a_{j_{1}}-1)/2=n-m$. On suppose que
$t_{j_{1}}-a_{j_{1}}+1\geqslant 0$. Alors l’ensemble des indices vérifiant la condition (23) est non vide et l’on peut prendre
$j_{0}$ minimal dans cet ensemble. La proposition 10.2 et le lemme 10.5 nous donnent alors, avec les notations afférentes,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$. Mais d’autre part,
$(n-a_{j_{0}})-(m-a_{j_{0}})=m-n\geqslant m-1>m-a_{j_{0}}-1$, et cela contredit l’hypothèse de récurrence appliquée à
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$, qui a une partie discrète de longueur
$s-1$, et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$. Supposons maintenant que
$t_{j_{1}}-a_{j_{1}}+1<0$. Il existe un indice
$j_{2}\neq j_{1}$ tel que
$(t_{j_{2}}+a_{j_{2}}-1)/2=m-1$ et nécessairement
$(t_{j_{2}}-a_{j_{2}}+1)/2\geqslant 0$, d’après le lemme 4.3. Il n’est pas difficile de voir que
$j_{2}$ est l’unique indice vérifiant les propriétés (23), et l’on peut donc appliquer la proposition 10.2 et le lemme 10.5 : on a alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{2}}}(m-a_{j_{2}})\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$, où
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ est défini par
$\unicode[STIX]{x1D713}=(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j_{2}}}\boxtimes R[a_{j_{2}}])\oplus (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{a_{j_{2}}}\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$. Mais là encore,
$(n-a_{j_{2}})-(m-a_{j_{2}})=m-n\geqslant m-1>m-a_{j_{2}}-1$, et cela contredit l’hypothèse de récurrence appliquée à
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{2}})$.
Regardons maintenant le cas
$m-1>n-m$. Il reste à montrer que la condition (17) est satisfaite. Soit
$j_{0}\in \{1,\ldots ,s\}$ tel que
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2=m-1$. Si
$t_{j_{0}}-a_{j_{0}}+1\geqslant 0$, alors
$j_{0}$ vérifie (23), et c’est l’unique indice qui peut vérifier ces conditions. On applique la proposition 10.2 et le lemme 10.5 : il faut alors que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n-a_{j_{0}}}(m-a_{j_{0}})$ soit dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$, où
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ est défini par
$\unicode[STIX]{x1D713}=(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{j_{0}}}\boxtimes R[a_{j_{0}}])\oplus (\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{a_{j_{0}}}\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$. D’après l’hypothèse de récurrence, les conditions (17) sont satisfaites par le paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ et, de plus,
$m-a_{j_{0}}-1>n-a_{j_{0}}-(m-a_{j_{0}})=n-m$. On a alors
$(t_{j_{0}}-a_{j_{0}}+1)/2=(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2-(a_{j_{0}}-1)=m-1-(a_{j_{0}}-1)=m-a_{j_{0}}>n-m+1$, ce qui montre que les conditions (17) sont satisfaites par
$\unicode[STIX]{x1D713}$.
On suppose maintenant
$t_{j_{0}}-a_{j_{0}}+1<0$. Comme
$s\geqslant 2$, il existe un indice
$j_{1}\neq j_{0}$ dans
$\{1,\ldots ,s\}$ que l’on prend minimal. On va donner un argument utilisant la variété associée. C’est un invariant des modules de Harish-Chandra défini par Vogan dans [Reference VoganVog91]. Il consiste en une union de
$K_{\mathbb{C}}$-orbites nilpotentes dans
$\mathfrak{p}$, où
$K_{\mathbb{C}}$ est la complexification du sous-groupe compact maximal
$K$ de
$G$. Or, la variété associée des modules unitaires holomorphes est connue, voir par exemple [Reference Nishiyama, Ochiai and TaniguchiNOT01, Section 7.3]. C’est une unique
$K_{\mathbb{C}}$-orbite, contenue dans
$\mathfrak{p}^{-}$. D’autre part, on dispose d’une paramétrisation combinatoire des
$K_{\mathbb{C}}$-orbites nilpotentes dans
$\mathfrak{p}$, voir par exemple [Reference OhtaOht91], et l’ordre naturel sur les orbites donné par l’inclusion dans l’adhérence est bien décrit combinatoirement. Dans le cas du groupe symplectique
$G=\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$, les orbites sont paramétrées par certains tableaux de Young signés. Tout d’abord, on a un tableau de Young, c’est-à-dire une partition, qui paramètre une orbite nilpotente dans l’algèbre de Lie
$\mathfrak{g}$ et, pour le groupe symplectique, ces tableaux ont
$2n$ cases et les lignes de longueur impaire doivent apparaître avec une multiplicité paire. Pour paramétrer les
$K_{\mathbb{C}}$-orbites nilpotentes dans
$\mathfrak{p}$ contenues dans une orbite nilpotente de
$\mathfrak{g}$, on met de plus des signes dans les cases du tableau de Young, qui doivent alterner le long des lignes du tableau. De plus, pour les lignes d’une longueur impaire donnée (donc un nombre pair de lignes), la moitié doit commencer par
$+$ et l’autre moitié commencer par
$-$. Les orbites contenues dans
$\mathfrak{p}^{-}$ sont celles dont les lignes ont au plus deux éléments et les lignes à deux éléments commencent toutes par
$+$. L’ordre naturel induit sur les orbites contenues dans
$\mathfrak{p}^{-}$ est linéaire et les orbites ont des dimensions distinctes. L’orbite dense dans
$\mathfrak{p}^{-}$ est donc celle correspondant au tableau ayant
$n$ lignes de longueur
$2$, toutes étant égales à
$+-$, et l’orbite
$\{0\}$ correspond bien sûr au tableau à
$2n$ lignes de longueur 1 ;
$n$ étant
$+$ et
$n$ étant
$-$. La variété associée à
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est paramétrée par le tableau signé suivant : si
$2m\geqslant n$, la variété associée est l’orbite dense dans
$\mathfrak{p}^{-}$. Si
$2m<n$, elle est paramétrée par le tableau à
$2m$ lignes de longueur 2 toutes égales à
$+-$ ;
$n-2m$ lignes de longueur 1 étant égales à
$+$ et
$n-2m$ lignes de longueur 1 étant égales à
$-$.
Les éléments du paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ sont les composantes des induites cohomologiques à partir de
$c$-Levi de la forme
$\times _{j=1}^{s}\mathbf{U}(p_{j},q_{j})$ avec
$p_{j}+q_{j}=a_{j}$. Or, on sait calculer la variété associée de ces induites cohomologiques en termes de leur paramétrisation par les tableaux de Young signés comme ci-dessus, voir par exemple [Reference TrapaTra05] qui donne un algorithme simple. Si l’un des
$p_{j}$ est non nul, la variété associée de telles induites comporte au moins une ligne à au moins 4 cases si l’un des
$q_{j}$ est non nul, ou bien seulement des lignes
$-+$ si tous les
$q_{j}$ sont nuls. Dans ce dernier cas,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ n’est certainement pas composante de l’induite, car
$(+-)^{n}$ n’est pas dans l’adhérence de
$(-+)^{n}$. Mais le résultat est vrai aussi dans le premier cas, car l’induite cohomologique est ici irréductible, par le critère suivant dû à Bernstein, Barbasch et Vogan : on induit d’un sous-groupe parabolique
$\unicode[STIX]{x1D703}$-stable
$Q=LU$, l’orbite de Richardson
${\mathcal{O}}$ correspondant à ce parabolique est d’adhérence normale et l’application moment
$T^{\ast }(G/Q)\rightarrow {\mathcal{O}}$ est birationnelle, ce qui garantit l’irréductibilité. La liste des sous-groupes paraboliques vérifiant ce critère est donnée en [Reference BarbaschBar89, Section 14], et l’on vérifie donc que tel est le cas ici. La démonstration de l’irréductibilité de l’induction cohomologique (dans le weakly fair range, ce qui est le cas ici) lorsque le critère est vérifié se trouve dans [Reference VoganVog88].
Si tous les
$p_{j}$ sont nuls, on a un
$c$-Levi compact et l’on peut faire une induction par étapes, en passant par
$\mathbf{U}(n)$. En utilisant l’argument donné dans la démonstration de la remarque 10.3 à la fin de la section 10 faisant appel aux résultats de [Reference TrapaTra01], on permute s’il le faut des indices pour que les indices
$j_{0}$ et
$j_{1}$ deviennent adjacents, tout en restant dans le mediocre range. Mais le passage par
$\mathbf{U}(a_{j_{0}})\times \mathbf{U}(a_{j_{1}})$ avec
$(t_{j_{0}},a_{j_{0}})$,
$(t_{j_{1}},a_{j_{1}})$ comme ci-avant donne 0 dans
$\mathbf{U}(a_{j_{0}}+a_{j_{1}})$ et l’on aboutit à une contradiction.◻
12.3 Fin de la démonstration de la nécessité des conditions
Il nous reste le cas où
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>1$ et
$\unicode[STIX]{x1D713}\neq \unicode[STIX]{x1D713}_{u}$. Remarquons que cela force
$n>1$. D’après le lemme 4.3, on a
$(t_{1}-a_{1}+1)/2\geqslant 0$ puisque
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>1$ et si, de plus,
$(t_{1}+a_{1}-1)/2\geqslant m-1$, on peut invoquer la réduction de la section 10. Dans ce cas, on conclut rapidement grâce au lemme 10.5.
On suppose donc que
$(t_{1}+a_{1}-1)/2<m-1$. Supposons d’autre part
$n-m\geqslant m-1$ et montrons que cela mène à une contradiction. En effet,
$m-1$ a multiplicité 2 dans le caractère infinitésimal. Si un indice
$j\in [2,s]$ de la partie discrète contribue à cette multiplicité, alors
$a_{j}>a_{1}$ et cet indice contribue aussi à la multiplicité de
$(t_{1}+a_{1}-1)/2$. De même, si un terme unipotent contribue à la multiplicité de
$m-1$, il doit contribuer aussi à celle de
$(t_{1}+a_{1}-1)/2$. Ainsi la multiplicité de
$(t_{1}+a_{1}-1)/2$ est au moins égale à 3, ce qui contredit le lemme 4.3.
On voit donc que l’hypothèse
$(t_{1}+a_{1}-1)/2<m-1$ implique
$m-1>n-m$, ce que l’on suppose maintenant. Le même genre d’arguments sur le caractère infinitésimal montre que nécessairement,
$(t_{1}+a_{1}-1)/2=n-m$. Si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})<2m-1$, il existe un indice
$j_{0}\in \{1,\ldots ,s\}$ tel que
$(t_{j_{0}}+a_{j_{0}}-1)/2=m-1$. Comme nécessairement
$t_{j_{0}}-a_{j_{0}}+1\geqslant 0$, cet indice
$j_{0}$ vérifie la condition (23), et il est facile de voir que c’est le seul. On peut donc appliquer les résultats de la proposition 10.2 et du lemme 10.5, et conclure dans ce cas.
Nous allons conclure grâce au lemme suivant.
Lemme 12.3. On suppose que
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2m-1$,
$m-1>n-m$ et que
$(t_{1}+a_{1}-1)/2=n-m$. Alors
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ n’est pas dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$, sauf éventuellement si
$n=2(m-1)$,
et
$\unicode[STIX]{x1D713}$ contient
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{n/2}\boxtimes R[n+1]$.
Démonstration.
On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. On écrit
$\unicode[STIX]{x1D702}\boxtimes R[a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})]$ pour le terme
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ qui définit
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$. En particulier, comme
$2m>n+1$, on a
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>n$. On peut donc appliquer les résultats de la section 20 assurant que la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est obtenue par la correspondance de Howe à partir d’une représentation d’un groupe orthogonal
$\mathbf{O}(p,q)$, où la forme quadratique a pour discriminants normalisés
$\unicode[STIX]{x1D702}$ et
$p+q=2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=2(n-m)+2$.
On connaît donc un
$K$-type de
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ : il existe des entiers
$x\in [0,\lfloor p/2\rfloor ],y\in [0,\lfloor q/2\rfloor ]$ et des entiers strictement positifs
$\unicode[STIX]{x1D6FC}_{j},\unicode[STIX]{x1D6FD}_{\ell }$ pour
$j\in [1,x]$,
$\ell \in [1,y]$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ contient le
$K$-type de plus haut poids :
où le nombre de
$1,0,-1$ est comme en (26), mais pour
$G_{u}=\mathbf{Sp}(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1,\mathbb{R})$. On sait que ce
$K$-type est de « degré minimal », au sens de Howe, où ce degré est la somme des valeurs absolues des coefficients (sans le
$(p-q)/2$).
