To save content items to your account,
please confirm that you agree to abide by our usage policies.
If this is the first time you use this feature, you will be asked to authorise Cambridge Core to connect with your account.
Find out more about saving content to .
To save content items to your Kindle, first ensure no-reply@cambridge.org
is added to your Approved Personal Document E-mail List under your Personal Document Settings
on the Manage Your Content and Devices page of your Amazon account. Then enter the ‘name’ part
of your Kindle email address below.
Find out more about saving to your Kindle.
Note you can select to save to either the @free.kindle.com or @kindle.com variations.
‘@free.kindle.com’ emails are free but can only be saved to your device when it is connected to wi-fi.
‘@kindle.com’ emails can be delivered even when you are not connected to wi-fi, but note that service fees apply.
Quel que soit le parler grec moderne qu'on étudie, on constate qu'il repose non sur le parler particulier de la même région dans l'antiquité, mais sur la ϰοινή. Même une île comme Lesbos, qui a eu un parler propre, une littérature et des inscriptions officielles dans ce parler, ne présente aujourd'hui aucune trace de l'ancien éolien, et c'est à peine si dans la forme de quelque nom de lieu y transparaît encore la trace d'une particularité éolienne. La seule région de la Grèce où s'observent de menus restes d'un dialecte antique dans le parler d'aujourd'hui est le Péloponnèse; sur la côte sud-est, le parler tsaconien présente plusieurs traits qui sont des survivances de l'ancien laconien. Le maniote a aussi des traits qui semblent remonter à du dorien ancien. A ceci près, les parlers locaux ont disparu, et la langue commune a recouvert la Grèce entière. Il y a lieu de se demander quand et comment a eu lieu cette disparition des parlers.
Le problème ne comporte pas de solution exacte: les textes écrits donnent une idée de la langue dans laquelle sont rédigés les actes offciels et qu'admettent les personnes cultivées; ils ne révèlent en aucune mesure si les personnes qui écrivaient ou qui tenaient leurs discours publics en ϰοινή ne se servaient pas du vieux parler local dans leur maison, ni surtout si les gens du peuple, si les habitants de la campagne ne gardaient pas leur patois local.
La métrique grecque appartient au même type que la métrique védique. Dans toutes les deux, l' ≪ accent ≫ propre des mots, — accent de hauteur, ton, et non accent au sens moderne, élévation de la voix ayant une valeur sémantique et non renforcement servant à fournir un centre au rythme, — qui n'était donc en rien comparable à l'accent de l'allemand ou de l'anglais par exemple, ni même de l'italien ou du français, et qui n'exerçait ni sur la quantité ni sur le timbre des voyelles aucune action, n'intervient pas, et la répartition des syllabes oxytonées ou barytonées est dans les vers chose indifférente. Dans toutes les deux, le vers n'est défini que par son étendue et par des alternances de syllabes longues et de syllabes brèves, compte tenu de la fin de mot qui dans les anciennes langues indoeuropéennes avait une valeur spéciale: la métrique est quantitative; le rythme n'est fondé que sur des alternances de syllabes de quantités différentes, comme on doit l'attendre d'après ce que l'on sait de la structure quantitative, et non accentuelle au sens moderne du mot, de l'indo-européen commun.
La prosodie, c'est-à-dire l'ensemble des règles suivant lesquelles se définissent les syllabes longues et les syllabes brèves, est la même en grec et en védique. Est longue toute syllabe dont l'élément vocalique est long, ce qui arrive quand cet élément est soit une voyelle longue soit une diphtongue; est longue également toute syllabe où une voyelle brève est suivie de deux consonnes.
On ne saurait attribuer une date, même approximative, à la composition des poèmes homériques; si même ils renferment des allusions à des faits historiques, cela n'apprend rien; car, pour les siècles au cours desquels les poèmes peuvent avoir été composés, on n'a presque pas de données sur l'histoire de la Grèce. Mais il est sûr que l'lliade et l'Odyssée ont été composées un long temps avant les plus anciennes œuvres datées.
