L’attente passive d’une intervention législative en matière d’emploi qui répondra prodigieusement aux enjeux de la crise climatique est délétère. Les fondements du droit du travail révèlent que ce sont les luttes sociales, la solidarité ouvrière et une prise de conscience sociétale à l’égard des dérives et des risques de l’industrialisation sur la personne humaine qui ont alimenté sa densité normative et les différentes strates de lois spécifiques qui le composent aujourd’hui. Pourtant, la crise climatique se présente comme une conséquence évidente du phénomène de l’industrialisation. C’est par un retour sur les mécanismes et les déclencheurs sociaux de la fabrication du droit du travail que se profile sa capacité de répondre aux risques climatiques en emploi ainsi qu’aux conséquences découlant des changements climatiques pour les personnes salariées. L’interface des droits de la personne concourrait également à combler les interstices de la législation du travail face aux défis contemporains posés par la crise climatique.