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During the Cold War, various political forces sought to shape the mindset of the Chinese diaspora. One understudied cultural influence that played an important role in reaching overseas Chinese was Chinese Christian literature. Focusing on Dengta (Lighthouse, 1956–1967), the first Chinese Christian magazine aimed at non-Christian communities in the diaspora, this study examines how the magazine developed an evangelical discourse that engaged with the cultural and spiritual identities of the Chinese diaspora amid political and ideological conflicts. Published in Hong Kong, which emerged as a hub for Chinese Christian literature in the post-war period, the magazine reflects a pivotal shift in Chinese Christian publishing: the start of a global movement aimed at evangelizing overseas Chinese. To appeal to the diaspora, Dengta adopted an ethnic and cultural rhetoric of Chineseness and presented Christian ideals in a context that resonated with the experiences of the Chinese diaspora. I argue that the Chineseness promoted by Dengta helped construct a transregional and transnational sense of belonging for overseas Chinese by framing a blend of traditional Chinese culture and modern knowledge within a Christian cosmic worldview. This study foregrounds the evangelical efforts of Christian literary workers to shape the diasporic experience amid the political tensions of the Cold War.
En quoi l’« orang-outan » des Lumières contribue-il à notre compréhension de la constitution des sciences sociales et leurs relations contemporaines avec les sciences du vivant ? Introduit en Europe au xviie siècle, l’« homme des bois » (un terme qui désigne toutes les espèces de grands singes) fait son entrée dans les traités de casuistique médicale, parmi d’autres cas cliniques, brouillant les frontières entre humain et animal, et s’imposant au cœur des controverses des Lumières. Cet article traverse les disciplines et les espaces, et déploie une enquête sur l’orang-outan en suivant les routes du commerce triangulaire qui alimente les métropoles en spécimens. Il retrace des trajectoires croisées à partir d’un large éventail de sources (navires de traite, coffee-houses, catalogues de musées) et met au jour plusieurs types de comparaison, à la fois historiques et historiographiques. Il distingue deux régimes de curiosité ayant contribué à la célébrité de certains chimpanzés, entre foires, coffee-houses et cabinets d’histoire naturelle : l’un, savant, est fondé sur la généralisation anatomique ; l’autre, public, relayé par la presse, valorise les singularités – exemplifié ici par le cas de Madame Chimpanzé. L’histoire de l’orang-outan des Lumières permet ainsi d’interroger les frontières de l’humain et les conditions sociales, scientifiques et politiques de production des savoirs.
In 1888, George Eastman introduced Kodak, one of the first affordable, user-friendly photographic film cameras. The camera’s success planted seeds for a global market for amateur photography that the Eastman Kodak Company would dominate for over a century. Leveraging substantial profits from photographic film, Kodak invested heavily in research and development, continuously innovating in amateur photography and pioneering new technological domains. From the 1970s onward, as growth in its core business began to slow and new imaging technologies emerged, Kodak embarked on significant strategic renewal initiatives. These efforts included diversifying into industries such as plain paper copiers and pharmaceuticals and developing digital products for photography applications. Despite considerable investments in innovation and growing new businesses over several decades, Kodak ultimately failed to find a viable path to sustaining its success; it filed for bankruptcy in 2012. The company’s decline illustrates the inherent challenges of sustaining a successful enterprise in evolving markets and technologies. Furthermore, it raises critical questions about the effectiveness of strategic renewal efforts, particularly when high-performance expectations are set within an environment of significant uncertainty.
La domestication des animaux est aujourd’hui au cœur d’un vaste débat à la croisée des sciences naturelles et des sciences sociales. Ce dialogue ne date pas d’hier : le présent article se propose d’en retracer l’histoire au xixe siècle, au moment de l’introduction du concept de « domestication » dans la langue française. La familiarisation des animaux avec l’être humain devient alors un enjeu scientifique et moral de premier plan : autour de cette question se soudent thèses zoologiques et théories anthropologiques, mais aussi aspirations utopiques et programmes impériaux. Envisagée comme une preuve décisive de la variabilité des espèces, la domestication vient étayer l’hypothèse monogéniste attribuant la diversité morphologique humaine au déplacement des peuples (et de leurs animaux) à travers le globe. Si elle aide à tracer l’histoire naturelle de l’homme, elle a une place également à l’intérieur d’une histoire morale de l’humanité : à différents stades de la civilisation correspondent diverses formes d’appropriation des animaux, allant de la prédation au pastoralisme, jusqu’à l’élevage. L’association entre domestication et civilisation ne se limite pas au passé : puisqu’elle s’appuie sur la manipulation des mœurs et des instincts des animaux, la domestication est envisagée comme une forme de pouvoir doux, qui passe par la sollicitation de la collaboration volontaire des bêtes. Une utopie de la domination pacifique de la nature s’en dégage. La domestication des animaux suscite aussi bien l’intérêt des naturalistes que des théoriciens du social, qui y découvrent un nœud essentiel de l’articulation entre ordre naturel et ordre social. L’article étudie ces débats à l’arrière-plan des transformations politiques et des impulsions coloniales de leur temps qui, au mitan du xixe siècle, font de la domestication de nouvelles espèces une utopie tout à fait concrète.