Pour qu’une telle représentation de
$K$ soit dans
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$, il faut que chaque coefficient
soit inférieur ou égal à
$-m-(p-q)/2$. On a
On en déduit
$-m-(p-q)/2<0$, ainsi
$x=0$ et il n’y a pas non plus de 1 ni de 0 dans (28). De plus, le nombre de
$-1$ dans (28) est
$n-\ell$.
La représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ contient le
$K$-type de plus haut poids
$(-m\ldots ,-m)$ et le degré de ce
$K$-type est
$n(m+(p-q)/2)$, qui doit être supérieur ou égal au degré du
$K$-type de plus haut poids (28) valant
$\sum _{\ell }\unicode[STIX]{x1D6FD}_{\ell }+n-\ell$. On obtient donc
ce qui force tous les coefficients de (28) à être égaux à
$-m-(p-q)/2$. En particulier, tous les coefficients sont égaux. Supposons
$p>0$. On a alors
$n+1>2(n+1)-2m=p+q>q$ et donc
$y\leqslant \lfloor q/2\rfloor <n$. Ainsi, il y a au moins un coefficient
$-1$ dans (28) et tous les
$\unicode[STIX]{x1D6FD}_{\ell }$ valent 1. De (29), on tire à nouveau
$1=m+(p-q)/2$ et, comme
$p+q=2(n+1)-2m$, on a
$q=n$ et
$p=n-2m+2$. Or
$2m>n+1$ et on a supposé
$p>0$, on aboutit donc à une contradiction. On a donc nécessairement
$p=0$. Comme ci-dessus,
et donc à nouveau
$n>x$, sauf si
$n=q=0$ qui est absurde. Tous les
$\unicode[STIX]{x1D6FD}_{\ell }$ valent
$1$ et
$1=m+(p-q)/2=m-q/2$, et finalement
$q=n=2(m-1)$.◻
13 Démonstration du théorème 7.1 : multiplicité
$1$
Pour finir la démonstration du théorème, nous allons démontrer que si
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ est dans le paquet d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$, sa multiplicité est
$1$. Dans certains cas, on sait que les paquets
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ ont la propriété de multiplicité
$1$, ce qui règle la question. C’est le cas si
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ [Reference MœglinMœg17] ou si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>n$, ce que nous démontrons ci-après dans la section 20. Comme la réduction de la section 10 contrôle bien les multiplicités, le seul cas restant est celui où
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=1$,
$2m>n+1$ et
où
$(t+n-1)/2=\sup (m-1,n-m)$. Le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ est décrit dans [Reference Mœglin and RenardMRb] comme l’ensemble des composantes irréductibles d’induites cohomologiques à partir d’un caractère
$\unicode[STIX]{x1D6EC}$ de
$\mathbf{U}(p,q)$, de différentielle
$\unicode[STIX]{x1D706}$ comme en (4) et (5), avec ici
$(p,q)$ décrivant l’ensemble des couples tels que
$p+q=n$. Ces induites cohomologiques sont dans le weakly fair range et sont irréductibles ou nulles grâce au critère de Bernstein-Vogan déjà mentionné à la fin de la section 12.2. Mais elles sont non nulles car elles ont un bottom layer qui n’est pas vide : c’est la représentation de
$K$ de plus haut poids
$\unicode[STIX]{x1D706}+2\unicode[STIX]{x1D6FF}(\mathfrak{u}\cap \mathfrak{p})$ valant ici
$$\begin{eqnarray}\left(\underbrace{\frac{t+n+1}{2}-q,\ldots ,\frac{t+n+1}{2}-q}_{p},\underbrace{-\frac{t+n+1}{2}+p,\ldots ,-\frac{t+n+1}{2}+p}_{q}\right)\!,\end{eqnarray}$$ qui est bien un poids dominant puisque
$t+n+1-(p+q)=t+1$. Pour que cette représentation soit un
$K$-type de
$\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$, il faut nécessairement, si
$p\neq 0$, que
$(t+n+1)/2-q\leqslant -m$. Comme
$(t+n+1)/2\geqslant m-1$, il faudrait que
$2m\leqslant q+1\leqslant p+q=n$. Or par hypothèse
$2m\geqslant n+1$, ce qui aboutit à une contradiction. On a donc
$p=0$ et l’on conclut grâce aux résultats de la section 11.1.
14 Démonstration du théorème 8.7
Supposons que
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. On connaît le paramètre de Langlands de
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}$ par la proposition 9.2. Le plus grand exposant est
$(n-k)$ et il existe donc d’après le corollaire 9.3 une représentation de
$\mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ intervenant dans
$\unicode[STIX]{x1D713}$ de dimension supérieure ou égale à
$2n+1-2k$. Si cette représentation n’est pas dans
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$, on doit avoir
$n\geqslant 2n+1-2k$, ce qui force
$n+1\leqslant 2k$, mais cela est impossible. D’où
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})\geqslant 2(n-k)+1$. Le coefficient maximal dans le caractère infinitésimal est
$n-k$ et l’on ne peut donc pas avoir
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>2n+1-2k$, d’où le calcul de
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$. D’après le corollaire 9.3, l’égalité force le fait que
$\unicode[STIX]{x1D713}$ contient
$\mathbf{sgn}^{k}\boxtimes R[2(n-k)+1]$. L’énoncé de multiplicité
$1$ se démontre avec les mêmes arguments que dans le cas des représentations
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$, en particulier grâce aux résultats de la section 20, et nous laissons les détails au lecteur.◻
15 Discriminant et invariant de Hasse normalisés
Soit
$F$ un corps local et
$V$ un espace vectoriel de dimension
$N$ sur
$F$, muni d’une forme quadratique
$Q$ non dégénérée. On note
$(.,.)_{F}$ le symbole de Hilbert associé au corps
$F$. Les invariants suivants sont attachés à la forme quadratique
$Q$.
Le déterminant : on écrit
$Q(x)=\sum _{i=1}^{N}a_{i}x_{i}^{2}$ dans une base orthogonale de
$V$ et l’on définit
$D(Q)$ comme la classe de
$\prod _{i=1}^{N}a_{i}$ dans
$F^{\times }/(F^{\times })^{2}$. Cette classe est indépendante de la base orthogonale choisie.
Le discriminant : on multiplie le déterminant par un facteur de normalisation en posant
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)=(-1)^{(N(N-1))/2}D(Q)$. Le discriminant est donc un élément de
$F^{\times }/(F^{\times })^{2}$. Par la théorie du corps de classe, on lui associe un caractère quadratique du groupe de Weil
$W_{F}$ de
$F$, que l’on note de la même façon
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)$.
L’invariant de Hasse : on définit
$E(Q)=\prod _{1\leqslant i<j\leqslant n}(a_{i},a_{j})_{F}$ et l’on normalise en posant
Ici
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$ est un élément de
$F^{\times }/(F^{\times })^{2}$ dont la signification apparaîtra plus tard. On a donc
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\in \{\pm 1\}$.
Le discriminant et l’invariant de Hasse ainsi normalisés sont invariants par ajout d’un plan hyperbolique.
Proposition 15.1. Dans le cas où
$F$ est le corps des réels
$\mathbb{R}$, ces in-va-riants sont tous déterminés par la signature
$(p,q)$ de la forme quadratique
$Q$. On note alors
$D(p,q)$,
$\unicode[STIX]{x1D702}(p,q)$ et
$\unicode[STIX]{x1D716}(p,q)$. On a :
— si
$n=p+q$ est pair,
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & D(p,q)=(-1)^{q},\qquad \unicode[STIX]{x1D702}(p,q)=(-1)^{(p-q)/2}, & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)=(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}(p-q)/4\rfloor }\,; & \displaystyle \nonumber\end{eqnarray}$$— si
$n=p+q$ est impair,
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & D(p,q)=(-1)^{q},\qquad \unicode[STIX]{x1D702}(p,q)=(-1)^{(p-q-1)/2}, & \displaystyle \nonumber\\ \displaystyle & \unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)=(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}(p-q-1)/4\rfloor }. & \displaystyle \nonumber\end{eqnarray}$$
Démonstration.
Calculons ces invariants lorsque
$p+q$ est pair, qui est le seul cas dont l’on se servira, en laissant le cas
$p+q$ impair au lecteur. Comme la formule (30) est invariante par ajout de plans hyperboliques et qu’il en est de même pour la formule proposée, il suffit de vérifier l’égalité pour les signatures
$(p,q)$ telles que
$pq=0$. Remarquons d’abord que
$\unicode[STIX]{x1D702}(p,q)=(-1)^{(p-q)/2}$,
$D(p,q)=(-1)^{q}$ et
$E(p,q)=(-1)^{q(q-1)/2}$. Si
$q=0$, (30) se simplifie en
Si
$p/2$ est pair, cela vaut
$(-1)^{p/4}$ quelle que soit la valeur de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$ ; et si
$p/2$ est impair, cela vaut
$(-1)^{\lfloor p/4\rfloor }$ si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=+1$ et
$(-1)^{\lfloor p/4\rfloor +1}$ si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$ ; mais comme
$p/2$ est impair,
d’où le résultat annoncé. Si
$p=0$, on utilise l’égalité (pour
$n$ pair)
D’où pour
$p=0$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)=(-1)^{q/2}\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(q,p)=(-1)^{q/2+\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}q/4\rfloor }$. Si
$q/2$ est pair, cette formule est indépendante de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$ et vaut bien
$(-1)^{-q/4}=(-1)^{q/4}$ ; et si
$q/2$ est impair, la formule dépend de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$ et est celle annoncée :
$(-1)^{\lfloor -\unicode[STIX]{x1D6FF}q/4\rfloor }$.◻
Remarquons qu’en dimension impaire, on fait clairement un choix arbitraire :
$\unicode[STIX]{x1D702}(2,1)=1$,
$\unicode[STIX]{x1D702}(1,2)=-1$.
16 Caractères de
$\mathbf{O}(V,Q)$ et image par la correspondance de Howe
16.1 Correspondance de Howe locale
On se place d’abord sur un corps local
$F$ de caractéristique 0. On fixe un caractère additif
$\unicode[STIX]{x1D713}$ de
$F$. Nous n’allons utiliser la correspondance de Howe que dans le cas d’une paire duale orthogonale paire/symplectique. Soit
$V$ un espace vectoriel de dimension
$N=2m$ sur
$F$, muni d’une forme quadratique
$Q$ non dégénérée. Soit
$W$ un espace vectoriel symplectique sur
$F$ de dimension
$2n$. Les conjectures de Howe étant maintenant démontrées en toute généralité [Reference HoweHow89, Reference WaldspurgerWal90, Reference Gan and TakedaGT16], pour toute représentation irréductible
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ de
$\mathbf{O}(V,Q)$, on note
$\unicode[STIX]{x1D703}_{W,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D70B})$ son image par la correspondance de Howe, qui est une représentation irréductible de
$\mathbf{Sp}(W)$, ou bien 0. Comme tous les espaces symplectiques sur
$F$ de dimension
$2n$ sont isomorphes, on note en réalité plutôt
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D70B})$ pour
$\unicode[STIX]{x1D703}_{W,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D70B})$ et
$\mathbf{Sp}(2n,F)$ pour
$\mathbf{Sp}(W)$.
Rappelons quelques propriétés de la correspondance de Howe. Pour toute représentation irréductible
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ de
$\mathbf{O}(V,Q)$,
(1) si
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D70B})\neq 0$, alors pour tout
$n^{\prime }\geqslant n$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n^{\prime },V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D70B})\neq 0$ ;(2) si
$n$ est suffisamment grand, alors
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D70B})\neq 0$.
On en déduit que
$n_{0}(\unicode[STIX]{x1D70B})=\min _{n\in \mathbb{N}}\{n|\,\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D70B})\neq 0\}$ existe et l’on appelle cet entier la première occurrence de
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ dans la correspondance.
(3) (Loi de conservation)
$n_{0}(\unicode[STIX]{x1D70B})+n_{0}(\unicode[STIX]{x1D70B}\otimes \det )=2m$,(4)
$n_{0}(\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(V,Q)})=0$,
$n_{0}(\det _{\mathbf{O}(V,Q)})=2m$.
Les lois de conservation ont été conjecturées dans [Reference Kudla and RallisKR94] et démontrées dans [Reference Sun and ZhuSZ15].
