Le fonctionnement normal des municipalités associe trois pôles : le conseil municipal, le maire ou la mairesse, et l’administration. Pourtant, dans quinze villes québécoises, on trouve également un comité exécutif, souvent présenté comme l’équivalent local d’un conseil des ministres. Rarement analysé, sa présence interroge pourtant la politisation des institutions municipales, conçue ici en référence avec la place croissante des partis politiques ainsi que la prise en main du processus décisionnel par les élus et les élues. À partir d’une analyse institutionnelle et documentaire, l’article montre que le comité exécutif participe à la politisation des institutions municipales de trois façons. Lieu de l’action municipale efficace, il est aussi celui du jeu politique et partisan sous l’autorité mayorale, ainsi que celui de la professionnalisation politique. Sa présence sur la scène médiatique défie également l’étiquette apolitique traditionnellement attribuée aux municipalités. En outre, il illustre une certaine hétérogénéité dans le fonctionnement des municipalités québécoises, qui tiennt compte des différentes réalités politico-territoriales par-delà des modèles institutionnels relativement semblables.