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L'ouvrage qu'on va lire a pour objet de demontrer que les racines de toutes les langues du monde sont originairement les memes, et que des formes semblables se montrent dans les idiomes des peuples qui présentent entre eux les plus grandes différences sous le rapport des traits du visage et de la conformation du crâne. Ce résultat important est le fruit de recherches suivies avec assiduité pendant douze ans.
Leur auteur, M. le baron de Merian, vient d'être enlevé aux sciences, le 25 avril 1828, au moment où l'on mettait sous presse la dernière feuille de cet ouvrage. Sa mort est une perte réelle pour la science dont il s'occupait avec une ardeur infatigable.
Livré presque entièrement à l'étude comparative des langues, il avait en quelque sorte créé une nouvelle division de la grammaire générale. Ses méditations s'étaient portées principalement sur cette étude, et l'on peut dire, avec vérité, qu'il a fait dans cette partie des découvertes importantes, qu'il a agrandi considérablement le domaine que d'autres avaient exploité avant lui, et que ses aperçus neufs et remarquables par leur finesse, ont révélé des vérités qui n'avaient pas encore été reconnues ni même entrevues.
Les occupations littéraires étaient, pour M. de merian, le seul délassement qu'il connût à des travaux d'un autre genre. Employé par le gouvernement russe dans la carriére diplomatique, il reinplissait de la maniére la plus distinguée les devoirs que ses fonctions lui imposaient.
On s'est prononcé depuis long-temps, et assez généralement, contre l'opinion qui tend à ramener à une origine commune loutes les langues du monde. Quelle est done la cause d'un éloignement aussi marqué pour une doctrine si peu connue? On la trouvera dans l'inhabilité et l'inexpérience de ceux qui se sont occupés jusqu' à ce jour de recherches de ce genre. Au lieu de constater des faits, ce qui leur eût été facile sous quelque rapport qu'ils eussent envisagé l'etude des langues, leurs efforts et leurstravaux n'ont au contraire abouti, le plus souvent, qu' à élever un échafaudage ridicule d'hypothéses sans fin. C'était, à les entendre, tantôt cette langue, tautôt cette autre, qu'on devait regarder comme la mère commune; jamais ils n'ont su séparer la question sur l'origine des diflérentes races du genre humain, de celle du développement progressif du langage par tout le globe.
Le petit nombre de philologues qui, à l'aide des connaissances nécessaires, ont observé avec soin, en mettant de côté tout préjugé, ont assez bien réussi à classer les langues par families; maisil seinble que ce travail, qui s'attache surtout aux différences, est précisément ce qui les a détournés de considérer le langage sous un aspect plus vaste, c'est-à-dire comme un tout, comme une souche féconde qin a donné naissance à une infinité de branches.
One même loi règne à la fois dans le monde intellectuel et dans le monde physique ; c'est celle du développement progressif de l'esprit et de la matière, celle de la multiplicité provenant de l'unité. Cette loi a été reconnue et proclamée par plusieurs philosophes anciens et modernes.
Du Langage.
Le langage est naturellement soumis á cette même loi immuable.
Science du Langage.
Nous n'entendons pas créer ici de nouveaux rapports; nous ne voulons que communiquer, reproduire un fait positif et important, aussi ancien que le monde, et tracer à l'esprit humain une route facile vers des connaissances certaines, vers une science dont les résultats sont constans. Cet objet, dans les derniers siècles, n'a jeté que par intervalles quelques faibles lueurs. De nos jonrsil est devenu un foyer lumineux et ardent; cependant on n'a pas encore suemployer ce feu avec assez de discernement, pour qu'il portât dans les esprits une lumière utile, et les pénétrât d'une chaleur vivifiante. C'est ce que nous allons essayer.
De l'anatogie des Langues.
Il faut expliquer cette expression. La science du iangage est celle qui s'occupe des rapports mutuels des idées et des formes des différentes langues.
De l'unité des Langues.
Il n'y a eu, dans l'origine, qu'une seule langue.
Ce qu'on appelle communément langties, ne consiste réellement que dans des dialectes de cette langue primitive.