16.2 Correspondance de Howe globale
On se place maintenant sur un corps de nombre
$k$. Si
$v$ est une place de
$k$, on note
$k_{v}$ le corps local correspondant et l’on ajoute un indice
$v$ aux notations pour les objets sur
$k_{v}$ lorsque ceux-là ont été définis précédemment sur un corps local quelconque. Les objets définis sur le corps de nombre
$k$ ou sur l’anneau des adèles
$\mathbb{A}_{k}$ seront notés quant à eux en caractères gras. On fixe un espace vectoriel
${\mathcal{V}}$ sur
$k$ de dimension
$N=2m$ muni d’une forme quadratique
${\mathcal{Q}}$ et l’on pose
$(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})=\prod _{v}({\mathcal{V}}_{v},{\mathcal{Q}}_{v})$. On fixe un caractère additif
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}=(\unicode[STIX]{x1D713}_{v})_{v}$ de
$\mathbb{A}_{k}/k$. Aux places réelles qui nous intéressent, on supposera implicitement que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v}$ est le caractère
$\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R},1}$ de la remarque 3.4.
Pour toute représentation automorphe cuspidale
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})$, on note
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})$ son relèvement par séries thêta dans
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{A}_{k})$. C’est une représentation automorphe de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{A}_{k})$ ou bien 0.
L’analogue évident des propriétés (1) et (2) ci-avant est valable dans le cas global ; notons (1′) et (2′) ces propriétés. On peut alors définir aussi la première occurrence
$n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})$ comme ci-avant. On a alors aussi les propriétés suivantes.
(3′)
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}),{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})$ est cuspidale.(4′)
$n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})\leqslant 2m$.(5′) Si
$n>n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})$ et si
$n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})+n>2m-1$, alors
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})$ est de carré intégrable ; et si
$n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})+n=2m-1$, c’est une induite de carré intégrable.
En effet, d’après la théorie de Rallis (cf. [Reference RallisRal84]), pour
$n\geqslant n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}})$ n’a qu’un seul terme constant cuspidal non nul, celui-là étant relatif au parabolique de facteur de Levi
Ce terme constant vit dans l’induite
et l’assertion découle alors de [Reference Mœglin and WaldspurgerMW95, Theorem I.4.11]. Ici
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}})$ est le discriminant de la forme quadratique
${\mathcal{Q}}$, qui est définie comme dans le cas local et est un élément de
$k^{\times }/(k^{\times })^{2}$. Par la théorie du corps de classe, on le voit aussi comme un caractère quadratique de
$k^{\times }$.
Supposons que la forme quadratique
${\mathcal{Q}}$ soit anisotrope à au moins une place, de sorte que le groupe orthogonal correspondant soit compact. Alors la caractère trivial de
$\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})$ est automorphe cuspidal et son relèvement par série thêta existe pour tout
$n$, c’est-à-dire :
(6′)
$n_{0}(\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})})=0$.
D’après [Reference RallisRal84, Theorem I.1.1], on a de plus :
(7′) pour tout
$n\geqslant 0$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n+1,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})})$ se réalise comme quotient de l’induite relative au sous-groupe parabolique de facteur de Levi
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}})|.|^{-(n+1-m)}\times \unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\mathbf{Triv}_{\boldsymbol{ O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})}),\end{eqnarray}$$
$\mathbf{GL}_{1}\times \mathbf{Sp}_{2n}$ de
$\mathbf{Sp}_{2n+2}$.
16.3 Caractères de
$\mathbf{O}(V,Q)$
On se place sur un corps local
$F$ de caractéristique 0 et
$V$ est un espace vectoriel de dimension
$N=2m$ sur
$F$, muni d’une forme quadratique
$Q$ non dégénérée. En général, si
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ est une représentation de
$\mathbf{SO}(V,Q)$ stable par l’automorphisme extérieur de ce groupe, elle se relève de deux façons à
$\mathbf{O}(V,Q)$, et il n’existe a pas de manière canonique de choisir l’un de ces deux relèvements. Pour les caractères de
$\mathbf{SO}(V,Q)$, nous allons fixer un relèvement. Évidemment, comme relèvement du caractère trivial de
$\mathbf{SO}(V,Q)$, on choisit le caractère trivial de
$\mathbf{O}(V,Q)$.
La norme spinorielle est un morphisme de groupes
$NS_{Q}:\mathbf{O}(V,Q)\rightarrow F^{\times }$. Elle dépend de la forme quadratique
$Q$, et pas simplement de
$\mathbf{O}(V,Q)$ (en effet,
$\mathbf{O}(V,Q)=\mathbf{O}(V,\unicode[STIX]{x1D706}Q)$ pour tout
$\unicode[STIX]{x1D706}\in F^{\times }$, mais
$NS_{\unicode[STIX]{x1D706}Q}\neq NS_{Q}$ en général). Les caractères de
$\mathbf{O}(V,Q)$ sont de la forme
$(\unicode[STIX]{x1D702}\circ NS_{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}}$, où
$\unicode[STIX]{x1D702}$ est un caractère quadratique de
$F^{\times }$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}\in \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$. Un calcul immédiat montre que
Pour
$\unicode[STIX]{x1D6FF}\in F^{\times }/(F^{\times })^{2}$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}$ un caractère quadratique de
$F^{\times }$, posons
C’est un caractère de
$\mathbf{O}(V,Q)$, bien défini car ne dépendant pas du choix d’un représentant de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}\unicode[STIX]{x1D702}(Q)$ dans
$F^{\times }$. Tous les caractères de
$\mathbf{O}(V,Q)$,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$ étant fixé, sont de la forme
où
$\unicode[STIX]{x1D702}$ décrit les caractères quadratiques de
$F^{\times }$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}$ décrit
$\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$.
Remarque 16.1. Il convient de bien distinguer des notations qui sont proches :
$\unicode[STIX]{x1D702}$ est un caractère quadratique de
$F^{\times }$,
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)$ est le discriminant de la forme quadratique
$Q$, et donc un élément de
$F^{\times }/(F^{\times })^{2}$, et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)$ est un caractère du groupe
$\mathbf{O}(V,Q)$. La théorie du corps de classes nous permet d’identifier caractères quadratiques de
$F^{\times }$ (ou de
$W_{F}$) et éléments de
$F^{\times }/(F^{\times })^{2}$ et, selon le contexte, on voit
$\unicode[STIX]{x1D702}$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)$ comme l’un ou l’autre de ces types d’objets.
Dans le cas global, sur un corps de nombres
$k$, on adapte les notations comme en 16.2. On fixe un espace vectoriel
${\mathcal{V}}$ sur
$k$ de dimension
$N=2m$ muni d’une forme quadratique
${\mathcal{Q}}$ et l’on pose
$(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})=\prod _{v}({\mathcal{V}}_{v},{\mathcal{Q}}_{v})$. On fixe aussi un caractère adélique
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}=(\unicode[STIX]{x1D702}_{v})_{v}:\mathbb{A}_{k}^{\times }/k^{\times }\rightarrow \mathbb{C}^{\times }$. On définit alors le caractère
C’est un caractère automorphe.
On revient au cas local et l’on suppose que
$F$ est un corps
$p$-adique.
Proposition 16.2. Soit
$V$ un espace vectoriel de dimension
$N=2m$ sur un corps local non archimédien
$F$ de caractéristique
$0$, muni d’une forme quadratique
$Q$ non dégénérée. Soit
$\unicode[STIX]{x1D702}$ un caractère quadratique de
$F^{\times }$,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$ un élément de
$F^{\times }/(F^{\times })^{2}$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)$ le caractère de
$\mathbf{O}(V,Q)$ défini en (32).
(i) On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D702}\notin \{\unicode[STIX]{x1D702}(Q),1\}$. Alors la première occurrence de
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}}$ dans la correspondance de Howe est pour
$\mathbf{Sp}(2m,F)$ ; en particulier, cela ne dépend pas de
$\unicode[STIX]{x1D70F}$.(ii) On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$, la première occurrence du caractère trivial de
$\mathbf{O}(V,Q)$ est pour
$\mathbf{Sp}(0,F)=\{1\}$ et la première occurrence du caractère déterminant est pour
$\mathbf{Sp}(4m,F)$.(iii) Quel que soit
$\unicode[STIX]{x1D702}$, l’un au moins des deux caractères
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}}$,
$\unicode[STIX]{x1D70F}=0,1$, a une image dans
$\mathbf{Sp}(2m,F)$.
Démonstration de la proposition.
Remarquons que (ii) est la propriété (4) de 16.1 et que (iii) découle directement de la propriété (3). Montrons (i) par des arguments globaux. On considère un corps de nombre
$k$ et un espace quadratique
$({\mathcal{V}},{\mathcal{Q}})$ sur
$k$ avec une place
$v_{1}$ de
$k$ telle que
$k_{v_{1}}=F$,
$({\mathcal{V}}_{v_{1}},{\mathcal{Q}}_{v_{1}})=(V,Q)$. On suppose que la forme quadratique est anisotrope en au moins une place
$v_{2}$ et donc que le groupe orthogonal correspondant est compact (une telle place est forcément archimédienne si
$N=2m>4$, soit
$m>2$). On fixe aussi un caractère quadratique adélique
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}=(\unicode[STIX]{x1D702}_{v})_{v}$ de
$\mathbb{A}_{k}^{\times }/k^{\times }$ tel que
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}}=\unicode[STIX]{x1D702}$ et une famille
$\unicode[STIX]{x1D749}=(\unicode[STIX]{x1D70F}_{v})_{v}$ d’éléments de
$\{0,1\}$ avec un nombre fini et pair de
$v$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}=1$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}=\unicode[STIX]{x1D70F}$. On pose
$\det ^{\unicode[STIX]{x1D749}}=\prod _{v|\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}=1}\det _{v}$.
Le caractère
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}}$ de
$\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})$ est alors automorphe cuspidal (grâce à l’anisotropie en
$v_{2}$) et l’on peut appliquer les résultats énoncés en 16.2. En particulier, ce caractère admet un relèvement par séries thêta
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}})$ non nul si
$n$ est assez grand et ce relèvement est une représentation automorphe de carré intégrable (propriétés (2′) et (5′) de 16.2).
On connaît les composantes locales de
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}})$ aux places finies non ramifiées et cela détermine un paramètre d’Arthur global [Reference ArthurArt13]. Pour un tel
$n$, on en déduit (cf. [Reference MœglinMœg11, Section 4]) localement que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})\neq 0$ et que cette représentation appartient au paquet d’Arthur de paramètre :
Mais les représentations associées à ces paramètres sont bien connues, elles ont été étudiées dans [Reference MœglinMœg06]. En particulier, l’hypothèse sur
$\unicode[STIX]{x1D702}$ assure que le troisième bloc de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ est différent des deux premiers et il est montré alors en loc. cit. que si
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ apparaît dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$, alors, pour tout
$n^{\prime }\geqslant m$, il existe une représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ avec
telle que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ soit l’unique quotient irréductible de l’induite :
Un résultat sur la filtration de Kudla [Reference MœglinMœg11, section 2.1] assure que
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ est égale à
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n^{\prime },V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$. En particulier, on peut prendre
$n^{\prime }=m$ et l’on voit que la première occurrence
$n_{0}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ du caractère est certainement inférieure ou égale à
$m$. Mais comme cela est vrai pour les deux valeurs de
$\unicode[STIX]{x1D70F}$, la loi de conservation (4) de 16.1 assure que
$n_{0}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})=m$.◻
On se place maintenant dans le cas
$F=\mathbb{R}$ où
$Q$ est de signature
$(p,q)$ avec
$p+q=N=2m$ pair. Les caractères du groupe
$\mathbf{O}(p,q)$ se factorisent par le groupe de ses composantes connexes qui est isomorphe à
$\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$ si
$pq=0$ et
$\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}\times \mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$ si
$pq\neq 0$. Dans le premier cas, il y a donc deux caractères, le caractère trivial et le déterminant ; dans le second, il faut en ajouter deux. Tous ces caractères sont déterminés par leur restriction au sous-groupe compact maximal
$\mathbf{O}(p,0)\times \mathbf{O}(0,q)$ de
$\mathbf{O}(p,q)$. On note
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)$ plutôt que
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)$ le caractère de
$\mathbf{O}(p,q)$ construit en (32).
