Hostname: page-component-89b8bd64d-x2lbr Total loading time: 0 Render date: 2026-05-09T06:19:38.731Z Has data issue: false hasContentIssue false

La surveillance : un instrument d’évitement de l'intrusion militaire dans le champ politique camerounais

Published online by Cambridge University Press:  08 January 2025

Julio César Dongmo*
Affiliation:
Département de science politique, Université de Montréal, Pôle de recherche sur l'Afrique et le monde émergent, 3744, rue Jean-Brillant, Montréal, Québec, Canada, H3T 1P1
Rights & Permissions [Opens in a new window]

Résumé

Dans la littérature existante, les auteurs associent l'absence et la non-récurrence des intrusions militaires dans le champ politique à la peur des sanctions d'un éventuel échec, à des nominations militaires sélectives sur la base identitaire, à la mise en place de contrepoids militaires, à l'institutionnalisation d'un régime de privilèges militaires et au sens de professionnalisme de l'armée. Partant du postulat que les militaires sont des acteurs rationnels dont la loyauté et la fidélité peuvent évoluer en fonction des conjonctures et des « fenêtres d'opportunités » qui se présentent à eux, cet article montre que ces facteurs ont un pouvoir explicatif limité et soutient qu'une surveillance efficace – aussi bien des militaires que des acteurs sociopolitiques qui peuvent leur donner un prétexte d'intrusion dans le champ politique – est le facteur déterminant. Au-delà de la non-occurrence du coup d’État, cette explication contribue à la littérature sur les stratégies de survie autoritaire. Cette littérature met un accent exclusif sur la répression, la cooptation et la légitimation ; or, la surveillance s'entremêle avec ces stratégies, et ce sont leurs effets combinés qui créent les conditions de la persistance autoritaire.

Abstract

Abstract

In the existing literature, authors associate the absence and non-recurrence of military intrusions into the political arena with the fear of the sanctions of possible failure, selective identity-based military appointments, the establishment of military counterweights, the institutionalization of a regime of military privileges and the military's sense of professionalism. Starting from the premise that the military are rational actors whose loyalty and allegiance can evolve according to the conjunctures and “windows of opportunity” that present themselves to them, this article shows that these factors have limited explanatory power and argues that effective surveillance – of the military and of the sociopolitical actors who can give them a pretext to interfere in the political field – is the determining factor. Beyond the non-occurrence of the coup d’État, this explanation contributes to the literature on the survival strategies of authoritarianism. This literature focuses exclusively on repression, co-optation and legitimization, yet surveillance is interwoven with these strategies, and it is their combined effects that create the conditions for authoritarian persistence.

Information

Type
Étude originale/Research Article
Creative Commons
Creative Common License - CCCreative Common License - BY
This is an Open Access article, distributed under the terms of the Creative Commons Attribution licence (http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/), which permits unrestricted re-use, distribution and reproduction, provided the original article is properly cited.
Copyright
Copyright © The Author(s), 2025. Published by Cambridge University Press on behalf of the Canadian Political Science Association (l’Association canadienne de science politique) and/et la Société québécoise de science politique
Figure 0

Tableau 1 : corps d'appartenance des dirigeants de la DGSN

Figure 1

Tableau 2 : origine ethnorégionale des dirigeants de la DGSN