Se basant sur un corpus de 1800 tweets, cet article compare deux constructions verbales du français informel : la construction pronominale se taper (ex. se taper une randonnée, se taper la gastro, se taper une bonne bouteille) et la construction active taper (ex. taper un foot, taper un coma, taper un grec), une variante plus récente qui semble gagner du terrain dans le langage des jeunes sur les réseaux sociaux. En s’appuyant sur les résultats de notre étude, nous montrerons que ces deux constructions se distinguent au niveau (i) de la fréquence et de l’ouverture lexicale des emplois que celles-ci ont en commun, (ii) des restrictions sémantiques et morphosyntaxiques imposées sur le syntagme nominal sélectionné, et (iii) des nuances sémantiques véhiculées par ces deux formes verbales. Nous montrerons que ces nuances sémantiques tiennent au fait que les emplois pronominaux mettent principalement en oeuvre des constructions datives tandis que les emplois actifs sont des extensions du sens de base du verbe.