Cet article explore les effets ambivalents des mobilisations juridiques autochtones, dans un contexte de faible État de droit, à partir d’une étude de cas approfondie de la communauté Xákmok Kásek au Paraguay. Malgré une victoire devant la Cour interaméricaine des droits de l’Homme, les résultats matériels restent limités. Toutefois, le recours au droit joue un rôle important en légitimant les luttes et en structurant les actions collectives. L’analyse repose sur un travail de terrain mené à Asunción et dans le Chaco en 2022, incluant quarante-six entretiens, l’étude de documents juridiques et l’accès aux archives d’ONG. Théoriquement, l’article mobilise les travaux sur les mobilisations juridiques dans les régimes hybrides et autoritaires. Il montre que le droit, bien qu’imparfait, peut renforcer la visibilité et la légitimité des revendications. Cette contribution éclaire les usages stratégiques du droit dans des contextes répressifs et invite à reconsidérer ses effets au-delà des victoires formelles.