Dès le moment où les textes ont été composés, la langue en était archaïque. Elle est donc d'un type plus ancien, de beaucoup, que celle des plus anciens monuments datés de la langue grecque.
On ne saurait rapprocher la langue homérique d'aucun état du grec connu à l'époque historique; puisque cette langue n'appartient proprement à aucun parler, ni même à aucun dialecte, elle n'est exactement comparable à rien d'autre. On ne peut comparer la langue homérique qu'au niveau général de développement où sont parvenus en général les parlers grecs à la date où l'on commence à pouvoir les observer, vers le VIe-Ve siècle av. J.-C.
Outre beaucoup de vieilles formes qui ne se lisent que là, la langue épique a des traits généraux qui ne se retrouvent plus par la suite.
Notamment, l'emploi de l'augment au prétérit y est facultatif de la même manière qu'il l'est dans la langue védique et qu'il a dû l'être dans la langue que représente l'arménien.
Le grec est une langue indo-européenne. Tout le monde en est d'accord; mais il convient de déterminer ce qu'on entend par là.
Entre la plupart des langues de l'Europe — on peut dire entre toutes les langues connues de l'Europe sauf l'ibère et le basque (sans doute appartenant à un même groupe) à l'Ouest, l'étrusque en Italie, le finnois et le magyar (ce dernier apporté à date historique par une invasion), et enfin le turc qui est d'importation moderne — et quelques langues d'Asie: l'arménien, le ≪ tokharien ≫ nouvellement connu par des textes qu'ont rapportés les missions au Turkestan chinois, le ≪ hittite ≫ récemment déchiffré, l'iranien, les parlers aryens de l'Inde et notamment la grande langue littéraire qu'on nomme ≪ Sanskrit ≫, il y a des groupes de concordances frappantes qui supposent que toutes ces langues, devenues avec le temps si différentes, sont des formes prises par un même idiome ancien. Cet idiome n'a pas été fixé par écrit; il n'en subsiste donc aucun monument, pas plus qu'il ne reste un souvenir du peuple qui s'en est servi. Mais les concordances qu'on observe entre le Sanskrit, l'iranien, l'arménien, le slave, les dialectes baltiques (tels que le lituanien), l'albanais, le grec, le germanique, le celtique, le latin, l'osco-ombrien, — auxquels il faut maintenant ajouter le ≪ tokharien ≫ et le ≪ hittite ≫ —, ont fourni matière à un ensemble de recherches, connu sous le nom de ≪ grammaire comparée des langues indo-européennes ≫.
Les parlers grecs des différentes cités apparaissent distincts dès le moment où on les rencontre; mais les différences ne portent que sur des particularités développées à une date qui précède de peu l'époque historique: tous les parlers grecs connus reposent sur une même ≪ langue commune ≫. Mais par rapport à l'indo-européen, ils ont un grand nombre d'innovations idenliques, d'où est résultée une transformation de la structure indo-européenne. La comparaison des parlers permet, sinon de restituer complètement, du moins de déterminer avec précision les traits essentiels de ce ≪ grec commun ≫ (v. p. 13) dont les ≪ dialectes ≫ sont des différenciations. Ces traits sont ceux par lesquels le grec, en son ensemble, s'oppose aux autres langues indo-européennes.
Les Grecs n'ont pas eu, comme les Hindous, des phonéticiens subtils pour analyser minutieusement leur prononciation et pour en laisser des descriptions exactes. On ne connaît guère du système phonique du grec que ce qu'indiquent la graphie et les variations de la graphie, puis, pour une période postérieure, des transcriptions en diverses langues, surtout en latin. L'emploi fait des mots dans les vers ajoute quelques données importantes, mais sur peu de points seulement. On n'a donc sur la prononciation du grec ancien que des notions grossières, et auxquelles il est souvent malaisé d'attribuer des dates et des localisations précises.