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La géométrisation de l’être dans Matière et mémoire de Bergson

Published online by Cambridge University Press:  26 April 2023

Sébastien Miravete*
Affiliation:
Laboratoire Métaphysique allemande et philosophie pratique (MAPP), Université de Poitiers, Poitiers, France
*
Auteur-ressource. Courriel : sebastien.miravete@gmail.com
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Résumé

Quel statut donner aux calculs et surtout aux figures proposées par Henri Bergson pour expliquer le fonctionnement de la reconnaissance dans Matière et mémoire ? Ce travail suggère que ces calculs et ces figures ne sont pas que des métaphores commodes ; la réalité n'est pas dépourvue d'un certain nombre d’éléments et de grandeurs plus ou moins importantes. Il semble donc possible de supposer qu'après avoir arithmétisé les faits de conscience à l'aide de nombres spéciaux (dans l’Essai), Bergson géométrise l’être spirituel et matériel (dans Matière et mémoire).

Abstract

Abstract

What status should be given to the calculations and especially the figures proposed by Henri Bergson to explain the functioning of recognition in Matter and Memory? This article suggests that these calculations and figures are not just convenient metaphors; reality is not devoid of numbers (e.g., numbers of vibrations, and numbers of memories), and nor is it devoid of more or less extended planes. Therefore, it is possible to suppose that, after having arithmetized the facts of consciousness with the help of special numbers in Time and Free Will, Bergson geometrizes the spiritual and material being in Matter and Memory.

Information

Type
Article
Copyright
Copyright © The Author(s), 2023. Published by Cambridge University Press on behalf of the Canadian Philosophical Association/Publié par Cambridge University Press au nom de l’Association canadienne de philosophie
Figure 0

Figure 1. Représentation par Bergson du fonctionnement de la reconnaissance (1896/2012, p. 115). Le segment O désigne la perception actuelle d'un objet O quelconque. Le cercle A englobe deux images identiques : la perception et le souvenir de O. Les cercles B, C et D appartiennent à la mémoire pure et symbolisent respectivement des degrés de tension ou de dilatation croissants. Ils englobent chacun la perception de O, le souvenir de O, des souvenirs rendus visibles et tous les autres souvenirs demeurés invisibles. Le cercle B’ englobe la perception de O, le souvenir de O et les souvenirs rendus respectivement visibles sur B et qui ont été sélectionnés (de même pour C'et D’). L'expérience consciente englobe, quant à elle, le cercle A et, en fonction du degré de tension de la mémoire pure, un cercle B’, C'ou D’. Plus la mémoire a été dilatée, plus le nombre de souvenirs actualisés dans l'expérience consciente est important, plus nous nous remémorons des caractéristiques de l'objet O (sa ressemblance ou sa relation avec d'autres objets), plus nous le reconnaissons.

Figure 1

Figure 2. Représentation d'un plan de conscience. La matière physique à tel moment de son existence est assimilable pour Bergson à un plan de conscience. La surface symbolise l'espace occupé par cette matière (cet espace est dans la réalité en trois dimensions). La durée de ce moment (sa longueur de temps), aussi courte soit-elle, est symbolisée par l’épaisseur du plan.

Figure 2

Figure 3. Représentation du fonctionnement de la reconnaissance. Cette représentation n'est pas de Bergson. Elle synthétise par commodité les figures des pages 115 et 181. L'objectif est de clarifier ainsi notre interprétation : par un mouvement de translation, la mémoire pure se dilate ou se tend plus ou moins pour laisser apparaître des souvenirs à sa surface ; par un mouvement de rotation, elle fait entrer les souvenirs devenus visibles en contact avec l'objet O ; le schème moteur contenu dans l'objet O filtre alors ces souvenirs et certains deviennent des souvenirs-images.