Cet article propose une lecture critique du concept de métapolitique, souvent mobilisé pour décrire les stratégies culturelles de l’extrême droite contemporaine. À partir d’une revue de la littérature et d’une analyse des usages émiques du terme, notamment dans l’espace numérique, l’article met en évidence l’ambivalence conceptuelle de la métapolitique, oscillant entre outil analytique et rhétorique performative. L’article identifie quatre usages émiques majeurs de la métapolitique, tels qu’ils sont mobilisés par les acteurs eux-mêmes : la création de récits, la diffusion d’idées, la production culturelle et la mobilisation des affects. L’article souligne les ambiguïtés du concept et ses fonctions performatives. En le comparant à des concepts concurrents – la cooptation et la normalisation –, l’article montre que la métapolitique permet de saisir des dynamiques plus diffuses et de long terme. Enfin, il en propose une reformulation analytique, attentive aux dimensions raciales, genrées et numériques des discours d’extrême droite, afin de penser leur impact sur la redéfinition du sens commun.