Quand, il y a bien longtemps, je ramassais les documents qui devaient me permettre d'écrire les chapitres d'histoire économique et sociale de Philippe II et la Franche-Comté, — et d'abord mon chapitre sur la Seigneurie, — je butais parfois sur des mentions d'alleux qui me laissaient un peu déconcerté. L'alleu ? on ne m'en avait jamais parlé, ou presque. Sauf pour me raconter, naturellement, l'historiette du Roi d'Yvetot. Mais voilà que je trouvais des « franc-alleux nobles » pour employer la terminologie des juristes comtois : « Terres et seigneuries en haute justice, dont le détenteur n'était tenu à aucun devoir de fief envers un autre seigneur » — sauf, bien entendu (mon juriste, Dunod, est du XVIIIe siècle), « la soumission au roi et à la justice souveraine ». Or, je rencontrais, chemin faisant, des contestations sur telle seigneurie que ses détenteurs prétendaient allodîale, mais leurs contradicteurs féodale ; je tombais, surtout, sur des « chevances allodiales » qui semblaient fort recherchées des acquéreurs.