Il y a deux caractères quadratiques de
$\mathbb{R}^{\times }$, le caractère trivial et le caractère signe, notés
$1_{\mathbb{R}^{\times }}$ et
$\mathbf{sgn}_{\mathbb{R}^{\times }}$ ou simplement 1 et
$\mathbf{sgn}$. Si l’on prend
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$, alors
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)=\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(p,q)}$ pour tout
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$ et l’on obtient ainsi en (33) les deux caractères
$\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(p,q)}$ et
$\det _{\mathbf{O}(p,q)}$ de
$\mathbf{O}(p,q)$. Si l’on prend
$\unicode[STIX]{x1D702}=\mathbf{sgn}$ et
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=1$, alors
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)=\mathbf{sgn}_{1}$ admet comme restriction à
$\mathbf{O}(p,0)\times \mathbf{O}(0,q)$ le caractère
Le quatrième et dernier caractère est alors
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)\otimes \det =\mathbf{sgn}_{1}\otimes \det$ qui admet comme restriction à
$\mathbf{O}(p,0)\times \mathbf{O}(0,q)$ le caractère
Remarquons que lorsque
$pq=0$, les caractères
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)\otimes \det$ sont bien définis, on retrouve simplement les caractères
$\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(p,q)}$ et
$\det _{\mathbf{O}(p,q)}$ (pas nécessairement dans cet ordre). Par exemple, pour
$\mathbf{O}(2,0)$ et
$\mathbf{O}(0,2)$ :
On détermine
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)$ lorsque
$\unicode[STIX]{x1D702}=\mathbf{sgn}$ et
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$ grâce à (31).
Déterminons l’image par la correspondance de Howe de ces caractères. La correspondance est fixée ici par le choix du caractère additif
$\unicode[STIX]{x1D713}_{\mathbb{R},1}$ en (10).
Le caractère trivial
$\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(p,q)}$ a une image dans
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ pour tout
$n$. Celle-là contient le
$\mathbf{U}(n)$-type :
Le caractère
$\det _{\mathbf{O}(p,q)}$ a une image dans
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ pour
$n\geqslant p+q=N=2m$. Celle-là contient le
$\mathbf{U}(n)$-type :
Si
$(p-q)/2$ est impair, la restriction du caractère
$\mathbf{sgn}_{1}$ de
$\mathbf{O}(p,q)$ au sous-groupe compact maximal
$\mathbf{O}(p)\times \mathbf{O}(q)$ est
$\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(p)}\boxtimes \det _{\mathbf{O}(q)}$. L’image de ce caractère par la correspondance de Howe dans le groupe
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ est non nulle si
$n\geqslant q$ et cette image contient alors le
$\mathbf{U}(n)$-type :
Toujours avec
$(p-q)/2$ impair, la restriction du caractère
$\mathbf{sgn}_{1}\otimes \det$ de
$\mathbf{O}(p,q)$ au sous-groupe compact maximal
$\mathbf{O}(p)\times \mathbf{O}(q)$ est
$\det _{\mathbf{O}(p)}\boxtimes \mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(q)}$. L’image de ce caractère par la correspondance de Howe dans le groupe
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ est non nulle si
$n\geqslant p$ et cette image contient alors le
$\mathbf{U}(n)$-type :
Si
$(p-q)/2$ est pair, la restriction du caractère
$\mathbf{sgn}_{1}$ de
$\mathbf{O}(p,q)$ au sous-groupe compact maximal
$\mathbf{O}(p)\times \mathbf{O}(q)$ est
$\det _{\mathbf{O}(p)}\boxtimes \mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(q)}.$ L’image de ce caractère par la correspondance de Howe dans le groupe
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ est non nulle si
$n\geqslant p$ et cette image contient alors le
$\mathbf{U}(n)$-type :
Toujours avec
$(p-q)/2$ pair, la restriction du caractère
$\mathbf{sgn}_{1}\otimes \det$ de
$\mathbf{O}(p,q)$ au sous-groupe compact maximal
$\mathbf{O}(p)\times \mathbf{O}(q)$ est
$\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(p)}\boxtimes \det _{\mathbf{O}(q)}$. L’image de ce caractère par la correspondance de Howe dans le groupe
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ est non nulle si
$n\geqslant q$ et cette image contient alors le
$\mathbf{U}(n)$-type :
Si
$p=0$, l’image du caractère trivial de
$\mathbf{O}(0,q)=\mathbf{O}(0,2m)$ est la représentation unitaire de plus haut poids scalaire
$-m$ notée
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ dans l’article et l’image du déterminant est la représentation notée
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}$ (la condition d’existence est
$2m\leqslant n$). Si l’on prend
$q=0$ et
$p=N=2m$, on obtient des représentations unitaires de plus bas poids qui sont les contragrédientes de celles-là.
Si
$p=q=1$, on a une image dans
$\mathbf{SL}(2,\mathbb{R})$ de plus haut poids 1 : c’est encore la limite de série discrète holomorphe (avec les conventions usuelles, pas celles de la première partie de cet article) de
$\mathbf{SL}(2,\mathbb{R})$.
Remarque 16.3. Si l’on prend
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$, on obtient les mêmes énoncés en échangeant les rôles de
$p$ et
$q$.
16.4
$A$-paquets
Nous reprenons les notations de la section précédente pour un corps local
$F$. Lorsque
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ est non nulle, nous allons maintenant donner un paquet d’Arthur la contenant.
Théorème 16.4. On suppose
$n\geqslant 2m-1$. La représentation
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$, si elle n’est pas nulle, est dans le
$A$-paquet de paramètre
Démonstration.
Remarquons que si
$F$ est un corps
$p$-adique et que
$\unicode[STIX]{x1D702}\notin \{\unicode[STIX]{x1D702}(Q),1\}$, on a déjà montré le résultat dans la démonstration de la proposition 16.2(i) (avec une meilleure hypothèse sur
$n$). Nous allons donner une démonstration générale avec le même genre d’argument global, mais plus fin.
On considère un corps de nombre
$k$, un espace quadratique
$({\mathcal{V}},{\mathcal{Q}})$ sur
$k$ de dimension
$2m$, un caractère adélique quadratique
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}=(\unicode[STIX]{x1D702}_{v})_{v}$ de
$\mathbb{A}_{k}^{\times }/k^{\times }$ et une famille
$\unicode[STIX]{x1D749}=(\unicode[STIX]{x1D70F}_{v})_{v}$ d’éléments de
$\{0,1\}$ avec un nombre fini et pair de
$v$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}=1$ avec les propriétés suivantes :
– en une place
$v_{0}$,
$k_{v_{0}}=F$,
$({\mathcal{V}}_{v_{0}},{\mathcal{Q}}_{v_{0}})=(V,Q)$,
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D702}$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D70F}$ ;– en toute place
$v\notin \{v_{0},v_{1}\}$, on choisit
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}$ de sorte que la première occurrence de
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}}$ dans la correspondance de Howe soit au moins égale à
$m$ (ce qui est possible d’après la proposition 16.2) ;– en une place
$v_{1}$ réelle,
$({\mathcal{V}}_{v_{1}},{\mathcal{Q}}_{v_{1}})$ est de signature
$(m,m)$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}}=\mathbf{sgn}$. Nous avons vu dans la section précédente que la première occurrence du caractère
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}}$ est pour
$n_{0}=m$, et cela pour tout
$\unicode[STIX]{x1D70F}\in \{0,1\}$. On choisit alors
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}=\{0,1\}$ tel que le nombre de
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}$ égaux à 1 soit pair ;– en une place
$v_{2}$, la forme quadratique est anisotrope, et donc le groupe orthogonal correspondant est compact (une telle place est forcément archimédienne si
$N=2m>4$, soit
$m>2$).
Le caractère
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}}$ de
$\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})$ est alors automorphe cuspidal (grâce à l’anisotropie en
$v_{2}$) et l’on peut appliquer les résultats énoncés en 16.2. Localement, en toute place
$v$ et pour tout
$n\geqslant 2m-1$, on a
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})\neq 0$. Le théorème 2 (2) de [Reference YamanaYam14] nous dit alors que le relèvement global
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}})$ est non nul, et ce relèvement est une représentation automorphe et de carré intégrable (propriétés (1′) et (5′) de 16.2). En effet, l’hypothèse faite à la place
$v_{1}$ implique que la première occurrence d’un relèvement global est au moins égale à
$m$. (Pour appliquer le résultat de Yamana, outre la non-annulation locale, il y a une condition sur les fonctions
$L$ qui est vérifiée ici : elle sont calculées dans le théorème 1 [Reference YamanaYam14] et l’on se trouve en dehors de la bande critique. Les pôles viennent donc des fonctions
$L$-partielles faciles à calculer et il n’y a pas de zéro.)
La théorie d’Arthur [Reference ArthurArt13] s’applique et l’on en déduit un paramètre d’Arthur global déterminé par la correspondance de Howe aux places non ramifiées. Localement, cela nous donne l’appartenance de
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ au paquet voulu.◻
Remarque 16.5. On peut se demander à quelle condition on a
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})\neq 0$ pour
$n\geqslant 2m-1$. La première occurrence par la correspondance de Howe d’un caractère de
$\mathbf{O}(V,Q)$ est toujours pour
$n_{0}\leqslant 2m$ et n’est égale à
$2m$ que pour le caractère déterminant. On a donc
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})\neq 0$ pour
$n\geqslant 2m-1$, sauf si
$n=2m-1$,
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}=1$. Le paramètre d’Arthur du théorème est alors
et l’on constate que les deuxième et troisième blocs sont égaux.
Remarque 16.6. Une autre possibilité d’avoir deux blocs égaux dans le paramètre d’Arthur du lemme précédent est lorsque
$m=1$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)=1$. On a alors
En dimension 2, il n’existe pas de forme quadratique
$Q$ de discriminant trivial et d’invariant de Hasse non trivial.
17 Calcul des
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$
On se place sous les hypothèses du théorème 16.4, dont l’énoncé fait intervenir un paramètre d’Arthur local unipotent
Le groupe
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ s’identifie naturellement à
$\mathbf{S}(\mathbf{O}(1)\times \mathbf{O}(1)\times \mathbf{O}(1))$, sauf dans les quelques cas suivants où l’on a des multiplicités dans
$\unicode[STIX]{x1D713}$ :
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$,
$n=2m-1$,
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)\neq 1$ ou
$m\geqslant 2$,
$A(\unicode[STIX]{x1D713})=\mathbf{S}(\mathbf{O}(1)\times \mathbf{O}(1))$,
$\unicode[STIX]{x1D702}=\unicode[STIX]{x1D702}(Q)$,
$n=m$,
$\unicode[STIX]{x1D702}\neq 1$ ou
$m\geqslant 2$,
$A(\unicode[STIX]{x1D713})=\mathbf{S}(\mathbf{O}(1)\times \mathbf{O}(1))$.
$\unicode[STIX]{x1D702}=\unicode[STIX]{x1D702}(Q)=1$,
$n=2m-1$,
$m=1$,
$A(\unicode[STIX]{x1D713})=\{1\}$. En dehors de ces cas, on identifie
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ au groupe
Dans tous les cas, on identifie
$\widehat{A(\unicode[STIX]{x1D713})}$ à l’ensemble des fonctions sur les blocs de
$\unicode[STIX]{x1D713}$, à valeurs dans
$\{\pm 1\}$, égales sur les blocs égaux, modulo changement de signe. On peut voir ces fonctions comme un triplet
$(\unicode[STIX]{x1D716}_{1},\unicode[STIX]{x1D716}_{2},\unicode[STIX]{x1D716}_{3})\in \{\pm 1\}^{3}$ défini à un signe global près et l’on peut choisir un représentant naturel avec la condition
$\unicode[STIX]{x1D716}_{1}\unicode[STIX]{x1D716}_{2}\unicode[STIX]{x1D716}_{3}=1$.
Le théorème 16.4 affirme que si
$n\geqslant 2m-1$ et si la représentation
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ est non nulle, alors elle est dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. On rappelle (cf. section 4.1) qu’Arthur définit alors une représentation
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ et l’on sait d’après la propriété de multiplicité
$1$ de ces paquets que cette représentation est de dimension
$1$. On l’identifie comme ci-dessus à un triplet de signes
$\pm 1$ que l’on note
Rappelons que la définition de
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})}$ dépend du choix d’une donnée de Whittaker. On en fixe une non ramifiée.
Lemme 17.1. On suppose que le corps local
$F$ est non archimédien et que
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)=\unicode[STIX]{x1D702}=1$. On a alors
et dans ce cas, ni
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)$ ni
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)$ ne dépendent de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$.
Remarque 17.2. Nous verrons plus loin que cette formule est aussi valide dans le cas où
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}$ sont non ramifiés et non égaux (corollaire 17.7). La dernière assertion dit que la formule est indépendante du choix de la donnée de Whittaker.
