A mon Aperçu d'une histoire de la langue grecque on a reproché, avec raison, que je n'ai pas su y montrer les actions de l'histoire sur les changements de la langue. En latin, les faits, plus récents, sont en partie plus saisissables, et je me suis efforcé de montrer ici comment les événements historiques et les états successifs de la société ont en quelque mesure déterminé le développement de la langue.
Toutes minces qu'elles sont, les données qu'on possède laissent apercevoir comment le latin s'est détaché de l'indo-européen, sous quelles actions il est devenu une grande langue de civilisation, comment la langue savante a survécu, fournissant à l'Europe occidentale une langue commune, et comment le parler courant s'est brisé en parlers distincts pour aboutir aux langues romanes.
Le grec et le latin sont les deux plus grandes réussites du monde indo-européen. Le grec a servi d'organe au développement de la pensée rationnelle, le latin au développement de l'Etat et du droit; et, pour les choses de l'esprit, le latin s'est enrichi de ce qu'avait acquis le grec en en faisant un bien commun pour tous les hommes.
Telle est l'histoire qu'on voudrait esquisser ici, brièvement, en en montrant seulement les traits essentiels.
On aurait souhaité de n'être pas technique. A l'essai, il est apparu que, si l'on voulait épargner au lecteur les détails précis, il ne restait que des généralités vagues, et que toute démonstration manquait.