Les géographes français, depuis Vidal de la Blache, ont très inégalement fouillé les divers domaines de la géographie humaine. Ils n'ignorent pas la géographie sociale, mais ils n'ont pas encore cherché à lui donner la place qui lui est due. Les analyses restent très superficielles; les limites sont à peine tracées et les méthodes propres de cette géographie sociale sont encore à préciser.
Parmi les derniers ouvrages sur les classes sociales et la vie sociale de notre pays, deux surtout doivent retenir l'attention des géographes : celui d'un historien, Charles Morazé, et celui d'un géographe, Pierre George. Tous deux, avec raison, montrent le lien étroit entre économie et société. Mais chacun traite de la société française en utilisant ses méthodes propres ; l'historien insiste sur l'évolution et le rôle de cette bourgeoisie depuis le XVIIIe siècle, tandis que le géographe fait un tableau de la situation sociale présente ; il s'agit en quelque sorte de deux analyses, menées sur des plans différents, mais qui possèdent leurs qualités respectives.