Démonstration.
Si
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$,
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)=\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(V,Q)}$ et si
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)=1$, la formule (30) montre que
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)$ ne dépend pas de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$. Le résultat est un cas particulier du lemme suivant, qui est une conséquence de la filtration de Kudla et des relations entre modules de Jacquet et paquets d’Arthur étudiés dans le paragraphe 2 de [Reference MœglinMœg11].
Lemme 17.3. On suppose que le corps local
$F$ est non archimédien.
(i) On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)=1$. Alors
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F})=\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F})\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F})=\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q).\end{eqnarray}$$(ii) On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$. Alors
$$\begin{eqnarray}\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F})=\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F})\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F})=(-1)^{\unicode[STIX]{x1D70F}}.\end{eqnarray}$$
Remarque 17.4. Dans le lemme 17.1, le triplet
$((-1)^{\unicode[STIX]{x1D70F}},(-1)^{\unicode[STIX]{x1D70F}}\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q))$ ne correspond pas à un caractère de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ lorsque les coordonnées corres-pon-dant à deux blocs de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ identiques ne sont pas identiques. Nous avons vu que
$\unicode[STIX]{x1D713}$ a deux blocs identiques lorsque
$m=1$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)=1$, ou bien lorsque
$n=2m-1$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$. Dans le premier cas, la remarque 16.6 nous dit que nécessairement
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)=1$, donc le problème ne se pose pas. Dans le second cas, il y a un problème éventuel lorsque
$\unicode[STIX]{x1D702}=1$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}=1$, mais c’est justement le cas considéré dans la remarque 16.5 où l’on a alors
$\unicode[STIX]{x1D703}_{2m-1,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})=0$, de sorte que le problème disparaît aussi.
On énonce maintenant des résultats analogues lorsque
$F=\mathbb{R}$. Ici
$V$ est donc un espace vectoriel réel de dimension
$N=2m$ muni d’une forme quadratique
$Q$ de signature
$(p,q)$,
$p+q=N=2m$. On fixe aussi un ca-ra-ctère quadratique
$\unicode[STIX]{x1D702}$ de
$\mathbb{R}^{\times }$.
Théorème 17.5. On suppose
$n\geqslant 2m-1$. La représentation
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$, si elle n’est pas nulle, est dans le
$A$-paquet de paramètre
et le caractère de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ attaché à
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(p,q)\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ est alors
La première assertion est contenue dans le théorème 16.4. Nous allons démontrer le reste par des arguments globaux. On fixe donc un corps de nombre
$k$, un caractère adélique
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}=(\unicode[STIX]{x1D702}_{v})_{v}$, un espace quadratique
$({\mathcal{V}},{\mathcal{Q}})$ sur
$k$ de dimension
$N=2m$ que l’on suppose anisotrope en au moins une place (une telle place est forcément réelle si
$N>4$) et une famille
$(\unicode[STIX]{x1D70F}_{v})_{v}$ d’éléments de
$\{0,1\}$ avec un nombre fini et pair de
$v$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}=1$.
Proposition 17.6. On suppose que
$n\geqslant 2m$. Alors pour toute place
$v$ de
$k$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est non nulle et appartient au paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}_{v})$ où
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v}$ est le paramètre d’Arthur local
On fixe une donnée de Whittaker globale non ramifiée aux places finies. Le caractère de
$A(\unicode[STIX]{x1D713}_{v})$ associé à
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est donné par un triplet de signes
$(\unicode[STIX]{x1D716}_{1,v},\unicode[STIX]{x1D716}_{2,v},\unicode[STIX]{x1D716}_{3,v})$. On a alors pour tout
$i\in \{1,2,3\}$ la formule de produit :
$\prod _{v}\unicode[STIX]{x1D716}_{i,v}=1$.
Le même résultat est vrai si
$n=2m-1$ et si l’on suppose que pour toute place
$v$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{2m-1,V_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est non nulle et que de plus, en une place
$v^{\prime }$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n^{\prime },V_{v^{\prime }}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v^{\prime }})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v^{\prime }}})=0$ si
$n^{\prime }<m$.
Démonstration.
On sait déjà d’après le théorème 16.4 que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}_{v})$ si elle est non nulle et que tel est le cas aussi si
$n\geqslant 2m$ (propriété (4) de la section 16.1). Comme on a supposé que
${\mathcal{Q}}$ est anisotrope à au moins une place, le caractère
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}}$ de
$\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})$ est automorphe cuspidal et
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}})$, lorsqu’elle est non nulle, est une représentation automorphe de composantes locales
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,V_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$.
Supposons
$n\geqslant 2m$. On sait alors que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}})$ est non nulle, car l’on est dans le stable range, et de carré intégrable (propriété (5’) de 16.2). Arthur lui associe alors un paramètre global dont les localisés
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v}$ sont comme dans l’énoncé de la proposition. La formule de produit n’est alors que la formule de multiplicité d’Arthur. Sous l’hypothèse
$n=2m-1$, nous ne sommes pas dans le rang stable. Toutefois, l’hypothèse de non-annulation des
$\unicode[STIX]{x1D703}_{2m-1,V_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det _{v}^{\unicode[STIX]{x1D70F}})$ permet d’appliquer [Reference YamanaYam14] (l’hypothèse sur les fonctions
$L$ est vérifiée, l’argument a été donné dans la démonstration du théorème 16.4) et l’on a
$n_{0}=n_{0}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}})\leqslant 2m-1$. L’hypothèse locale en
$v^{\prime }$ implique que
$n_{0}\geqslant m$. Ainsi
$\unicode[STIX]{x1D703}_{2m-1,{\mathcal{V}}}^{\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D713}}}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(\boldsymbol{Q})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D749}})$ est non nulle, c’est donc une représentation automorphe de carré intégrable d’après la propriété (5’) de 16.2 et l’on peut conclure comme ci-dessus par la théorie d’Arthur.◻
Démonstration du théorème 17.5.
On démontre d’abord le cas où la forme est anisotrope, i.e.
$pq=0$. On globalise la situation sur
$\mathbb{Q}$. On note
$v_{0}$ la place réelle. On suppose que la donnée de Whittaker globale se localise en la donnée
$\text{Wh}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}$ en
$v_{0}$. On fixe un caractère adélique
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}=(\unicode[STIX]{x1D702}_{v})_{v}$ tel que
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D702}$ et un espace quadratique
$({\mathcal{V}},{\mathcal{Q}})$ de dimension
$N=2m$ sur
$\mathbb{Q}$ vérifiant les propriétés suivantes.
(a)
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D702}$,
$({\mathcal{V}}_{v_{0}},{\mathcal{Q}}_{v_{0}})$ est de signature
$(p,q)$ (avec
$pq=0$).(b) Il existe deux places finies
$v_{1}$ et
$v_{2}$ telles que
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})=\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}}=1$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{2}})\neq \unicode[STIX]{x1D702}_{v_{2}}$ avec
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{2}})$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{2}}$ non triviaux.(c) L’invariant de Hasse
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})$ est 1 en toute place
$v$ différente de
$v_{0}$ et
$v_{1}$ ; et en
$v_{0}$ et
$v_{1}$, les invariants de Hasse coïncident (c’est nécessaire par la formule du produit), c’est-à-dire
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})=\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})$.
On fixe une famille
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}$ avec
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}=\unicode[STIX]{x1D70F}$ et telle que pour tout
$v\notin \{v_{0},v_{1},v_{2}\}$, la première occurrence de
$n_{0,v}=n_{0}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ vérifie
$n_{0,v}\leqslant m$. Si le nombre de
$v\notin \{v_{0},v_{1},v_{2}\}$ pour lequel
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}=1$ est impair, on pose
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{2}}=1$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{2}}=0$ sinon (de sorte que l’on ait bien un nombre pair de places
$v$ telles que
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}=1$).
On suppose tout d’abord que
$n\geqslant 2m$. Dans ce cas,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est non nul pour toute place
$v$ et les triplets
$(\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}),\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}),\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}))$ sont définis. Pour
$i=1,2,3$, on pose
$E_{i}=\prod _{v\neq v_{0},v_{1}}\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v})$. Les hypothèses sur
$v_{2}$ assurent, d’après la proposition 16.2(i), que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n^{\prime },{\mathcal{V}}_{v_{2}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{2}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{2}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{2}})=0$ si
$n^{\prime }<m$ et les hypothèses de la proposition 17.6 (avec
$v^{\prime }=v_{2}$) sont satisfaites ; on a donc pour
$i=1,2,3$ :
La formule à démontrer est, d’après les hypothèses sur
$v_{1}$ et le lemme 16.4 :
cela est donc équivalent à
$E_{i}=1$,
$i=1,2,3$.
Pour montrer que
$i=1,2,3$,
$E_{i}=1$, on va se ramener au cas
$m=1$ et
$n=1$. Supposons d’abord
$m>1$. On introduit un espace quadratique
$({\mathcal{V}}^{\prime },{\mathcal{Q}}^{\prime })$ sur
$\mathbb{Q}$ de dimension
$2m-2$, un caractère adélique quadratique
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}^{\prime }$ et une famille
$\unicode[STIX]{x1D749}^{\prime }=(\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}^{\prime })_{v}$ d’élément de
$\mathbb{Z}/2\mathbb{Z}$ avec les propriétés suivantes :
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v}^{\prime })=\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v})$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}^{\prime })=\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}^{\prime })$,
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v}^{\prime }=\unicode[STIX]{x1D702}_{v}^{\prime }$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}^{\prime }=\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}$ pour toute place
$v\notin \{v_{0},v_{1}\}$. En
$v_{0}$, si
$m-1>1$, on garde une forme anisotrope ; et si
$m=1$, on remarque qu’en la place
$v_{2}$, comme
$\unicode[STIX]{x1D702}^{\prime }({\mathcal{Q}}_{v_{2}})=\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{2}})\neq 1$, la forme est anisotrope, de sorte que dans tous les cas, la forme
$({\mathcal{V}}^{\prime },{\mathcal{Q}}^{\prime })$ est anisotrope à au moins une place. Aux places
$v_{0}$ et
$v_{1}$, on impose juste
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})=\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}$, mais l’on peut choisir ces valeurs respectivement dans
$\{\pm 1\}$ et
$\{0,1\}$.
On sait que pour toute place
$v\notin \{v_{0},v_{1}\}$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est dans le paquet de paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}=(\unicode[STIX]{x1D702}_{v}\boxtimes R[1])\oplus (\unicode[STIX]{x1D702}_{v}\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v})\boxtimes R[2m-1])\oplus (\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v})\boxtimes R[2(n-m)+1])$ et, de plus, les résultats de [Reference MœglinMœg11] nous disent que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est dans une induite de la forme
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v}\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v})|\,|^{m-1}\times \unicode[STIX]{x1D70C}$, où
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ est une représentation irréductible de
$\mathbf{Sp}(2(n-1),\mathbb{Q}_{v})$ dans le paquet de paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }=(\unicode[STIX]{x1D702}_{v}\boxtimes R[1])\oplus (\unicode[STIX]{x1D702}_{v}\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v})\boxtimes R[2m-3])\oplus (\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v})\boxtimes R[2(n-m)+1])$. En utilisant la filtration de Kudla, on voit de plus que
$\unicode[STIX]{x1D70C}=\unicode[STIX]{x1D703}_{n-1,{\mathcal{V}}_{v}^{\prime }}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q_{v}^{\prime })\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}^{\prime }})$. D’autre part, le caractère de
$A(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ associé par Arthur à
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n-1,{\mathcal{V}}_{v}^{\prime }}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q_{v}^{\prime })\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}^{\prime }})$ est donné par le triplet
$(\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}),\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}),\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}))$. Cela nous ramène par récurrence au cas où
$m=1$ (et
$n$ a été remplacé par
$n-m+1$).
On suppose donc
$m=1$, et si
$n>1$, on suit un raisonnement analogue pour remplacer
$n$ par
$n-1$ : pour toute place
$v\notin \{v_{0},v_{1}\}$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est dans le paquet de paramètre
De plus,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est dans une induite de la forme
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v})|\,|^{n-1}\times \unicode[STIX]{x1D70C}$, où
$\unicode[STIX]{x1D70C}$ est une représentation irréductible de
$\mathbf{Sp}(2(n-1),\mathbb{Q}_{v})$ dans le paquet de paramètre
De plus,
$\unicode[STIX]{x1D70C}=\unicode[STIX]{x1D703}_{n-1,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ et le caractère de
$A(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ associé par Arthur à
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n-1,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$ est encore
$(\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}),\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}),\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}))$. On se ramène ainsi au cas
$m=n=1$.
