La mosaïque végétale de la forêt et de la savane que l'on trouve le long de la lisière au nord de la zone forestière humide de l'Afrique de l'Ouest a généralement été décrite par les cercles politiques comme étant un paysage forestier dégradé et dégradant, à la suite de la ‘savanisation’ par les populations agricoles. Des écologues ont suggeré que la mosaïque végétale pourrait cependant être plus stable, déterminée par des différences au niveau du sol, et d'autres suggèrent que la forêt pourrait être en train d'empiéter sur la savane à la suite de la ‘réhumidification’ climatique à long terme.
Cet article présente une évidence historique à travers l'exemple de Kissidougou qui montre que contrairement à l'orthodoxie scientifique et politique quʼil y a, les endroits forestiers ont récemment augmenté aux dépens de la savane. Cet article fait un bref compte-rendu des pratiques agro-écologiques locales qui ont enrichi le paysage, et examine comment le cours du changement dans la végétation qui a été observé durant ce siècle peut être expliqué dans l'articulation de ces pratiques avec les changements économiques, politiques, démographiques et climatiques. Une nouvelle théorisation de l'écologie dans la mosaïque de la forêt et de la savane est proposée ici. Celle-ci en faisant appel aux dynamiques de non-équilibre, offre une meilleure structure pour comprendre l'impact que les gens ont sur l'écologie de la forêt et de la savane.