Cet article examine la problématique de la grossophobie en discutant de ses racines comme de ses impacts sur les personnes qui en sont victimes ainsi que sa manifestation au sein du droit. Il explore plus précisément comment le droit et les politiques publiques peuvent perpétuer la stigmatisation des corps, notamment à travers les interventions en matière de saine alimentation. L’étude se concentre sur l’approche environnementale adoptée au Québec pour promouvoir une alimentation saine, en interrogeant sa capacité à éviter la stigmatisation individuelle. S’appuyant sur le cadre théorique des Fat Studies, l’article expose l’argumentation politique des Fat Studies, présente le cadre normatif québécois destiné à la création d’environnements favorables à la saine alimentation, et examine la place accordée au poids corporel dans les politiques publiques québécoises liées à la saine alimentation dans le but d’offrir une perspective critique sur les approches actuelles en santé publique ainsi que leurs impacts sur la perception sociétale de la grosseur.