On va alors utiliser de nouveau la formule de produit de la proposition 17.6 mais dans le sens inverse, c’est-à-dire que l’on va montrer que
$E_{i}=1$ pour
$i=1,2,3$ en prouvant que
$\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(1,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}})=\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(\!1,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}},\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}))$,
$i=1,2,3$, mais avec ici
$n=m=1$. Pour pouvoir utiliser cette formule de produit, il faut de plus qu’aux places
$v_{0}$ et
$v_{1}$, on ait choisi
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}$,
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}$ tels que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{0}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}})$ et
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{1}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{1}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}})$ soient non nulles, ce qui impose
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}=0$. On a donc
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}=0$ et il faut que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{0}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}))$ soit non nulle. Si
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})=1$, c’est-à-dire si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(1,1)$, c’est le cas, car tous les caractères de
$\mathbf{O}(1,1)$, sauf le déterminant qui est exclu ici, ont une image dans
$\mathbf{SL}(2,\mathbb{R})$ par la correspondance de Howe. Si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{0}}$ est trivial,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{0}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}))$ est la représentation sphérique et le caractère d’Arthur associé est trivial, c’est-à-dire
$\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(1,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),0)=1$,
$i=1,2,3$, et d’après le lemme 17.1, on a aussi
$\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(1,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}}),0)=1$,
$i=1,2,3$, ce qui conclut ce cas. On regarde ensuite le cas où
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{0}}$ est le caractère signe. On a vu dans la section 16 que si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=+1$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{0}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}))$ contient le
$\mathbf{U}(1)$-type
$|.|$ et si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$, il contient le
$\mathbf{U}(1)$-type
$|.|^{-1}$. Dans le premier cas, on a donc la limite de série discrète holomorphe, et dans le second, une limite de série discrète antiholomorphe. Le paramètre d’Arthur est ici tempéré, c’est un paramètre de Langlands, et on connaît la paramétrisation de ces paquets par les caractères de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ (qui, rappelons-le, dépend du choix de
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$via le modèle de Whittaker). On a fait en sorte qu’avec le choix du modèle de Whittaker correspondant à
$\unicode[STIX]{x1D6FF}$, on ait le caractère trivial, c’est-à-dire à nouveau
$\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(1,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),0)=1$,
$i=1,2,3$. D’après le lemme 17.1, on a aussi
$\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(1,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}}),0)=1$,
$i=1,2,3$ car
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})=\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})=1$, ce qui conclut ce cas.
Considérons maintenant le cas où
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})=-1$, c’est-à-dire que la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(0,2)$ ou
$(2,0)$. Si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{0}}$ est trivial,
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})$ est le caractère trivial et
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{0}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}))$ est non nulle, c’est la limite de série discrète holomorphe si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(2,0)$, antiholomorphe si la signature est
$(0,2)$. L’invariant de Hasse
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})$ est égal à
$1$ si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=1$ et si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(2,0)$ ou bien si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$ et si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(0,2)$, et vaut
$-1$ si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$ et si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(2,0)$ ou bien si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=1$ et si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(0,2)$. Le paquet d’Arthur est dans ce cas un paquet tempéré et l’on conclut comme ci-dessus.
Si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{0}}=-1$,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{0}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}))$ n’existe que si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})$ est le caractère trivial, c’est-à-dire si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=1$ et la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(2,0)$ ou bien si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$ et si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(0,2)$. Comme dans le cas précédent,
$\unicode[STIX]{x1D703}_{1,{\mathcal{V}}_{v_{0}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}))$ est donc la limite de série discrète holomorphe si la signature de
${\mathcal{Q}}_{v_{0}}$ est
$(2,0)$, antiholomorphe si la signature est
$(0,2)$ et les invariants de Hasse sont identiques. On conclut donc de la même façon.
Cela termine la démonstration de la proposition dans le cas où
$n\geqslant 2m$. Nous en tirons le résultat suivant, qui nous permettra de conclure dans le cas
$n=2m-1$.
Corollaire 17.7. On se replace dans la situation du début de la section avec un corps local
$F$ non archimédien de caractéristique
$0$, un espace quadratique
$(V,Q)$ de dimension
$2m$ et un caractère quadratique
$\unicode[STIX]{x1D702}$ de
$F^{\times }$. On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D702}(Q)$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}$ sont non ramifiés et non égaux et
$n\geqslant 2m$. On a alors
$(\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F}),\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F}),\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D70F}))=((-1)^{\unicode[STIX]{x1D70F}},(-1)^{\unicode[STIX]{x1D70F}}\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q),\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}(Q))$.
Démonstration.
On commence par le cas où
$n\geqslant 2m$ et l’on considère une situation globale, comme dans la proposition 17.6, avec un corps de nombres
$k$, une place
$v_{1}^{\prime }$ avec
$k_{v_{1}}=F$ et une place
$v_{0}$ réelle où la forme quadratique est anisotrope. La formule de la proposition est démontrée pour
$v_{0}$. On utilise la formule de produit ainsi que celle obtenue en changeant simultanément les valeurs de
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}$. Comme
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}})\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}+1)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}})\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}+1)=-1,\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}})\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}+1)=1,\nonumber\end{eqnarray}$$ on obtient les mêmes identités avec
$v_{1}^{\prime }$ :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}+1)\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}+1)=-1,\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}+1)=1.\nonumber\end{eqnarray}$$ On fait de même en changeant cette fois simultanément les valeurs de
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }})$, et l’on obtient :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})\unicode[STIX]{x1D716}_{1}(n,-\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})=1\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})\unicode[STIX]{x1D716}_{2}(n,-\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad =\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})\unicode[STIX]{x1D716}_{3}(n,-\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})=-1.\nonumber\end{eqnarray}$$ De plus, dans le cas où
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}=0$ et
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }})=1$, on sait que le caractère associé est trivial (correspondance de Howe non ramifiée). Cela donne la formule voulue. On utilise alors les arguments de [Reference MœglinMœg06] sur les modules de Jacquet et ceux sur la filtration de Kudla de [Reference MœglinMœg11] pour la place finie
$v_{1}^{\prime }$, comme dans la démonstration de la proposition 16.2 pour prouver que ces identités sont aussi valides lorsque
$n=2m-1$.◻
Revenons à la démonstration de la proposition dans le cas où
$n=2m-1$. Si l’on cherche à faire la même démonstration que dans le cas
$n\geqslant 2m-1$, on rencontre un obstacle qui est la possible annulation des
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v})\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}})$. En
$v=v_{0}$, cette image est non nulle par hypothèse et l’on peut toujours s’arranger pour que ce soit le cas à toutes les places autres que
$v_{1}$. En effet, les hypothèses en
$v_{2}$ montrent que c’est le cas pour cette place. En
$v_{1}$, l’image est nulle si
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}=1$. On considère alors une place
$v_{1}^{\prime }$ comme dans le corollaire ci-dessus, et l’on change simultanément les valeurs de
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}$ en
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}+1=0$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}+1$, de sorte que maintenant
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}_{v_{1}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{1}}}(\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}}))$ est non nulle, et l’on utilise la formule de produit pour en déduire la formule du lemme pour la place
$v_{0}$. Cela termine la démonstration de cette formule dans le cas anisotrope.
Maintenant, on ne suppose plus que la forme est anisotrope. On globalise alors de la manière suivante :
$k$ est une extension quadratique de
$\mathbb{Q}$ avec exactement deux places réelles,
$v_{0}$ et
$v_{0}^{\prime }$. En
$v_{0}$, on met la forme quadratique qui nous intéresse ; et en
$v_{0}^{\prime }$, on met une forme anisotrope. On fixe ensuite trois places finies,
$v_{1}$,
$v_{1}^{\prime }$ et
$v_{2}$. En
$v_{2}$, on émet les mêmes hypothèses que précédemment. En
$v_{1}$ et
$v_{1}^{\prime }$, on suppose
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}}$,
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}^{\prime }}$,
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }})$ triviaux. On suppose que
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}})=\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}})$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}^{\prime }})=\unicode[STIX]{x1D716}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }})$,
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}}$ et
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}^{\prime }}=\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }}$. On fixe
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{2}}$ pour que le nombre de places
$v$ avec
$\unicode[STIX]{x1D70F}_{v}=1$ soit pair. Aux autres places finies, on fait les mêmes hypothèses que précédemment. L’hypothèse de compacité à au moins une place est assurée par
$v_{0}^{\prime }$. Les produits
$\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{0}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{0}^{\prime }})\unicode[STIX]{x1D716}_{i}(n,\unicode[STIX]{x1D702}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}({\mathcal{Q}}_{v_{1}^{\prime }}),\unicode[STIX]{x1D70F}_{v_{1}^{\prime }})$,
$i=1,2,3$, valent 1 d’après ce que l’on a montré ci-dessus. On a alors, pour
$i=1,2,3$, d’après les formules de produits
Il s’agit alors de montrer que
$E_{i}=1$ pour
$i=1,2,3$, et l’on raisonne comme ci-dessus.◻
18 Calcul de
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ pour les modules unitaires de plus haut/bas poids
On spécialise le résultat de la proposition 17.5 au cas où la forme quadratique
$Q$ sur l’espace réel
$V$ est anisotrope. Rappelons les notations : la dimension de
$V$ est
$N=2m$, la signature de
$Q$ est
$(p,q)$ avec donc ici
$p=0$ ou
$q=0$. L’image du caractère trivial et du déterminant de
$\mathbf{O}(0,2m)$ dans
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ par la correspondance de Howe sont respectivement les modules unitaires de plus haut poids notés
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}$. L’image du caractère trivial et du déterminant de
$\mathbf{O}(2m,0)$ dans
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ par la correspondance de Howe sont respectivement les modules unitaires de plus bas poids
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)^{\ast }$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}^{\ast }$.
Proposition 18.1. Fixons sur
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ la donnée de Whittaker
$\text{Wh}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}$,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}\in \{\pm 1\}$, et soit
$\unicode[STIX]{x1D70F}\in \{0,1\}$. On suppose
$n\geqslant 2m-1+\unicode[STIX]{x1D70F}$. L’image
$\unicode[STIX]{x1D70B}$ du caractère
$\det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}}$ de
$\mathbf{O}(2m,0)$ dans
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ par la correspondance de Howe appartient aux paquets d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ de paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$
et le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ associé est
On a un résultat analogue si l’on remplace
$\mathbf{O}(2m,0)$ par
$\mathbf{O}(0,2m)$, en remplaçant
$\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor$ par
$\lfloor -\unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor$.
Démonstration.
Si
$\unicode[STIX]{x1D70F}^{\prime }=0$, c’est exactement l’énoncé de la proposition 17.5. Si
$\unicode[STIX]{x1D70F}^{\prime }=1$, il faut déterminer
$\unicode[STIX]{x1D70F}^{\prime \prime }\in \{0,1\}$ tel que
$\mathbf{sgn}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}\otimes \det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}^{\prime \prime }}=\det ^{\unicode[STIX]{x1D70F}}$ sur
$\mathbf{O}(2m,0)$. Or on a calculé dans la section 16.3 que
$\mathbf{sgn}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}$ est égal à
$\det _{\mathbf{O}(2m,0)}^{m+1}$ si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=1$ et
$\det _{\mathbf{O}(2m,0)}^{m}$ si
$\unicode[STIX]{x1D6FF}=-1$, d’où le résultat.◻
Corollaire 18.2. On fixe la donnée Whittaker
$\text{Wh}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}$ sur
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. Pour le paramètre
les caractères
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ pour
$\unicode[STIX]{x1D70B}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$,
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}$,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)^{\ast }$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}^{\ast }$ sont respectivement
Pour le paramètre
les caractères
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ pour
$\unicode[STIX]{x1D70B}=\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$,
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}$,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)^{\ast }$ et
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}^{\ast }$ sont respectivement
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle ((-1)^{((1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m)},(-1)^{((1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m)+\lfloor -\unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor },(-1)^{\lfloor -\unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor }),\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle ((-1)^{1+(1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m},(-1)^{1+(1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m+\lfloor -\unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor },(-1)^{\lfloor -\unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor }),\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle ((-1)^{((1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m)},(-1)^{((1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m)+\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor },(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor }),\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle ((-1)^{1+(1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m},(-1)^{1+(1+\unicode[STIX]{x1D6FF})/2+m+\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor },(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}m/2\rfloor }).\nonumber\end{eqnarray}$$Passons maintenant au cas d’un paramètre d’Arthur non nécessairement unipotent. On utilise les résultats de [Reference Mœglin and RenardMRb] qui nous ramènent au cas unipotent du corollaire précédent, ce qui suit est donc simplement un exercice de traduction, où la seule difficulté est de faire attention aux choix de données de Whittaker (cf. remarque 4.2).
On se place donc dans les hypothèses des théorèmes 7.1 et 7.2. On fixe
$m\leqslant n$ et l’on suppose donc que l’on a un paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D713}_{u}\oplus \unicode[STIX]{x1D713}_{d}$ avec
$\unicode[STIX]{x1D713}_{d}=\bigoplus _{i=1}^{s}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{i}}\boxtimes R[a_{i}])$ et, pour tout
$i\in [1,s-1]$,
$t_{i}\geqslant t_{i+1}$, tel que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. On est dans l’une des situations suivantes.
(1)
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est irréductible.(2)
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ contient
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m}\boxtimes R[2(n-m)+1]$ et n’est pas irréductible.(3)
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ contient
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m-1}\boxtimes R[2(n-m)+3]$ et n’est pas irréductible.
On identifie le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)^{\ast }}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ à une application de l’ensemble des blocs de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ dans
$\{\pm 1\}$, telle que les valeurs prises sur des blocs égaux soient égales et que le produit de toutes ces valeurs soit
$1$. Pour les applications à l’endoscopie et aux formules de multiplicité d’Arthur, on a besoin de connaître les valeurs prises sur les blocs discrets
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{i}}\boxtimes R[a_{i}]$, que l’on va noter
$\unicode[STIX]{x1D716}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{i}}\boxtimes R[a_{i}])$, et pour les blocs unipotents, lorsqu’il y en a trois, les produits des valeurs sur chaque couple de deux blocs. Notons
$\unicode[STIX]{x1D716}_{3}$ la valeur de
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)^{\ast }}$ sur le bloc
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m-1}\boxtimes R[2(n-m)+3]$ du cas (3) ou sur le bloc
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m}\boxtimes R[2(n-m)+1]$ du cas (2). Dans ces deux cas, notons
$\unicode[STIX]{x1D702}_{1}\boxtimes R[1]$ et
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}\boxtimes R[2a-1]$ (avec nécessairement
$2a-1\leqslant 2(n-m)+1$ les deux autres blocs unipotents de
$\unicode[STIX]{x1D713}$ et
$\unicode[STIX]{x1D716}_{1}$, et
$\unicode[STIX]{x1D716}_{2}$ les valeurs de
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)}$ sur ces blocs, respectivement). Pour tout
$i\in [1,s]$, posons
$a_{{<}i}=\sum _{j<i}a_{j}$,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}_{i}=\unicode[STIX]{x1D6FF}(-1)^{a_{{<}i}}$ et
$\unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }=\unicode[STIX]{x1D6FF}(-1)^{\sum _{i=1}^{s}a_{i}}$.
Proposition 18.3. Fixons sur
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ la donnée de Whittaker
$\text{Wh}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}$,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}\in \{\pm 1\}$. Le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)^{\ast }}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ est donné par les formules suivantes.
Pour tout
$i\in [1,s]$,
$\unicode[STIX]{x1D716}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{i}}\boxtimes R[a_{i}])=(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}_{i}(a_{i}/2)\rfloor }$.
Dans les cas
$(2)$ et
$(3)$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{1}\unicode[STIX]{x1D716}_{2}=(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }(a/2)\rfloor }$,
Dans le cas
$(2)$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{2}\unicode[STIX]{x1D716}_{3}=1$ si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m}$ et
$\unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }(-1)^{a+1}$ si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m+1}$.
Dans le cas
$(3)$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{2}\unicode[STIX]{x1D716}_{3}=-1$ si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m-1}$ et
$\unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }(-1)^{a}$ si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m}$.
Remarque 18.4. (i) Si
$a=1$, on ne peut pas distinguer les indices 1 et 2 comme définis avant l’énoncé. Dans ce cas,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{1}\unicode[STIX]{x1D716}_{2}=\unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }$ et l’on vérifie que les formules sont cohérentes par permutation des indices 1 et 2.
(ii) On vérifie que
$\unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }=(-1)^{m-a}\unicode[STIX]{x1D6FF}$ dans le cas (2) et
$\unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }=(-1)^{m-a-1}\unicode[STIX]{x1D6FF}$ dans le cas (3).
Démonstration.
La démonstration est une traduction immédiate du corollaire 18.2, en tenant compte de la proposition 7.2 qui ramène le cas général au cas unipotent. ◻
On se place maintenant dans les hypothèses du théorème 8.7. On a un paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ comme ci-avant dans le cas (2) et l’on adopte les mêmes notations. On démontre de la même façon le résultat suivant.
Proposition 18.5. Fixons sur
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ la donnée de Whittaker
$\text{Wh}_{\unicode[STIX]{x1D6FF}}$,
$\unicode[STIX]{x1D6FF}\in \{\pm 1\}$. Le caractère
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,m}^{\ast }}$ de
$A(\unicode[STIX]{x1D713})$ est donné par les formules suivantes.
Pour tout
$i\in [1,s]$,
$\unicode[STIX]{x1D716}(\unicode[STIX]{x1D6FF}_{t_{i}}\boxtimes R[a_{i}])=(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}_{i}(a_{i}/2)\rfloor }$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{1}\unicode[STIX]{x1D716}_{2}=(-1)^{\lfloor \unicode[STIX]{x1D6FF}^{\prime }(a/2)\rfloor }$,
$\unicode[STIX]{x1D716}_{2}\unicode[STIX]{x1D716}_{3}=-1$ si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m}$ et
$\unicode[STIX]{x1D6FF}(-1)^{m}$ si
$\unicode[STIX]{x1D702}_{2}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{m+1}$.
19 Démonstration des théorèmes 9.1 et 9.2
On reprend les notations et hypothèses du théorème 9.1 On globalise la situation sur
$k=\mathbb{Q}$ en prenant un espace quadratique
$({\mathcal{V}},{\mathcal{Q}})$ de dimension
$2m$ tel qu’à la place réelle, la forme quadratique soit de signature
$(0,2m)$ et pour cette situation globale, on adopte les notations de la section 16.2.
Pour tout
$n\geqslant m$, on obtient par une récurrence immédiate de la propriété (7′) de 16.2 que
$\unicode[STIX]{x1D703}_{n,{\mathcal{V}}}^{\unicode[STIX]{x1D713}}(\mathbf{Triv}_{\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})})$ se réalise comme quotient de l’induite
relative au sous-groupe parabolique de facteur de Levi
$\underbrace{\mathbf{GL}_{1}\times \cdots \times \mathbf{GL}_{1}}_{n-m}\times \mathbf{Sp}_{2m}$ de
$\mathbf{Sp}_{2n}$. À la place réelle, cela dit que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(m)$ est quotient de Langlands de la représentation standard (9.1). Or cette représentation induite a un unique quotient irréductible, le quotient de Langlands.
On se place maintenant dans les hypothèses du théorème 9.2. On remarque que dans le cas
$n=2k$,
$\unicode[STIX]{x1D70E}_{n,k}=\unicode[STIX]{x1D70B}(m)$ avec
$m=k+1$ et le résultat vient d’être démontré. On globalise comme dans la démonstration (avec ici
$({\mathcal{V}},{\mathcal{Q}})$ de dimension
$2k$ et de signature
$(0,2k)$ à la place réelle) qui précède et l’on remarque que tout caractère automorphe cuspidal
$\unicode[STIX]{x1D748}$ de
$\mathbf{O}(\boldsymbol{V},\boldsymbol{Q})$, dont la restriction à
$\mathbf{O}(0,2k)$ est le déterminant, a une image dans la correspondance thêta exactement dans le rang stable, c’est-à-dire pour
$n\geqslant 2k$. La théorie de Rallis (propriété (5′) de 16.2), utilisée exactement comme dans la preuve précédente, nous ramène alors à
$n=2k$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{n}(k+1)$, ce qui permet de conclure.◻
20 Siegel-Weil local
Soit
$k$ un corps de nombres et l’on adopte les notations de la section 16.2 pour les objets attachés à ce corps. On a le résultat global suivant (Siegel-Weil). Soit
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ une représentation cuspidale irréductible de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{A})$. Soit
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}$ un caractère quadratique de
$\mathbb{A}^{\times }/k^{\times }$ et
$s_{0}$ un demi-entier strictement positif. On suppose que la fonction
$L$ partielle
$L^{S}(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}\times \boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}},s)$ a un pôle en
$s=s_{0}+1$ et l’on suppose
$s_{0}$ maximal avec cette propriété. Alors
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ s’obtient par la correspondance thêta à partir d’un groupe orthogonal de dimension
$2(n-s_{0})$ ; en particulier, il faut que cet entier soit positif ou nul. Cela se produit quand la représentation automorphe
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}^{GL}$ de
$\mathbf{GL}_{2n+1}$ obtenue par transfert endoscopique tordu (après stabilisation (cf. [Reference ArthurArt13])) est une induite parabolique du produit tensoriel du caractère
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}\circ \det$ de
$\mathbf{GL}_{2s_{0}+1}$ avec une représentation convenable de
$\mathbf{GL}_{2(n-s_{0})}$, et que
$2s_{0}+1$ est supérieur ou égal aux dimensions des représentations de
$\mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ intervenant dans le paramètre d’Arthur de
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}^{GL}$.
Nous allons énoncer un analogue local de ce résultat, sous les hypothèses suivantes : on considère un paramètre d’Arthur
$\unicode[STIX]{x1D713}$ pour
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ et l’on suppose, d’une part, que
$a(\unicode[STIX]{x1D713})=a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})\geqslant n+1$ et, d’autre part, que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est de longueur au plus
$3$ et si la longueur est
$3$, alors au moins l’une des sous-représentations est de dimension
$1$. On écrit
$\unicode[STIX]{x1D713}=\unicode[STIX]{x1D702}\boxtimes R[a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})]\oplus \unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$, ce qui définit
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$. On globalise la situation en considérant un corps de nombre
$k$ avec au moins trois places réelles,
$v_{0}$,
$v_{1}$,
$v_{2}$,
$v_{0}$ étant celle qui nous intéresse. On fixe aussi une place finie
$w$. On fixe
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{0}}$ une représentation dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$. En
$v_{i}$,
$i=1,2$, on considère un paramètre local
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{i}}=\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))/2}\boxtimes R[a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})]\oplus \unicode[STIX]{x1D713}_{v_{i}}^{\prime }$ tel que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{i}}^{\prime }$ ait le caractère infinitésimal de la représentation triviale ; en
$v_{1}$ , on considère la représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{1}}$ de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$ image par la correspondance de Howe de la représentation triviale du groupe compact
$\mathbf{O}(2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$, tandis qu’en
$v_{2}$, on définit
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{2}}$ comme l’image de la représentation
$\det$ de ce même groupe. Cela est bien défini car l’on a supposé que
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})\geqslant n+1$, d’où
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$, ce qui est la condition pour que le caractère non trivial du groupe compact ait une image dans la correspondance de Howe. On a vu que ces représentations
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{i}}$, pour
$i=1,2$, sont bien dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{i}})$ (cf. section 11).
On écrit le paramètre
$\unicode[STIX]{x1D713}$ comme en (11), c’est-à-dire
On fixe un paramètre d’Arthur global
$\unicode[STIX]{x1D6F9}=\{(\unicode[STIX]{x1D70C}_{j},a_{j})_{j=1,\ldots ,s},(\unicode[STIX]{x1D70C}_{i}^{\prime },a_{i}^{\prime })_{i=1,\ldots ,r}\}$, où les
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{j}$ (resp. les
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{i}^{\prime }$) sont des représentations cuspidales autoduales de
$\mathbf{GL}_{2}$ (resp. de
$\mathbf{GL}_{1}$), dont les localisés en
$v_{0}$,
$v_{1}$ et
$v_{2}$ sont respectivement
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{0}}=\unicode[STIX]{x1D713}$,
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{1}}$ et
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{2}}$. Le paramètre global
$\unicode[STIX]{x1D6F9}^{\prime }$ est obtenu à partir de
$\unicode[STIX]{x1D6F9}$ en enlevant le bloc
$(\unicode[STIX]{x1D70C}_{i}^{\prime },a_{i})$ qui se localise en
$v_{0}$ en
$\unicode[STIX]{x1D702}\boxtimes R[a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})]$.
À toutes les places finies
$v\neq w$, le localisé
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v}$ de
$\unicode[STIX]{x1D6F9}$ est non ramifié et l’on prend une représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v}\in \unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}_{v})$, presque partout non ramifiée. À la place finie
$w$, on impose que les
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{j,w}$ et les
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{i,w}^{\prime }$ soient des représentations cuspidales toutes distinctes (respectivement de
$\mathbf{GL}_{2}(k_{w})$ et
$\mathbf{GL}_{1}(k_{w})$).
Dans ces conditions, le localisé
$\unicode[STIX]{x1D713}_{w}$ de
$\unicode[STIX]{x1D6F9}$ en
$w$ est un paramètre comme ceux étudiés en [Reference MœglinMœg06], et même plus précisément un paramètre dual d’un paramètre de série discrète, c’est-à-dire un morphisme trivial sur la le facteur
$\mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$ du groupe de Weil-Deligne de
$k_{w}$. Il est montré dans [Reference MœglinMœg06] qu’il y a une bijection entre les représentations de
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}_{w})$ et les caractères du centralisateur de
$\unicode[STIX]{x1D713}_{w}$. D’autre part, le centralisateur global s’envoie bijectivement dans le centralisateur local. On fixe aussi une telle représentation
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{w}$ dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D6F9}_{w})$, mais de sorte que la formule de multiplicité d’Arthur soit satisfaite, ce qui est possible d’après la remarque venant d’être faite. Il existe donc une représentation automorphe de carré intégrable
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{A}_{k})$ attachée au paramètre
$\unicode[STIX]{x1D6F9}$.
On globalise le caractère
$\unicode[STIX]{x1D702}$ en un caractère
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}$, de sorte qu’en
$v_{1}$ et
$v_{2}$, il vaille
$\mathbf{sgn}_{W_{\mathbb{R}}}^{(2n+1-a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))/2}$.
Lemme 20.1. Si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=n+1=\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })+1$, la représentation
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ est cuspidale ; si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})>n+1$, il existe un entier
$b\leqslant (a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })-1)/2$ (éventuellement
$b=0$) et une représentation automorphe cuspidale
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70E}}$ de
$\mathbf{Sp}(2\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })+2b,\mathbb{A})$ de paramètre d’Arthur égal à l’union de
$\unicode[STIX]{x1D6F9}^{\prime }$ et de
$(\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}},\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })+1+2b)$, tels que
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ se réalise exactement dans les résidus des séries d’Eisenstein :
$$\begin{eqnarray}\displaystyle & & \displaystyle \left(\mathop{\prod }_{j\in [1,a_{0}]}\left(s_{j}-\frac{a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})+1}{2}+j\right)\right.\nonumber\\ \displaystyle & & \displaystyle \quad \left.\vphantom{\left(\mathop{\prod }_{j\in [1,a_{0}]}\right)}\times E(\unicode[STIX]{x1D702}_{\mathbb{A}}|\,|^{s_{1}}\times \cdots \times \unicode[STIX]{x1D702}_{\mathbb{A}}|\,|^{s_{a_{0}}}\times \unicode[STIX]{x1D748})\right)_{\!s_{a_{0}}=(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})+1)/2-a_{0},\ldots ,s_{1}=(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2}.\nonumber\end{eqnarray}$$ Ici
$a_{0}=(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })-1)/2-b$, les
$s_{j}$ sont des nombres complexes et les évaluations se font dans l’ordre écrit de la gauche vers la droite.
Démonstration.
Il est vraisemblable que
$b=0$, mais on ne le démontre pas. On sait d’après [Reference MœglinMœg08, section 1.3] que si
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ n’est pas cuspidale, il existe
$(\unicode[STIX]{x1D70C},a)$ dans le paramètre d’Arthur de
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ tel que
$a>1$ et une représentation automorphe irréductible
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}^{\prime }$, ici nécessairement de carré intégrable, de
$\mathbf{Sp}(2n-2d_{\unicode[STIX]{x1D70C}},\mathbb{A})$ dont le paramètre d’Arthur est obtenu à partir de celui de
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ en remplaçant
$(\unicode[STIX]{x1D70C},a)$ par
$(\unicode[STIX]{x1D70C},a-2)$ et tel que
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ se réalise comme quotient de l’espace des résidus des séries d’Eisenstein
Ainsi en toute place
$v$, la composante locale
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v}$ est un quotient de
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{v}|\,|^{(a-1)/2}\times \unicode[STIX]{x1D70B}_{v}^{\prime }$. On considère la place
$v_{1}$. Par dualité hermitienne et en utilisant l’unitarité,
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{1}}$ est un sous-module de l’induite
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{v_{1}}|\,|^{-(a-1)/2}\times \unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{1}}^{\prime }$. On réalise
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{1}}$ comme quotient de Langlands pour l’induite
$\unicode[STIX]{x1D708}\times \unicode[STIX]{x1D70B}_{0}$, où
$\unicode[STIX]{x1D708}$ est le caractère de
$\mathbf{GL}((a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2,\mathbb{R})$ quotient de la série principale
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}}|\,|^{(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2}\times \cdots \times \unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}}|\,|$ et
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{0}$ est une représentation tempérée de
$\mathbf{Sp}(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }),\mathbb{R})$. On inclut
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{v_{1}}|\,|^{-(a-1)/2}$ dans une série principale de
$\mathbf{GL}(2,\mathbb{R})$ dont les exposants sont soit
$-(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2$ si
$(\unicode[STIX]{x1D70C},a)=(\unicode[STIX]{x1D702},a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u}))$, ou sinon dans
$[-\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })/2+1,\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })/2-1]$ dont soit le premier soit le deuxième (au moins) est strictement négatif. On envoie aussi
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{1}}^{\prime }$ dans une série principale et l’on utilise la réciprocité de Frobenius. Ainsi parmi les exposants caractères (au sens de Hecht et Schmid) provenant de l’induite de
$\unicode[STIX]{x1D708}\times \unicode[STIX]{x1D70B}_{0}$, on doit trouver les exposants de
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{v_{1}}|\,|^{-(a-1)/2}$. On a la formule de [Reference Hecht and SchmidHS83, 8.24(a)] pour calculer ces exposants et l’on constate que la seule possibilité est que
$\unicode[STIX]{x1D70C}_{v_{1}}$ soit le caractère
$\unicode[STIX]{x1D702}_{v_{1}}$ avec comme exposant
$-(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-1)/2$. Cela force
$(\unicode[STIX]{x1D70C},a)$ à coïncider avec le bloc que l’on a retiré de
$\unicode[STIX]{x1D6F9}$ pour définir
$\unicode[STIX]{x1D6F9}^{\prime }$. On peut alors remplacer
$n$ par
$n-1$ et
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})$ par
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})-2$ ; on vérifie aisément que
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{1}}^{\prime }$ est encore l’image de la représentation triviale du groupe compact
$\mathbf{O}(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }))$ et qu’en
$v_{2}$ c’est l’image du déterminant. La procédure s’arrête si l’on arrive sur une représentation cuspidale, et le lemme est alors facile, ou si l’on arrive à
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=n+1=\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })+1$ avec
$n$ pair. On peut encore appliquer la procédure ci-dessus ; si la représentation n’est pas cuspidale en utilisant
$v_{1}$, on voit que le seul exposant possible est
$-\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })/2$, mais il est trop négatif pour
$\unicode[STIX]{x1D70B}_{v_{2}}$. D’où le fait que la représentation soit cuspidale si
$a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})=\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })+1$.◻
Corollaire 20.2. Soit
$\unicode[STIX]{x1D713}$ un
$A$ paramètre pour
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{R})$. On suppose que
$a(\unicode[STIX]{x1D713})=a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})\geqslant n+1$, que
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est de longueur au plus
$3$, et si
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ est de longueur
$3$, alors que l’une des sous-représentations (au moins) soit de dimension
$1$. Alors les représentations intervenant dans
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ sont obtenues comme images par la correspondance de Howe à partir d’une représentation d’un groupe orthogonal
$\mathbf{O}(p,q)$ avec
$p+q=\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$ contenue dans le paquet
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$. Toute représentation de
$\unicode[STIX]{x1D6F1}(\unicode[STIX]{x1D713})$ a multiplicité
$1$.
Démonstration.
Pour la première assertion, on revient à la construction globale en reprenant les notations du lemme précédent. On applique la formule de Siegel-Weil de Kudla-Rallis (cf. [Reference Kudla and RallisKR94]), parce qu’étant donné les paramètres de
$\unicode[STIX]{x1D748}$, il est facile de voir que la fonction
$L$-partielle de
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D702}}\times \unicode[STIX]{x1D748}$ a un pôle en
$s=(a(\unicode[STIX]{x1D713}_{u})+1)/2-b$. Donc
$\unicode[STIX]{x1D748}$ est dans l’image par série thêta d’une forme automorphe cuspidale d’un groupe orthogonal sur une forme de discriminant
$\unicode[STIX]{x1D702}$ et de dimension
$\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })$. Alors cela reste vrai pour
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ grâce à la théorie des tours de Witt de Rallis [Reference RallisRal84]. Cela force l’analogue local et donc la première assertion.
Pour les multiplicités, on note
$\unicode[STIX]{x1D748}^{\prime }$ la représentation automorphe cuspidale de
$\mathbf{O}(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }),\mathbb{A})$ (ici la forme du groupe orthogonal dépend de
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$) dont l’image par série thêta est
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$. La méthode de [Reference MœglinMœg17] permet de conclure que la multiplicité de
$\boldsymbol{\unicode[STIX]{x1D70B}}$ dans l’espace des formes automorphes de carré intégrable de
$\mathbf{Sp}(2n,\mathbb{A})$ est
$1$ si
$\unicode[STIX]{x1D748}^{\prime }$ intervient avec multiplicité
$1$ dans l’espace des formes automorphes de carré intégrable pour le groupe orthogonal. Bien sûr, pour avoir multiplicité
$1$, il suffit que la restriction de
$\unicode[STIX]{x1D748}^{\prime }$ au groupe spécial orthogonal intervienne avec multiplicité
$1$. On sait que les multiplicités globales se calculent en multipliant les multiplicités locales par un facteur global calculé par [Reference ArthurArt13] ; du moins, cela permet de calculer la multiplicité de la représentation des fonctions invariantes sous l’action d’un automorphisme extérieur (cf. [Reference ArthurArt13] et [Reference TaïbiTaï]). Les multiplicités locales sont
$1$ dès que l’on suppose qu’en les places archimédiennes le caractère infinitésimal de
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ est régulier, ce qui est loisible. Le facteur global vaut
$1$ si
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ contient au moins une représentation de dimension
$1$ de
$W_{\mathbb{R}}\times \mathbf{SL}_{2}(\mathbb{C})$, puisque l’on globalise par un caractère automorphe. Cela règle le cas où
$\unicode[STIX]{x1D713}_{u}$ a trois sous-représentations irréductibles. Si
$\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime }$ n’a pas cette propriété, on a le facteur
$2$, on ne peut pas y échapper. Mais les formules de multiplicités d’Arthur montrent que si en une place, la représentation du groupe spécial orthogonal n’est pas isomorphe à sa conjuguée sous le groupe orthogonal, alors on a quand même multiplicité
$1$ globale. Pour se ramener à ce cas-là, on ajoute simplement dans la globalisation une quatrième place réelle
$v_{3}$, où l’on s’arrange pour que le groupe orthogonal soit le groupe compact
$\mathbf{O}(\dim (\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{3}}^{\prime }/2))$ et où
$\unicode[STIX]{x1D713}_{v_{3}}^{\prime }$ a un caractère infinitésimal très régulier (c’est-à-dire ne contenant pas 0). On n’a pas le choix de la représentation en cette place, c’est la représentation de dimension finie avec le bon caractère infinitésimal, mais il y a deux représentations pour
$\mathbf{SO}$ non isomorphe conjuguées sous le groupe orthogonal : celle qui correspond au caractère infinitésimal
$a_{1}>a_{2}\cdots >a_{\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })/2}>0$ et celle où le dernier coefficient
$a_{\dim (\unicode[STIX]{x1D713}^{\prime })/2}$ est remplacé par son opposé.◻
Remerciements
Nous remercions G. Chenevier, qui a attiré notre attention sur le problème considéré dans cet article et a relu avec attention ses versions successives en signalant de nombreuses coquilles, en particulier une dans les formules de la proposition 18.3. Nous remercions aussi le referee pour ses nombreuses remarques pertinentes.


























